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"Coeurs Perdus " de Todd Robinson

 

Réal. & scénario : Todd Robinson
Avec : John Travolta, James Gandolfini, salma Hayek, Jared Leto, Scott Caan.
Distribué par Metropolitan Filmexport
108 mn
Sortie le 6 Juin 2007

Note : 7/10

Ne pas se fier au titre. Ce n’est pas une romance à l’eau de rose, c’est tout l’inverse : il s’agit d’un nouveau film sur un célèbre couple de serial-killers de la fin des années 40, surnommés « les tueurs de la lune de miel ». Car ils trouvaient leurs victimes, des femmes seules, via les petites annonces matrimoniales. Lui, Raymond Fernandez, bel hidalgo au bagout impressionnant, alpaguait les proies. Elle, Martha Beck, l’aidait à les tuer. Il y a déjà eu deux films sur le sujet, dont le plus célèbre est « Les tueurs de la lune de miel », seul et unique film de Leonard Kastle. Très réaliste à la manière d’un « Henry portrait of a serial killer », Kastle jouait aussi la carte de la ressemblance physique de Beck. Or, ici, c’est Salma Hayek qui l’incarne. De prime abord, le projet laissa dubitatif. Et au bout du compte, le jeune Todd Robinson réussit l’exploit d’enlaidir Hayek uniquement par l’horreur de ses actes. En vrai, Martha Beck ressemblait plutôt à James Gandolfini (le mafioso des « Soprano » et ici, ami de Travolta) avec une perruque ! Ca c’est le premier bon point du film. Ensuite, hé bien, tout appartient à Todd Robinson : c’est son grand-père qui arrêta ces deux fous meurtriers, lequel est donc interprété par un Travolta en très grande forme, comme on ne l’avait pas vu depuis pas mal de temps ! Et Robinson y tient à son film, il l’écrit avec ses tripes, est conscient du budget un tantinet étriqué dont il dispose, et pourtant, il réussit là où DePalma échoua récemment, à savoir recréer une ambiance d’époque réussie. Autant l’un trouve des astuces pour pallier à ses moyens, autant l’autre s’en fout et persiste à croire que son « talent » fera le reste. Et c’est ainsi qu’avec l’ensemble de ces éléments positifs, « Cœurs perdus » se révèle être une bonne surprise dont on va dévoiler maintenant un peu plus de son histoire...
Fin des années 40, Raymond Fernandez est un escroc à la petite semaine qui un jour tombe sur une victime qui se révèle être son pendant féminin. Amoureux fous l’un de l’autre (surtout Beck : ça se comprend, hein, vu le physique de la dame, qu’elle ne lâche plus celui qui en pinça pour elle !!!), ils vont aller d’arnaque en arnaque, toujours auprès de femmes seules mais financièrement intéressantes, se faisant passer pour le frère et la sœur. Sur leur route, l’inspecteur Robinson, un des meilleurs flics du comté jusqu’au jour où, en rentrant chez lui, il trouva sa femme morte, suicidée par dépit de ne pas être plus intéressante pour lui que son boulot. Depuis, Robinson fait dans la paperasserie. Jusqu’au jour où son collègue Hilderbrandt l’emmène sur les lieux d’un crime crapuleux. Pour Robinson, ce meurtre est différent. Et en persévérant, il va découvrir d’autres cas similaires qui vont l’amener sur la piste du couple assassin. En retrouvant son instinct de flic, Robinson va renaitre, mais aussi reprendre goût à la vie, renouer avec son fils, et laisser derrière lui toute cette pourriture le jour où il assistera à leur exécution. Le dossier des « tueurs de la lune de miel » sera sa dernière affaire.
Comme on le voit, par rapport au film de Kastle, le point de vue est différent aujourd’hui, il se situe du côté flic, avec quand même une plongée dans la folie meurtrière des amants assassins, et surtout de l’emprise de Beck sur un Fernandez très faible. Todd Robinson signe un premier film dans l’ensemble très maitrisé, dont on sent l’importance que cela revêt pour lui, qu’il fait avec toute la passion qui depuis des années l’accompagne dans ce projet avant enfin d’en trouver le financement. Le scénario tient la route, il pallie au manque de moyens par des trucs de mise en scène simples mais efficaces, il soigne ses personnages, et au bout du compte, il raconte enfin l’histoire de son grand-père et de ce sinistre faits divers comme il le souhaitait. Le résultat est là, plus réussi qu’un « Dahlia noir » de sinistre mémoire quant à sa reconstitution d’époque, bien plus passionnant, bref un premier film prometteur quant à la suite de sa carrière. Sauf si « Cœurs perdus » s’avère réussi uniquement parce qu’il est lié à l’histoire personnelle de son auteur. Non, on sent aussi qu’il aime le cinéma donc, faisons lui confiance pour la suite.

St. THIELLEMENT



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