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  Sommaire - Films -  A - F -  Eragon


"Eragon " de Stefen Fangmeier

 

Depuis quelques années, l’Univers de la Fantaisie et du Fantastique (genre que j’adore) sont revenus en force et chaque Studio y a mis la main : Warner avec « Harry Potter », New-Line avec « le Seigneur des Anneaux », même Disney s’y est essayé avec « les Chroniques de Narnia ». Manquait le Studio Fox.... C’est aujourd’hui chose faite avec le premier volet de la trilogie : Eragon, adaptation du Best-seller d’un jeune auteur de 22 ans, Christopher Paolini. (Il écrivit le premier volet à 17 ans)
Bien des siècles auparavant, paix et prospérité régnaient dans le Royaume d’Alagaesia, guidé avec bienveillance par les Dragonniers et leurs dragons. Les dragons donnaient à leur cavalier des pouvoirs magiques y compris l’immortalité. Ils étaient invincibles... jusqu’à ce que l’un des leurs Galbatorix, décide, avec l’aide des Urgals et de l’horrible sorcier Durza, de s’approprier tous les pouvoirs et de régner en maitre absolu, les annihilant tous lors d’une bataille féroce.
Désormais la race des dragons et des dragonniers est éteinte...Eteinte ? Pas tout à fait, reste un œuf qu’un jeune fermier de 17 ans va trouver au sein de la forêt, et lorsqu’on apprend qu’un œuf peut attendre des siècles et ne peut éclore que lorsqu’il a trouvé son dragonnier, pas besoin d’être sorcier pour comprendre.... Et voila donc notre jeune fermier en compagnie de Saphira la magnifique dragonne aux yeux couleur d’azur engagés dans une prodigieuse aventure de sorcellerie, monstres et batailles et ou forces du bien et du mal s’affrontent dans un combat sans merci.
Stefen Fangmeier n’est, bien sur, pas Peter Jackson bien qu’on ne puisse s’empêcher de penser au « Seigneur des Anneaux » mais il a si bien su restreindre les effets visuels pour le plus grand bénéfice de ses caractères que l’on se laisse séduire par cette aventure.
Les premières scènes avec Saphira sont saisissantes et émouvantes : elle est un adorable en bébé dragon devant lequel on fond littéralement, et une splendide, superbe et imposante dragonne adulte ! Les paysages hongrois sont remarquables et... côté acteurs Fangmeier a su s’entourer de talents confirmés tels Jeremy Irons (Brom) le « Obi Wan » d’Eragon, John Malkovich en malveillant Galbatorix, Robert Carlyle (Durza) ou encore Sienna Guillory (Arya) la princesse elfique., sans oublier un petit nouveau dans le rôle d’Eragon : Edward Speleers.
Par contre, le métrage souffre d’énormes lacunes et la narration saute d’un point à un autre sans véritable explication. J’ai lu le livre alors je me pose la question : Où sont les nains ? pourquoi ne nous dit on pas qu’Arya est une elfe, Comment Eragon apprend-t-il à utiliser la magie ?..Bref, si vous n’avez pas lu le livre, vous risquez d’être un peu « déboussolé » car à aucun moment il n’est donné au moins un minimum de justification au déroulement de l’action. Quant à la fin elle est complètement édulcorée alors que dans le livre c’est une apothéose.
Espérons simplement que ces « trous » seront comblés dans l’opus numéro 2 intitulé « l’ainé ».
« Eragon » n’est certainement pas un concurrent aux Oscars mais à une période où les sorties cinématographiques ne concernent que soldats fascistes, Idi Amin Dada ou « Blood Diamonds » il procure un après-midi ou une soirée d’aventures que toute la famille peut regarder avec plaisir.

Andrée Cormier

L’avis de Stéphane Thiellement

Scénario : Peter Buchman
Avec : Rachel Weisz, Jeremy Irons, John Malkovich, Robert Carlyle, ed Speleers, Sienna Guillory, Djimon Hounsou
Distribué par 20th Century Fox.
105 mn.
Sortie le 20 Décembre 2006.

Note : 3/10.

