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  Sommaire - Livres -  A - F -  La Cité de Satan




"La Cité de Satan "
de
Fabien Clavel

Editeur :
Mnémos
 

"La Cité de Satan "
de Fabien Clavel



Fabien Clavel signe, avec La Cité de Satan, son septième roman, en cinq ans, chez Mnémos. Après Nephlim, une série en quatre volumes où il revisite les mythes fondateurs du fantastique ; Les Légions Dangereuses où il aborde la fantasy comique avec une troupe de « bras cassés » à la recherche d’un dieu disparu ; L’Antilégende où il fait revivre la tradition du roman de cape et d’épée avec Don Juan ...en personne ...mais un peu dépassé !

Avec La Cité de Satan, il change une nouvelle fois de registre et nous transporte à Lutèce qui, bien qu’indépendante, reste sous l’influence de Rome et s’apprête à fêter le plus dignement possible le mille cinq-centième anniversaire de l’accession de l’empereur Julien au trône.

Dumnacos s’est illustré comme soldat en Pannonie, aux confins de l’empire. Il en a fini avec son service militaire et rentre avec son esclave qu’il a affranchi. Son oncle, un richissime commerçant de Vapor, donne une grande fête pour son retour. Là, il fait connaissance avec Tryphène la Mimula, une actrice que tout Lutèce rêve de mettre sur sa couche. Mais lui a entraperçu une jeune femme à la chevelure de nuit et il s’en est épris sur le champ. Il n’aura de cesse de la retrouver, n’hésitant pas à braver tous les dangers, restant insensible à d’autres amours et à l’amitié. Il négligera la Mimula, ira dans le cloaque, sera enlevé, emprisonné, fréquentera les gladiateurs et combattra dans la gigantesque naumachie organisée par l’Edile Serginius qui veut se faire réélire.

Fabien Clavel développe son intrigue dans une Lutèce où la société est restée de type romain. Comme il semble bien connaître cette période, il introduit nombre de références et construit un univers très cohérent, agréable à découvrir, même quand il nous fait toucher la grande misère du Cloaque, une Cour des Miracles circonscrite dans les îles du fleuve Sequana.
L’auteur fait preuve d’une grande culture et d’une forte érudition. Il s’inspire largement des grands classiques de notre littérature d’aventures, empruntant, par exemple, à Alexandre Dumas, ses Trois Mousquetaires pour structurer les trois amis de Dumnacos. Il propose en épigraphe des textes d’auteurs célèbres comme Saint Augustin, Pétrone ou Ovide, mais aussi des extraits succulents de son cru avec des signatures à peine déguisées comme Helvius Victor et Les misérables de Lutèce.
Mais trop de coquilles émaillent un texte où l’auteur se laisse parfois aller à des images bien improbables comme : « Ses longs cheveux claquèrent à son oreille. »

Cependant, La Cité de Satan, roman uchronique qui rappelle par le thème et le profil de certains personnages, le célébrissime Quo Vadis de l’écrivain polonais Henryk Sienkiewicz est passionnant. À l’heure où trop de romanciers font des trilogies avec une matière à peine suffisante pour une novella, Fabien Clavel aurait gagné à se lancer dans une fresque plus conséquente qui lui aurait permis de développer le caractère de ses personnages, de les rendre moins manichéens et de mieux explorer nombre de pistes intéressantes.

Serge Perraud

La Cité de Satan, Fabien Clavel, Mnémos coll. Icares, septembre 2006, 414 pages, 19,50 €






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