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  Sommaire - Films -  S - Z -  THE HOST


"THE HOST" de Bong Joon-Ho

 

Réal. & co-scénariste : Bong Joon-Ho
Avec : Song Kang-Ho, Byun Hee-Bong, Park Hae-Il, Bae Doo-Na.
Distribué par Océan Films.
119 mn.
Sortie le 22 Novembre 2006.
(A lire prochainement dans le SFMAG papier l’interview du réalisateur)

Note : 10/10.

Ce 22 Novembre 2006 se révèle fort riche en sorties cinéma, avec des degrés divers de réussite. Donc, après « Casino Royale » et le retour de 007, après « Saw 3 » et le retour du cancéreux vengeur, voici « The Host » et le retour magnifique du film de monstre. Bon, pour beaucoup, le bémol va se situer au niveau du pays de provenance du film : la Corée. Donc film asiatique, donc truc en caoutchouc à la « Godzilla » voir pire, à la « Powers Rangers » par exemple. Sauf que la Corée est un des dernières révélations du cinéma mondial au travers de films de tous genres. Sauf que les effets spéciaux ont été confiés à des spécialistes californiens ayant bossé sur les derniers « Star Wars », aidés par Weta WorkShop (la boite des F/X néo-zélandaise, créée pour « Le Seigneur des Anneaux » via bien entendu Peter Jackson) et les créateurs de « Babe », sauf que le monstre est terrifiant, grandiose, extraordinaire, le plus beau et original vu depuis les vers géants de « Tremors » (entre temps, les monstres se sont fait porter pâle, hein, parce que le « Godzilla » de Emmerich, bof, et reste les dinosaures de « Jurassic Park » mais ce sont des bestioles ayant existé, pas une création inédite !), et enfin, sauf que le réalisateur Bong Joon-Ho a signé précédemment un chef-d’œuvre du polar, Grand Prix à Cognac en 2004, « Memories of murder », sur l’histoire du seul serial-killer coréen, jamais attrapé en plus. Tout ce qui faisait la richesse de ce film se retrouve de nouveau dans « The host » au profit d’une histoire avec un monstre que vous n’oublierez pas.
A Seoul, le vieux Park Hee-Bong tient s’occupe de son snack en bord de la rivière Han. Un jour, à l’heure du pique-nique, beaucoup remarquent une étrange chose attachée sous le pont. Laquelle se détend soudainement, plonge dans l’eau et ressort devant tout le monde semant mort et désolation en quelques minutes. La petite fille de park, Hyun-seo, est enlevée par la créature. Effondrés, son père et son grand-père entendent soudain la voix de la gamine sur leur portable. Elle est vivante, mais pour combien de temps, et où se trouve la tanière du monstre ?
Faire un film de monstre, à l’heure d’effets spéciaux extraordinaires, peut se révéler à priori facile, peut-on penser. Sauf que si tout cela ne tourne qu’autour des attaques d’une bestiole qu’on ne découvre qu’au bout de deux heures, la frustration prend le pas sur le plaisir.

Dans « The host », le monstre, mélange de silure-créature du lac noir-tyrannosaure-serpent, etc..., apparait en plein jour au bout de dix minutes. Le film ne va pas non plus se focaliser sur lui, la lassitude pouvant survenir assez rapidement. Conscient de tout ça, Bong Joon-Ho va tisser une histoire très riche quant à la naissance du monstre, les implications des pouvoirs politiques en place, l’arrivée des savants américains réputés les meilleurs (comme le profiler de la grande ville venant aider la police locale dans « Memories of murder »), et s’arranger pour en plus de tout ça et des visions du monstre nous le montrant dans son antre, se déplaçant, réagissant curieusement à certains phénomènes (come la pluie...), nous impliquer dans un drame familial. Celui d’une famille brisée qui peu à peu, avec le lot d’épreuves rencontrées, vont réussir à créer un cocon familial plus soudé, plus proche les uns des autres, sans pouvoir éviter la mort de certains. C’est cet aspect là, conjugué à un humour pertinent, à un film d’aventures palpitant, à une terreur d’un monstre jamais connue jusqu’ici, qui fait la richesse de ce film, véritable chef-d’œuvre du genre, une expérience unique qui consacre en deux films, Bong Joon-Ho comme un des meilleurs cinéastes découverts en ce troisième millénaire. Carrément. Une preuve ? Vous en connaissez beaucoup, vous, des cinéastes dont on peut dire qu’il ont signé un des cinq meilleurs films de monstres jamais faits ? Moi non.

St. THIELLEMENT



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