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  Sommaire - Films -  S - Z -  The Fountain


"The Fountain" de Darren Aronofsky

 

Avec Hugh Jackman, Rachel Weisz, Ellen Burstyn
Durée : 1h 36min. Année de production : 2005
Distribué par TFM Distribution
Date de sortie : 27 Décembre 2006

C’est un film sur la mort. Mais ce n’est pas un film macabre, c’est un film ultra romantique, sur l’amour et la mort, car c’est dans la mort seule que l’amour est éternel....
Le prologue montre une bataille entre des conquistatdors et des mayas dans un pays de ce qui sera l’Amérique latine. Nous apprendrons plus tard, au détour d’une conversation qu’il s’agit du Guatemala.
Puis on passe à une scène d’anticipation puis on vient à l’époque contemporaine.
En quelques images très belles et très absorbantes le réalisateur nous présente un résumé du cycle du film.
Mais ne croyez pas être quitte en pensant voir tout vu. Car à ce stade du film on n’a encore rien vu !
Celle qui va mourir nous dit, dans une autre vie : « La Genèse parle bien de deux arbres dans le jardin d’Eden : l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie ». C’est la recherche, la quête de ce deuxième arbre que nous raconte le film. La motivation de cette quête sera la mort de la bien aimée.
Ce film est un chef-d’oeuvre.
Darren Aronofsky s’est donné beaucoup de mal pour créer un film nouveau, avec plein d’inventions artistiques et des plans audacieux.
Voici quelques exemples : gros plans (très gros plans) sur les visages, et même la peau avec la naissance des cheveux - images tête en bas, surprenante pour l’arrivée d’une voiture dans une route nocturne éclairée par des luminaires, mais aussi pour une chevauchée du cavalier qui va vers la reine d’Espagne, puis la caméra pivote et montre le véhicule (ou le cavalier) s’éloigner vers son but (extraordinaire, il fallait y penser et l’oser) - plan plongeant à la verticale sur la reine et le conquistador, qui écrase les personnages sous leur destin - l’ombre sur les escaliers de l’homme qui les gravit, prises également dans un plan plongeant à la verticale (scène à relier avec celle dans laquelle la reine déclare : « Même l’ombre la plus noire est conquise par la lumière du jour... ») - travelling sur le héros avec un son étouffé, pour montrer sa coupure avec le réel et puis l’explosion des sons quand il prend conscience de la réalité - plan rapproché sur la structure du revêtement mural de l’ascenseur qui montre comme une croisée des chemins - fabrication du tatouage en très gros plan avec le sang qui coule - ...
Vous l’avez compris, le récit n’est pas linéaire, c’est vrai, mais le spectateur est guidé par de véritables créations cinématographiques ! Ceux à qui cela a échappé passent à côté du film....
« La Mort est la voie de l’éblouissement ! » annonce le grand prêtre de l’arbre de vie au conquistador. La Mort est un acte de création, déclare-t-on aussi dans le film, et non une maladie comme l’affirme Tommy le docteur...
Pour le comprendre il suffit de ne pas avoir peur...
La Mort est la création de la vie même, comme cet arbre de vie qui a poussé dans le ventre de l’homme... car « le sang des morts nourrit la Terre »....

Alain Pelosato

Une critique signée Andrée Cormier est disponible dans le Numéro 50 de sfmag disponible en kiosques du 19 décembre 2006 au 19 février 2007 puis après cette date téléchargeable en PDF dans la rubrique : "Ouvrages gratuits en PDF à télécharger et numéros payants".



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