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  Sommaire - DVD -  G - L -  La Ligne verte - Edition Zone 2 Collector
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"La Ligne verte - Edition Zone 2 Collector "
de Frank Darabont
 

Avec Tom Hanks, David Morse, Bonnie Hunt, Michael Clarke Duncan, James Cromwell, Graham Greene, Barry Pepper.
Warner Home Vidéo

A lépoque de sa sortie, on l’attendait avec impatience cette adaptation. D’abord parce qu’il s’agit d’un des chefs-d’œuvre de Stephen King, conteur-romancier qu’on ne présente plus, capable du pire (« Les tommyknockers », « Dreamcatcher ») comme du meilleur (« Salem », « Shining », « Ca », « Dolores Claiborne », « Cœurs perdus en Atlantide », « Différentes saisons », et dernièrement « Roadmaster » et « Cellulaire », et j’ai du en oublier, et en même temps, le pire de Stephen King, ça vaut le meilleur de tacherons reconnus et adulés...). Ensuite, parce qu’il s’agissait de la seconde adaptation signée Frank Darabont. Un inconnu quelques années avant, ayant bossé sur la série « Young Indiana Jones » (et à priori, sur l’éventuel « Indiana Jones 4 »), puis sur un excellent téléfilm intitulé « Black cat run » avant d’en signer un lui-même, « Enterré vivant », avec Jennifer Jason-Leigh qui enterre vivant son mari. Quand on dit à Darabont qu’on aime bien ce petit polar aux limites du Fantastique, il répond qu’on est trop bons, car cela demeure une œuvre très mineure pour lui, presque un pêché de jeunesse. C’est sûr qu’en comparaison de sa magnifique adaptation d’une des quatre histoires de « Différentes saisons », c’est insignifiant. Car c’est avec « The Shawshank redemption » (stupidement rebaptisé chez nous « Les évadés », il n’était pas content du tout de ce titre, au passage, ça se comprend !) que Darabont fit une entrée remarquée dans la cour des grands, avec cette chronique à fleur de peau d’une prison où échoit Tim Robbins, prisonnier pas du tout à sa place, mais qui se fait à ce quotidien tranquille avec de nouveaux amis jusqu’au jour où il ressent le besoin pressant de retrouver sa liberté. Bon depuis, c’est un peu la cata, ne serait-ce qu’avec son pathétique « The Majestic ». Mais avant la chute, et après « Les évadés », il signa donc « La ligne verte », film-fleuve de trois heures sur une prison où des gardiens tentent d’instaurer un peu d’humanité dans cet univers carcéral. Du moins, une partie d’eux, menés par Paul (Tom Hanks, parfait). Et un jour arrive un colosse accusé du meurtre de deux gamines. Un géant noir aussi doux qu’un agneau, dôté de certains pouvoirs qui vont modifier à jamais la vie de cette prison et de Paul, à un point qu’il ne peut deviner.

Autant « The Shawshank redemption » était une magnifique adaptation, autant celle de « La ligne verte » semblait bien plus... Conventionnelle. Sans surprises, sans regard nouveau par rapport au matériau d’origine. Oh, tout cela est remarquablement bien huilé, mais sans point de vue inédit, sans petit détail différent qui peut donner une autre approche à cette chronique carcérale tournant autour de gentils gardiens très humains, de gardiens très sadiques, de prisonniers tranquilles jouant avec une petite souris apprivoisée, et d’un colosse (Michael Clarke Duncan, déjà balèze mais à la stature accentuée pour produire encore plus d’effet) à l’innocence enfantine. Le film se suivait sans déplaisir, sans passion, tranquillement en fait. On versait sa larme, on avait presque envie de se faire enfermer dans cette taule aux gentils gardiens, bref, ça manquait quand même d’un petit quelque chose, présent dans « Les évadés » pour transformer le bon film en chef-d’œuvre. Toujours est-il que la précédente édition sortie était vierge de tout bonus conséquent. Comme c’est la mode en ce moment, un Collector sort, avec deux disques : le film coupé en deux (un poil agaçant ça !), et sur le second disque, en complément, des documentaires : making-of promotionnel de rigueur (tout le monde s’auto-congratule, et ce doit être récent car on y voit un Stephen King cadavérique !). Et puis il y a un long documentaire sur le film, composé de plusieurs chapitres, bien plus intéressant. Entre autres, la partie sur King avec interventions de grands noms du genre littéraire concerné comme Peter Straub (la première fois que je le vois en live !) et Kim Newman, critique et auteur génial d’une trilogie grandiose : « Anno Dracula ». De tout cela en ressort quelque chose qui du coup pousse à la revoyure du film, lequel se révèle finalement, à défaut d’être aussi remarquable que « Dead zone », « Shining » (de Kubrick, qui signa un grand travail d’adaptation), « Simetierre », et « The Shawshank redemption », quand même assez réussi. Mais un petit peu plus de touche personnelle aurait pu en faire un chef-d’œuvre, c’est certain.

Note film : 9/10 (copie excellente, format d’origine 1.77, image 16/9ème compatible 4/3)
Bonus DVD : 7/10 : commentaire audio de Frank Darabont - making-of - documentaire sur le film avec portrait de Stephen King, les acteurs, les effets spéciaux, etc... - bande-annonce.
St. THIELLEMENT



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