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  Sommaire - Films -  S - Z -  Sunshine


"Sunshine " de Danny Boyle

 

Scénariste : Alex Garland
Avec : Gillian Murphy, Cliff Curtis, Rose Byrne, Michelle Yeoh.
Distribué par 20th Century Fox.
108 mn.
Sortie le 11 Avril 2007.

Note : 10/10.

Soyez prévenus : vous n’avez rien vu de tel depuis longtemps, voire même si j’osais, depuis « 2001 L’odyssée de l’espace ». Et si j’osais encore, je dirais même que « Sunshine » peut largement plus plaire que le film de Kubrick (qui est loin d’être un de mes préférés...) Cela intrigue, on ne pensait pas à ça en voyant une affiche aux airs de « Armaggeddon » plus sérieux. Et pourtant, le nouveau film de Danny Boyle, un des noms du nouveau cinéma britannique qu’on suit depuis son premier, le un peu trop surestimé « Petits meurtres entre amis », et qui depuis a fait du pire (« Une vie moins ordinaire » surtout) et du meilleur (« Trainspotting » bien sûr, mais aussi dernièrement « 28 jours plus tard »), était un pari fou et audacieux, relevé de main de maître par un cinéaste qui s’est passionné à tel point pour cette histoire qui lui permet de toucher à un genre qu’il adore, qu’il s’en est réapproprié certains des codes pour livrer une œuvre époustouflante, magnifique, intelligente, quasi-parfaite.
Dans cinquante ans, le soleil va mourir progressivement. La Terre se refroidit progressivement au point de devenir une planète de glace. Une mission de sept personnes est envoyée à bord du vaisseau Icarus II vers l’astre avec une charge nucléaire qui pourrait réactiver l’activité solaire. En s’en approchant, ils rompent tout contact radio avec la terre mais reçoivent alors un signal de détresse émanant d’Icarus I, la première mission qui avait disparu sans appel sept ans auparavant. C’est à ce moment précis qu’ils doivent modifier leur trajectoire suite à une erreur, qu’ils se rapprochent d’Icarus I, du soleil, et de leurs plus profondes terreurs et croyances. Et ils constituent pourtant le dernier espoir pour sauver l’humanité, mais lequel des sept en sera encore conscient et vivant pour mener à bien la mission ?
Danny Boyle en avait surpris plus d’un avec son « 28 jours plus tard » (et pour bientôt, on va avoir « 28 semaines plus tard », toujours avec des zombies, sortie prévue à la rentrée) en se réappropriant donc certains des codes du film d’horreur avec talent pour mieux les renouveler. Il fait pareil ici. « J’adore la Science-Fiction. Je ne suis pas fan de « Star Trek » mais j’aime des œuvres que je qualifierais de plus élégantes », reconnait-il. Et cela se voit dans « Sunshine ». Elégant est le mot le plus juste dans ces propos qui s’y rattache le plus. On pourrait y accoler raffiné, intelligent, respectueux, etc... Là où il aurait été simple de faire soit un film pesant et lourd, ou bourrin et divertissant, « Sunshine » fait réfléchir, aborde le thème sous un regard à la fois curieux, intéressé, impressionné pour en livrer une œuvre qui passionne, du début à la fin. Certes, c’est scientifique, mais jamais redondant. Certes, c’est de la Science-Fiction mais réaliste et fantastique, un heureux mariage qui découle sur un film qui avance tout en renforçant l’emprise et la fascination qu’il suscite. L’audace ira jusqu’à mélanger de l’horreur pure au merveilleux, du fantastique à du mystique, le tout emballé avec une réelle maestria par un cinéaste complètement possédé par son sujet, mais en le maîtrisant jusqu’au bout, en évitant tout débordement qui ferait capoter l’entreprise. Voir ainsi l’homme repenser à sa religion, à sa croyance en un Dieu à l’approche du Soleil qui pour lui finirait par être ce Dieu, est un des nombreux passages ambitieux du film qui le hisse vers le haut, vers autre chose de bien plus riche que ce qu’on pourrait attendre. Et tout l’ensemble du film est ainsi traité, bien plus intelligemment, encore une fois, que la normale, tout en étant un formidable spectacle, où certains moments atteignent même une osmose quasi parfaite quand le visuel, le spirituel, et le musical forment un tout qui peuvent toucher le simple spectateur comme il l’a rarement été au cinéma : de la pure magie. Et tout « Sunshine » est ainsi, œuvre magistrale jusqu’à son final, faisant de ce film un grand voyage dans des dimensions jusqu’ici inexplorées. De très loin, le premier chef-d’œuvre de la filmographie de Danny Boyle, tenez-vous le pour dit.

St. THIELLEMENT

Une autre chronique de ce film signée Christelle Haider est disponible dans le Sfmag N° 52 en vente en kiosques du 23 avril au 23 juin 2007, puis, après cette date, disponible en téléchargement payant via Allopass dans la rubrique "livres en PDF et numéros de Sfmag" de ce site.

Les sites à consulter :
site officiel
le jeu video sunshine...
fr.sunshinedna.com



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