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  Sommaire - Films -  A - F -  88 minutes


"88 minutes" de Jon Avnet

 

Avec : Al Pacino, William Forsythe, Deborah Kara Unger, Leelee Sobieski, Neal McDonough.
Distribué par Metropolitan Filmexport
111 mn
Sortie le 30 Mai 2007

Note : 0/10

Non, vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’un « 0/10 ». En y repensant, en retournant tout dans tous les sens, ce... « Film » n’a que ce qu’il mérite. C’est simple, c’est le pire navet vu cette année à ce jour, peut-être le pire film de la carrière d’Al Pacino, et le pire des thrillers (doté pourtant de certains atouts, pas la série Z ultime dont on n’attend rien) tout court. Vous allez voir ce que vous allez voir...
Il y a neuf ans, le serial-killer Jon Forster (Neal McDonough, vu en sheriff dans le remake de « Hitcher », un blond aux yeux plus qu’étranges) fut arrêté et condamné à mort. L’expert en psychologie criminelle Jack Gramm ayant rendu un verdict qui démontrait que Forster n’était pas fou mais bel et bien maître de ses pulsions meurtrières. Aujourd’hui, à l’aube de l’exécution de Forster, Gramm devenu professeur dans sa matière, reçoit un coup de fil : les meurtres ont recommencé. Ils seraient l’œuvre d’un « copycat » (noooon, sans déc’ ! ‘N’aurait pas deviné !) qui en plus prend Gramm pour cible et lui laisse 88 minutes avant qu’il ne le tue.
Et le suspense est à son comble... Oh non alors ! Dès le début, dès l’arrestation de Forster en pleine action (déjà ridicule), que suit l’annonce à Gramm du retour des meurtres (il est en plein cours, son téléphone sonne, le flic lui dit que ça a recommencé, et l’autre, 9 ans plus tard, tout de suite, il sait de quoi on parle avec le tueur dans le couloir de la mort ! Si ça ce n’est pas le summum de la nullité...), on sent que tout est pourri. L’intrigue ne vaut strictement rien, les péripéties cumulent le non-sensique, la bêtise et l’absurdité, les personnages ayant le profil du tueur potentiel sont pathétiques dans l’art de susciter le moindre doute quant à leur culpabilité, et enfin, le tueur et ses motivations constituent le pire de ce scénario plus que merdique (désolé, c’est vulgaire, mais franchement, un tel foutage de tronche, ça ne mérite pas mieux !). En plus, ce brave Jon Avnet, qui croit détenir là le thriller du siècle, veut nous infliger ça à la mode « 24 heures », c’est-à-dire en temps réel de presque 88 minutes !!! Non, mais franchement, quand on voit ce qu’on voit, filmé avec une platitude époustouflante, sur un rythme pépère à la « Commissaire Moulin » (si, si, la comparaison n’est pas si mauvaise !), on est à deux doigts de piquer une énorme crise de colère. Maintenant, en regardant sa filmographie, on peut dire que « Beignets de tomates vertes » constitue un miracle tant le reste est mauvais : « Red Corner », « Personnel et confidentiel », etc... Mais tout cela ne mérite pas (encore) le zéro pointé inscrit plus haut. C’est vrai. Sauf que lorsqu’on apprend la raison des 88 minutes (un drame personnel lié à Jack Gramm), on s’en fout comme d’une guigne au lieu d’être horrifié (consternant !), le film se passe pendant les trois quarts au téléphone portable (exaspérant comme c’est pas permis !) et surtout, il y a ce pauvre Pacino mais qui se fait chier à un point que ça en devient insupportable de continuer à le voir s’en foutre autant. Et quand un des plus grands acteurs au monde livre une telle « performance », lui qui pourrait sauver les meubles tant le reste est pathétique, alors oui, on sort de la projection remonté à l’extrême, plus qu’énervé d’avoir assisté à ça, bref, c’est le film qui met en colère par excellence tant il respire le gâchis total. D’où zéro pointé. Et on vient d’apprendre qu’Avnet aurait signé pour un nouveau thriller réunissant Pacino et De Niro pour la seconde fois après « Heat ». Ah. Pourquoi n’est-on pas plus enthousiaste, hein ?

St. THIELLEMENT



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