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"Shinobi " de Ten Shimoyama

 

Les 400 ans de haine entre les Iga et les Koga deux clans de ninja rivaux ont été tempérés suite au pacte de non-agression ordonné par le Shogun. Or celui-ci vient d’être levé. Cinq combattants de chaque clan vont s’affronter. Ils serviront de champions afin de déterminer qui des deux fils du Shogun sera son héritier.
Les dix noms sont rédigés et le massacre commence dans une démonstration d’arts martiaux faisant largement appel au surnaturel.
Parmi les dix noms se trouvent celui d’Oboro petite-fille de la dirigeante du clan Iga et celui de Gennosuke le petit-fils du chef du clan Koga. Cette histoire d’amour entre les deux jeunes gens aurait pu clore la rivalité séculaire entre les deux clans. Mais elle se produit alors que l’honneur ou la survie exige la mort du clan adverse.

Il s’agit de la troisième adaptation de "Kôga Ninpocho" ( "Les parchemins ninjas du clan Iga") le roman de Fûtarô Yamada (1922-2001). Après une adaptation en manga (1) et en dessin-animé (2), voici l’adaptation au cinéma sous le nom de Shinobi (le nom de ninja ne sera adopté que plus d’un siècle plus tard). Le titre permet également de faire la distinction avec les ninjas classiques comme ceux placés sous l’autorité directe du shogun et qui arborent la tenue noire. Les Shinobis sont vétus de manière civile alors que leurs techniques redoutables appartiennent plus au domaine de la magie qu’à celui des arts martiaux.

Le film de Ten Shimoyama suit le schéma original mais s’en démarque sur bien des points.
Le réalisateur a concentré l’action en réduisant les vingt combattants à dix.
Dans le camp des Iga on compte Oboro (Yukie Yakana), Tenzen (Kippei Shiina), Hotaru-Bi (Erika Sawajiri), Yashamaru (Tak Sakaguchi) et Mino Nenki (Shun Itô).
Le clan Koga réunit Gennosuke (Joe Odajiri), Hyoma (Takeshi Masu), Kagero (Tomoka Kurotani), Koshiro (Mitsuki Koga) et Saemon (Houka Kinoshita).
A signaler quelques modifications dans les pouvoirs et l’aspect des protagonistes. Le manga avait révélé des corps et des visages parfois laids et grotesques, ce dont il ne sera pas question dans le film. De même la réalisation a gommé le caractère sensuel de certains ninjas féminins. Mais le plus important changement concerne le caractère des deux amoureux.
Le texte de Fûtaro Yamado avait procuré à Gennosuke une détermination et une âme de guerrier, mais le film en fait un personnage tourmenté cherchant avant tout à préserver la paix et surtout la vie de sa bien-aimée. Quant à Oboro elle était à l’origine une jeune femme sentimentale et effacée (le roman date de 1958). Au cour des épreuves elle acquiert un coeur d’acier. Le contraste entre les deux amoureux apparaît lorsqu’un membre des Kogas est décapité, ce qui permet à Gennosuke d’apercevoir le visage satisfait d’Oboro.

Les motivations des combattants sont variées : la haine, la volonté de prouver leur art, la protection, l’amour ou bien encore des motifs cachés. Signalons que l’un d’entre eux est immortel et qu’il n’a pas encore trouvé le moyen de mourir.
Le jeu des acteurs est des plus compétent. La réalisation débute par une superbe vue du village des Koga à flanc de falaise. Puis vient le village caché des Iga au fond d’une crevasse où coule une rivière. C’est beau, tranquille... et complètement irréaliste (les habitations construites à proximité de la rivière seront inondées à la première montée des eaux).
On observe quelques imperfections résultant sans doute d’un manque de budget évident (3 chevaux visibles durant tout le film ! On est loin de Kagemusha). Mais réalisateur, acteurs et techniciens ont fait le maximum avec des moyens limités.

(1) sous le nom de Basilisk (édition Kurosawa)
(2) réalisé par le studio Gonzo

Damien Dhondt

PS : prenez connaissance de nos chroniques sur les mangas " Basilisk " dans la rubrique "BD" de ce site.



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