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  Sommaire - Films -  A - F -  Casino Royale


"Casino Royale " de Martin Campbell

 

Réal. : Martin Campbell
Avec : Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench.
Distribué par Gaumont Columbia Tristar Films.
138 mn.
Sortie le 22Novembre 2006.

Note : 8/10.

Le plus célèbre des espions est enfin de retour. Et après Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton et Pierce Brosnan, un nouvel acteur a la lourde responsabilité de faire revivre, quatre ans après ce qui constituait le meilleur OO7 de Brosnan, « Meurs un autre jour », le héros de la plus ancienne franchise cinématographique. Et après avoir vu « Casino Royale », le doute n’est plus permis : Daniel Craig est James Bond, dans un film qui reprend les origines du personnage, qui fait table rase de pas mal d’éléments « Bondiens », et qui constitue le meilleur Bond vu depuis longtemps. Ça donne envie, hein ? Alors, allons-y...

Prague. L’agent secret James Bond attend dans l’ombre d’un bureau un homme. Quand celui-ci arrive, il ne manifeste aucune crainte malgré le silencieux du canon de l’arme pointée vers lui. Il sait que James Bond n’a pas encore le « permis de tuer ». Sauf que Bond vient d’exécuter un premier contrat. Un second signifiera qu’il obtiendra les deux « 00 » lui donnant ce nouveau statut. Quelques mois plus tard, OO7 est sur la piste de terroristes internationaux, et plus précisément de leur banquier, surnommé Le Chiffre. Ayant déjoué un attentat, Bond apprend alors que Le Chiffre organise un gigantesque tournoi de poker pour se renflouer auprès de ses créanciers d’une ardoise de plus de cent millions de dollars. Bond se rend alors au Casino Royale, en compagnie d’un autre agent britannique, la belle Vesper Lynd qui validera ses demandes de fonds pour participer au tournoi. Mais les enjeux vont devenir de plus en plus dangereux, à tous les niveaux, mettant l’agent 007 face à ses ennemis et à lui-même.

Déjà, dès le prologue, filmé en noir et blanc et montrant un James Bond véritable exécuteur professionnel et qui va acquérir son « permis de tuer », le ton est donné : on oublie Roger Moore, Lazenby, Dalton et Brosnan, on oublie le mélange humour et action, on replonge dans un environnement plus froid, rappelant les premiers Connery, et le temps de la Guerre froide. Et encore, Daniel Craig se révélant bien plus mortel que le premier interprète de 007 : il faut le voir tuer un homme après l’avoir carrément fracassé de partout, pour se rendre compte que le parti pris de « Casino Royale », c’est de dépoussiérer un mythe. Fini les gadgets, fini la visite à Q, fini Moneypenny... Pour l’instant. On a l’impression d’assister à la renaissance de James Bond. Et avec quelle maestria avec le choix de Daniel Craig : c’est simple, le prologue, le générique et on est convaincu : il est James Bond comme on ne l’avait jamais vu. La première partie prolonge cette découverte, avec une poursuite des plus dantesques où on croit volontiers Craig quand il déclare qu’en interprétant Bond, vous acceptez de prendre des coups et donc de faire une partie des cascades : les gnons qu’il se prend parfois sonnent des plus vrais ! Mais « Casino Royale » ne serait pas un Bond si il restait ainsi jusqu’au bout. La grande intelligence de ce vingt et unième film, c’est de prendre un nouveau départ par le biais d’un lifting de personnage, électron libre de sa profession, dont son supérieur (toujours Judi Dench en « M », excellente chose) va façonner un homme pour progressivement l’amener à s’humaniser tout en conservant les qualités qui font de lui le meilleur des agents « 00 ». Pas d’humour, ou si peu et très « à froid », mais quelques petites révélations sur les origines de James Bond, constituent aussi d’autres des points forts du scénario. Jusque là, le film tient plus que toutes ses promesses. Mais quand arrive la fameuse partie de poker, « Casino Royale » perd un peu de sa prestance par un manque signifiant de suspense. On est loin des duels de jeux du « Kid de Cincinnatti » par exemple. Certes, quelques péripéties égaient ce poker du siècle mais on ne peut que constater une baisse de régime. Laquelle revient enfin avec un final grandiose. Mais encore une fois, il s’agit d’un film de James Bond, où certains codes doivent être respectés (c’est ainsi, hein, le jour où on verra un film aussi puissant qu’une « Journée en enfer » version espionnage british, hé bien, on tiendra là le premier chef-d’œuvre d’un 007 !). Martin Campbell n’est pas John McTiernan, et son film le prouve : il peut être aussi impressionnant qu’il peut être relativement assez statique. Mais dans l’ensemble, cela ne représente qu’une partie de « Casino Royale », qui peut donc sans aucun problème constituer une remarquable réussite quant à l’art et la manière de réactualiser un héros aussi populaire et âgé que OO7. Et déjà, le pari de relancer la série avec une nouvelle tronche est par contre gagné haut la main : Daniel Craig nous avait épaté dans le polar british « Layer Cake » (et on était plusieurs à se dire que ce mec là ferait un bon OO7, avant de savoir qu’il était pressenti pour le rôle !), et dans « Munich », ici, il explose littéralement : il est James Bond ! Et comme le dit chaque fin de générique final : il reviendra.

St. THIELLEMENT



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