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  Sommaire - Livres -  A - F -  Jacob le cafard




"Jacob le cafard "
de
Will Eisner

Editeur :
Delcourt
 

"Jacob le cafard "
de Will Eisner



roman graphique

Will Eisner a acquis la célébrité grâce à son talent et à l’innovation dont il a toujours su faire preuve dans sa carrière. Il créa, entre autres, le Roman Graphique, une forme qui allie BD et Littérature en prenant dans chacun des genres ce qu’il a de meilleur. Ainsi, il utilise l’art graphique pour décrire, en particulier, les personnages et les décors, réservant les pages de textes où il use également d’une forme visuelle aérée, pour définir le contexte, le climat de son histoire. Il s’appuie aussi sur la reproduction des documents et articles de journaux de l’époque.
Jacob le cafard (A life Force) est le second volet de la trilogie Un pacte avec Dieu, (titre de la première partie) et qui se clôt avec Droopsie Avenue (À paraître en mars 2007, chez le présent éditeur).

Cette trilogie est une chronique, un conte urbain qui se déroule dans le Bronx, le quartier où l’auteur a passé son enfance. L’histoire se déroule dans les années qui suivent le krak de 1929, rupture brutale qui a déclanché un cortège de faillites d’entreprises entraînant lui-même un raz-de-marée de faillites humaines.
Jacob Starkah est désespéré. Voilà cinq ans que le vieil homme travaille à construire une Nedova, une école juive, et le directeur ne veut pas donner son nom à l’établissement, préférant celui du généreux donateur. De plus, il n’a plus de travail pour lui. En rentrant, il est pris d’un malaise cardiaque qui le couche sur le sol, au même niveau qu’un cafard tombé du second étage et qui se débat pour se remettre sur ses pattes et rester en vie, ...comme Jacob. Celui-ci alors se questionne : qu’elle différence entre lui et le cafard ? Ils veulent juste vivre ! Will Eisner applique alors ce « juste vivre » à la population qui gravite autour de Jacob et qui se débat dans des conditions difficiles de restrictions, de chômage, de sous-emplois, où chacun est à la recherche d’une amélioration de sa condition et ...pourquoi pas, la réalisation d’un vieux rêve.

L’auteur livre une chronique, à la fois amère et nostalgique, bouleversante et morose, et qui s’applique à une groupe social dans un contexte déterminé. Cependant, ce constat peut s’étendre sans correction à l’ensemble de l’humanité souffrante, qui se bat, se débat pour vivre, pour tenter d’améliorer sans cesse les conditions de son existence au niveau individuel.

Le dessin de Will Eisner, l’art de sa mise en page, de ses cadrages et de sa mise en scène font merveille. Tout en noir et blanc, ce récit qui mêle nombre de réflexions sur la nature humaine, transcende la question fondamentale sur la finalité d’une existence, le dérisoire d’une vie.

Jacob le cafard fait partie des incontournables de la BD, par un maître au sommet de son art de conteur et d’illustrateur.

Serge Perraud

Jacob le cafard, un roman graphique de Will Eisner, Delcourt coll. Contrebande, octobre 2006, 144 pages, 13,95 €






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