Et voici la dernière incursion du cinéma dans l’heroic-fantasy. Soyons réalistes : le succès du « Seigneur des Anneaux » n’aurait pas été aussi important, les projets suivants auraient certainement eu plus de mal à voir le jour. Exactement cmme lorsque « Conan le barbare » sortit sur les écrans, il y eut une petite série d’ersatz, plus ou moins bons (dans le négatif, on mettra « Krull » ; dans le positif, « L’épée sauvage » pourtant bien plus série B, mais justement d’excellente tenue, palliant ainsi un budget étriqué). Donc, à la base de tout ça, on trouve bien entendu la littérature avec Robert E. Howard que suivit Tolkien. Et la trilogie de Peter Jackson étant un des plus énormes succès cinématographiques jamais vus tant commercial (le troisième opus est numéro deux des recettes mondiales, après « Titanic ») qu’artistique. Normal que les producteurs cherchent des émules. Et c’est ainsi que l’on découvre aujourd’hui « Eragon ». Tiré du roman d’un très jeune romancier américain, et qui rencontra un très beau succès en librairie. Bon, n’est pas Tolkien qui veut non plus, à 18ans, c’est pas mal mais ce n’est pas non plus un chef-d’œuvre, hein. Disons que le jeune public jusqu’à la pré-adolescence fit le succès du roman. Et c’est ce même public qui fera celui du film, parce qu’au-delà, « Eragon » est loin d’être une réussite.
En une époque lointaine, en terre d’Alagaesia, la paix régnait. Hommes et dragons, en parfaite alliance, y contribuaient. Jusqu’au jour où l’un d’eux, un dragonnier du nom de Galbatorix (John Malkovich : quatre apparitions dans le film, roi d’un empire, on ne le verra qu’assis sur son trône et se lever à la fin pour déchirer un rideau qui dévoilera son dragon ! La reconstitution de son empire, voir de son palais, fait pitié !) les élimina tous pour s’approprier le pouvoir suprême. Mais ce temps risque de changer : un jeune paysan, Eragon (Ed Speleers, choisi parmi des centaines de postulants, aucun charisme, trois expressions faciales, du niveau du blondin insupportable de « Stormbreaker » : 2006 ne fera pas date dans les révélations de nouveaux grands acteurs !) se découvre dragonnier d’une dragonne, Saphira (la seule réussite du film, qui a du englober tout le budget d’ailleurs, magnifique dragon parlant avec la voix de Rachel Weisz, l’héroïne de « La momie » : osmose parfaite !). Avec elle, il va défier les noirs desseins de Galbatorix et de son sbire, le perfide sorcier Durza (Robert Carlyle, on va y revenir). Le combat pour la liberté peut commencer.
Bon, tout cela semble naïf, et ça l’est. Le succès du film se fera tout comme le livre, avec un public très jeune, qui sera sensible à l’amitié entre Eragon et sa dragonne. Autrement, pour l’amateur du genre, pour celle ou celui qui fut emporté par la puissance des films de Jackson, hé bien, « Eragon » va refroidir tous les espoirs. Première réalisation d’un spécialiste des effets spéciaux et de secondes équipes dévouées aux séquences les plus impressionnantes, Stefen Fengmeier, « Eragon » souffre cruellement d’un manque réel de lyrisme, de puissance dans sa narration. Tout n’est que copie de plans des films de Peter Jackson quant à ce qui touche aux paysages d’Alagaesia. Les batailles sont minimisées, et ne possèdent aucun souffle épique, comme le démontre de façon spectaculaire l’attaque finale, expédiée en deux temps trois mouvements. A son crédit, on mettra les envolées de Saphira et de son dragonnier. Mais tout le reste est du même niveau : le sorcier Durza, capable de ressusciter une sorte de dragon chauve-souris, ne peut que balancer trois épées à la tête d’Eragon, sans même le tuer ! Les démons qu’ils réveillent ne sont que deux ou trois, c’est tout.
Certes, ils sont très « beaux » mais c’est la misère quand même ! Enfin, il reste les personnages : Eragon est une erreur de casting, Jeremy Irons nous certifie s’être entrainé des mois aux combats, il n’en livre qu’un, filmé le plus banalement possible. Galbatorix n’est donc vu que quelques fois non pas dans son palais qu’on ne connaitra jamais mais sur son trône. Quant à Durza, tout le talent de Robert Carlyle n’arrivera jamais à en faire le plus terrifiant des sorciers. Voilà ce qu’est « Eragon » le film, gros budget avalé par son magnifique dragon, œuvre rappelant le plutôt bon « Cœur de Dragon » mais sans rivaliser avec lui, et encore moins avec la trilogie du « Seigneur des Anneaux ». Mais en même temps, le roman n’est pas non plus le monument de Tolkien. Lequel fut écrit sur plus de dix ans par un grand professeur, alors que là, tout cela provient d’un adolescent un peu plus doué (et bizarre, quelque part, mais ceci est une autre histoire...) que la normale. Ceci explique peut-être cela, et prouve aussi que le talent d’un grand réalisateur ne s’acquiert pas uniquement sur une partie des domaines d’un film. Un seul fait référence dans ce cas-là, et ce n’est pas n’importe qui : James Cameron. C’est sûr, ça calme.

St. THIELLEMENT



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