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  Sommaire - Films -  A - F -  Blood Diamond


"Blood Diamond" de Edward Zwyck

 

Scénariste : Charles Leavitt
Avec : Leonardo DiCaprio, Jennifer Connelly, Djimon Hounsou.
Distribué par Warner Bros.
128 mn.
Sortie le 31 Janvier 2007.

Note : 8/10.

Les « blood diamonds », ce sont ces diamants qui servent de monnaie dans certains pays pour acheter des armes, bien évidemment lors de transactions secrètes. Danny Archer est un jeune mercenaire. Pour lui, l’Afrique est ce continent maudit sur lequel il vit. Ce qu’il lui faudrait pour le quitter, c’est beaucoup d’argent. Comme avec ce diamant énorme qu’a trouvé et caché un pêcheur, Salomon, kidnappé par l’armée de libération de la Sierra Leone, qui l’arrachent à sa famille pour creuser la terre à la recherche de ces cailloux. N’ayant pour seul but que celui de retrouver sa famille, Salomon va s’associer malgré lui au jeune blanc Archer, pour un but similaire aux issues différentes : aller rechercher coûte que coûte ce diamant.
Un grand film d’aventures, réaliste (prenant en toile de fond les évènements politiques en Sierra Leone il y a une quinzaine d’années), dur, qui ne fait pas trop de concessions. De la part du réalisateur de « Couvre-feu » et « A l’épreuve du feu », deux belles bouses quand même, on pouvait s’attendre au pire. Sauf que le bonhomme a aussi fait dans la qualité qui va en grandissant avec (dans l’ordre) « Glory », « Légendes d’automne » (bon, là, je reconnais, c’est personnel : j’adore ce film, mon côté romanesque on dira...), une petite baisse avec les deux nanars cités plus haut, et dernièrement l’excellent « Le dernier samouraï ». Et là, c’est simple, il signe son film le plus audacieux, abouti, impressionnant, seulement phagocyté par un quart d’heure final d’une lourdeur incroyable, pour toutes celles et ceux qui ont besoin d’être certains que les méchants sont punis et les gentils récompensés. Héros antihéros associé au courageux innocent, une recette qui aurait pu donner une œuvre insipide si Zwick et son scénariste n’y avaient insufflé une authenticité s’appuyant sur des témoignages et des reportages rapportant ce qui se passait réellement en Sierra Leone. Ainsi, ces prétendus révolutionnaires ne sont rien d’autres que des pillards enrôlant de force des enfants qu’ils endoctrinent à leurs causes et à leurs actes barbares pour mieux servir leurs intérêts. De cela, « Blood diamond » traite avec autant de force qu’un « Shooting dogs » sur le génocide du Rwanda. C’est ce qui donne aussi au film l’essentiel de ses qualités, servies par une réalisation en parfaite osmose d’un Zwick définitivement en accord avec ce qu’il raconte. Aucun artifice esthétique, aucun gimmick de cinéaste posé, simplement une histoire racontée avec intelligence et passion pour en faire ressortir toutes les qualités nécessaires pour hisser le film vers une autre dimension que le simple film d’aventures. Mais tout cela ne serait rien si en face, l’interprétation ne suivait pas. Certes, Jennifer Connelly est jolie, mais trop justement : on a du mal à croire qu’elle puisse traverser la contrée sans aucun problème. Et si Djimon Hounsou persiste et signe, après le superbe « In America », à démontrer qu’il est un acteur qui sait faire plus que des rôles assez ternes (comme dans « Eragon », si vous voyez ce que je veux dire...), c’est Leonardo DiCaprio qui de nouveau livre une prestation qui prouve qu’il est le grand acteur qu’on pouvait deviner il y a quelques années, après avoir douter un peu par la suite dans des choix moyens (« L’homme au masque de fer », hein, pas terrible...). Depuis « Gangs of New-York », l’adolescent quitte peu à peu sa peau pour rentrer dans celle du jeune adulte avec une force peu commune : son personnage de Danny Archer lui permet, après la réussite totale de celui de Billy Costigan dans « Les infiltrés » de Scorsese, de rentrer dans le club très fermé des plus grands acteurs du moment. Grâce à lui, « Blood diamond » se hisse à un niveau élevé de réussite, encore une fois légèrement gangrené par cette ultime fin lourdingue. Mais autrement, il n’y a aucune raison de bouder un tel film, mélangeant adroitement réalité et fiction pour en donner le meilleur de ce que le cinéma peut faire.

St. THIELLEMENT



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