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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Severance


"Severance "
de Christopher Smith
 

Avec Danny Dyer, Laura Harris, Toby Stephens.
La Fabrique de Films Vidéo

On le sait depuis quelques années maintenant, l’Epouvante et l’Horreur renaissent de spectaculaire façon en Europe. Hé oui, fini le monopole US dans ces genres, désormais, les amateurs savent qu’on peut trouver largement mieux en provenance d’Espagne (en ce moment, ils sont les meilleurs : Guillermo Del Toro (il est mexicain, il tourne aux States, mais aussi pas mal en Espagne et sur l’Espagne : « L’échine du diable » & « Le labyrinthe de Pan », tous les films de Jaume Balaguero, « Abandonnée » de Nacho Cerda, et prochainement, un magnifique film de hantise, un chef-d’œuvre, « L’orphelinat » de Juan Antonio Bayona produit par Del Toro, qui sortira fin 2007, on vous en reparlera en temps utile, ou peut-être avant, en preview, on verra...), de France (d’abord Eric Vallette avec « Maléfique », puis Alexandre Aja l’a prouvé avec « Haute tension », et Alexandre Bustillo confirme cette nouvelle tendance avec « A l’intérieur », film d’horreur réellement malsain par moments mais au moins bien maitrisé, sincère et qui va jusqu’au bout !), même d’Allemagne (« Anatomie », et le récent slasher vu à Gerardmer « Dead in three days »), voir de Scandinavie. L’Italie est à la traine, et bien entendu, il y a le Royaume-Uni, avec d’Irlande, l’étonnant « Isolation » (Grand Prix Gerardmer 2006), et d’Angleterre, « The descent » de Neil Marshall, « Creep » de Christopher Smith... lequel vient de remettre le couvert avec « Severance », film d’horreur moins fantastique et plus réaliste mais quelque part plus réussi que « Creep ».
Un groupe de cadres commerciaux d’une grosse boite d’armement part en « séminaire - détente » dans un pays de l’Est. Sauf que le bus se trompe de route, eux de maison, qu’ils tombent sur d’anciens soldats tortionnaires aujourd’hui recherchés pour crimes de guerre, et que très vite, ils deviennent de nouvelles victimes de guerre, ou plus réellement, de nouveaux jouets pour ces hommes qui n’ont plus rien d’humain : les nouveaux monstres existent bel et bien.
Exercice périlleux par excellence, l’humour dans l’horreur est plus que casse-gueule. Pourtant, c’est encore les british qui nous prouvent le contraire déjà avec le cultissime « Shaun of the dead », et aujourd’hui avec ce « Severance » qui fait mouche à chaque moment touché avant de replonger dans le sérieux d’une situation abominable. Ainsi, on rit de ces sept personnages dont certains sont des caricatures plus vraies que nature de ce qu’ils sont censés représenter, et juste après, on grimace devant certaines mises à mort. Le tout avec un fond des plus réalistes, lié à la nature de la firme organisant ce week-end « inoubliable ». Les soldats n’en passent pour autant pour des victimes, mais on nous fait bien comprendre que leur rage se réveille quand ils découvrent que ces gens viennent de chez ceux qui les employèrent indirectement avant de les dénoncer à la justice. Tout cela est donc mené de main de maitre par Christopher Smith qui en deux films s’impose définitivement comme une des valeurs sûres actuelles du genre outre-Manche. Le plus comique dans l’histoire, c’est de découvrir dans les bonus que le tournage en Europe de l’Est avec des équipes locales, fut à lui seul, un périple : effets spéciaux approximatifs, matériel ne fonctionnant pas (les armes s’enrayent ou tirent trop vite !). C’est ce qui constitue le meilleur du making of. Pour le reste, beaucoup de remplissage quand même, à l’intérêt des plus limités aussi : fausse pub pour la firme d’armement du film, interviews truquée des call-girls du film, fin alternative dessinée, etc... Bon, c’est sympathique, ça complète bien le DVD, mais si le film n’était pas aussi excellent, ça ne rattraperait pas grand-chose. Alors que là, pour une fois, rien que pour le film, il faut avoir « Severance ». Le reste n’est que... Bonus !

Note film : 8/10 (copie excellente, format d’origine 1.85, image 16/9ème)
DVD : 8/10 - Bonus : making-of - scènes coupées - les effets (pas si) spéciaux - la vidéo promotionnelle de Palisade Defence - les dessous des escorts girls - fin alternative - bêtisier - dans la peau de Danny Dyer.

Stéphane THIELLEMENT



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