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  Sommaire - Films -  M - R -  Par effraction


"Par effraction" de Anthony Minghella

 

Réal. & scénariste : Anthony Minghella
Avec : Jude Law, Robin Wright Penn, Juliette Binoche, Ray Winstone
Distribué par Buena Vista International.
119 mn
Sortie le 14 Mars 2007.

Note : 9/10.

Il suffit d’un film qui leur colle à la peau pour que certains cinéastes passent à la postérité. Et pourtant, parfois, c’est loin d’être leur meilleur. Prenez Anthony Minghella, devenu célèbre grâce au (selon moi) très surestimé « Le patient Anglais ». Pourtant, son premier film, « Truly madly deeply » et sa love-story avec fantômes, était bien plus sympathique mais peu le connaissent. Bref, « Le patient anglais » cartonne, et Minghella se retrouve un poil enchainé à ce genre de métrages. Son « Retour à Cold Mountain » veut se situer dans la même veine mais il y échoue lamentablement. Donc, tout ça pour dire que « Par effraction », comme ça, là, à première vue, hé ben, cela ne semblait guère motivant. Pourtant, quand le film se termine, on peut aisément dire qu’il s’agit là de son meilleur film, enfin. Anthony Minghella a retrouvé son identité, et livre avec « Par effraction » son travail le plus riche et abouti.
Will est un architecte en plein essor dans le nouveau Londres. Mais sa vie privée, elle, est en pleine crise. Avec Liv, sa femme, il s’occupe de Bea, adolescente autiste dont il n’est pas le père, seulement le beau-père. Mais mère et fille semblent se renfermer dans une bulle d’où serait exclu Will. Un jour, ses bureaux sont cambriolés. Une semaine plus tard, même déconvenue. Will décide alors de surveiller sa société. En découvrant le voleur, il le suit jusqu’à chez lui. Et il tombe amoureux de sa mère, une réfugiée bosniaque. Mais au fil de ces histoires, Will découvrira qu’il faut parfois briser quelque chose pour reconstruire ce qui est le plus important pour nous.
Tout cela est parti d’une métaphore que Minghella traîne avec lui depuis belle lurette. Ayant enfin la chance de pouvoir en faire un film, il livre ici une merveille de précision, de subtilité, d’intelligence, comme on en a rarement vu dans un tel drame. On est loin de ces mauvaises caricatures de vieux comme on en voit souvent.
Et si le début peut sembler mener à un mélo convenu et très long, il faut persévérer un peu pour découvrir un des plus beaux films vus pour l’instant. Les sentiments difficiles à vivre sont analysés via une vitre, un miroir, les vrais sentiments, non forcés et sincères, sont montrés sans aucun obstacle. Et tout le film est ainsi fait. Minghella dessine bien ses personnages, au point qu’on a l’impression de les connaître depuis longtemps. Normal du coup que l’on s’intéresse à une histoire qui pourra toucher les uns ou les autres selon leur façon de vivre. C’est certainement ce qui fait la force d’un film qui vaut largement plus que « Le patient anglais ». un miroir d’une partie de nos vies actuelles, au rythme certes lent mais à la narration des plus fascinantes.

St. THIELLEMENT



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