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  Sommaire - Films -  M - R -  Rocky Balboa


"Rocky Balboa" de Silvester Stallone

 

Réal. & scén. : Sylvester Stallone
Avec : Sylvester Stallone, Burt Young, Geraldine Hughes
Distribué par 20th Century Fox.
105 mn.
Sortie le 24 Janvier 2007.

Note : 10/10.

Il fut une époque où le box-office cinématographique était dominé par les gros bras en puissance. Il fut une époque où Sylvester Stallone était l’acteur le mieux payé au monde. Tout cela est révolu. Mais une chose n’a pas changé : Sylvester Stallone est encore et toujours un acteur remarquable. Si on remonte au début de sa carrière, et pour prouver cette affirmation, on citera bien évidemment « Rocky », « FIST3, « La taverne de l’enfer », « Rambo » (le premier, le seul, l’unique), « Les faucons de la nuit », « Haute sécurité », « Cliffhanger », « Daylight » et le rôle qui aurait dû lui octroyer un Oscar, celui du sheriff de « Copland », magnifique polar noir où l’acteur livre la plus belle performance de sa carrière depuis « Rocky » et jusqu’à... « Rocky Balboa ». Entre temps, la dégringolade, des navets comme « Arrête où ma mère va tirer », « L’embrouille est dans le sac » (le pire !), des échecs pas souvent mérités comme son remake de « Get Carter », l’inégal « Driven », le plutôt bon « Detox » qui sortit même directement en vidéo aux USA comme celui qui suivit, le pathétique « Avenging Angelo ». Et par respect, on oubliera « Spy Kids 3 » & son apparition dans « Taxi 3 ». Mais l’acteur n’est pas mort, loin de là. Depuis longtemps, il préparait l’ultime volet de la saga « Rocky », qui en même temps, terminerait en beauté cette histoire et ce de façon plus réussie (selon lui, parce qu’autrement, le film est injustement méprisé) que « Rocky 5 ». Déjà, pas de chiffre dans le titre, juste l’identité du héros. Ensuite, l’heure est au bilan, et bien entendu, celui de Rocky se mélange à celui de Stallone.
Rocky ne boxe plus, il n’a plus la richesse de sa grande époque, il possède juste un petit restaurant où en tant qu’hôte, il passe de table en table et raconte ses souvenirs. Personnellement, il vit dans celui d’Adrien, sa femme disparue un an auparavant suite à un cancer. Rocky vit dans le passé, et n’arrive plus vraiment à avancer. Jusqu’au jour où il retrouve une gamine qu’il avait connue au début de sa carrière, et qu’il prend sous sa protection, elle et son fils. Et puis, il y a ce pari insensé d’un match contre l’actuel champion du monde. Un jeu virtuel donnerait Rocky vainqueur contre lui. Et ce dernier n’ayant pas une bonne popularité, le match réel se met en place. Pour Rocky, l’occasion de retrouver le goût de vivre et d’avancer vers la dernière ligne droite en ne restant pas prisonnier de son passé, de ses souvenirs, de son amour.
Et de l’intelligence d’un tel scénario naît un film magnifique, emporté par un Stallone qui se sert de ses réussites et de ses échecs pour mieux en livrer une œuvre presque ultime. Sincère, humain, émouvant, fort, nostalgique, tout y passe mais de façon mesurée, pensée, et surtout vraie. Bien entendu, certains ne pourront s’empêcher de railler ce sixième et dernier volet de la vie de Rocky Balboa, mais cela n’en devient-il pas plus une obligation au vu de la carrière d’un acteur s’étant assez souvent fourvoyé dans du n’importe quoi au point de ne plus exister qu’en tant que caricature du parfait héros américain crétin au possible. De cette période mégalomane, amorcée par « Rambo 2 », consacrée par « Rocky 4 » et parodiée par (l’excellent tellement il est débile !) « Cobra », le public en fit une icône, qu’il jeta par la suite sans chercher à donner une seconde chance à l’acteur. Tout ça, Stallone le reconnait, l’intègre dans son film, s’en sert via Balboa pour construire un film simplement bouleversant. Rien n’est grotesque, ni son face à face avec son fils, ni son pèlerinage annuel dans ses souvenirs d’Adrian, ni ce combat si invraisemblable mais auquel il arrive à nous faire croire. L’ensemble forme une œuvre parfaitement aboutie et maitrisée, le plus bel hommage à un personnage qui apporta à un petit acteur toute sa renommée, et à un public qui le lui rendit bien. Les dernières images le prouvent, et c’est tout à l’honneur de Stallone, qui (dé)montre ici l’étendue de son talent et de ses qualités personnelles. Chapeau bas, et respect total envers l’acteur-scénariste-réalisateur qu’est Sylvester Stallone.

St. THIELLEMENT



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