SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No111
110
2
3
 
a
v
r
i
l
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   P. Dagon-A. Pelosato  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Films -  S - Z -  SEVERANCE


"SEVERANCE" de Christopher Smith

 

Scén. : James Moran & Christopher Smith
Avec : Laura Harris, Toby Stephens, Danny Dyer, Claudie Blakley.
Distribué par La Fabrique de Films.
97 mn.
Sortie le 18 Octobre 2006.

Note : 9/10.

La renaissance du cinéma d’horreur et d’épouvante gagne peu à peu toute l’Europe. D’abord l’Espagne avec Jaume Balaguero et d’autres jeunes auteurs ont amorcé le courant. Et depuis quelques temps, la Grande-Bretagne s’y met et avec quelle pêche. Bon, au passage, cocorico, hein, pour une fois, on peut le dire mais peu à peu, on s’y met aussi et avec grand talent parfois (« Haute tension » forever !). Donc, outre Manche, si le seul à avoir réveiller le genre fut en son temps Clive Barker (à l’époque, la claque « Hellraiser » fut mémorable !), depuis on a découvert Neil Marshall (« Dog soldiers » et surtout le monstrueux « The descent »), Edgar Wright (« Shaun of the dead »), Billy O’Brien (« Isolation », Grand Prix Gerardmer 2006) et Christopher Smith avec « Creep » et son monstre du métro. Pas parfait, le film n’en demeure pas moins percutant et terriblement efficace, du genre cauchemar éveillé parfois. Et revoici notre Mr Smith avec un croisement entre comédie et horreur, les deux étant parfaitement assumés au point de rigoler franchement d’un gag intelligent pour juste après serrer les fesses et limite fermer les yeux devant l’horreur qui surgit.
Un groupe de commerciaux d’une entreprise d’armement est envoyé en week-end « détente » dans une forêt d’un pays de l’Est pour se redécouvrir mutuellement, cultiver l’esprit d’équipe et se détendre avec des matchs de paint-ball, des soirées bien arrosées et quelques autres surprises. Sauf que la route est barrée, le bus les abandonne à la croisée de chemins, mais qu’ils découvrent quand même le chalet qu’ils pensent être celui de leur week-end. Sauf que, de nouveau donc, c’est l’habitat d’anciens soldats responsables des pires crimes de guerre qui soient. Et qu’ils n’ont pas envie qu’on le sache.
Smith avoue avoir pensé ce titre en hommage à « Delivrance ». Là s’arrête la comparaison. L’aspect comédie provient du descriptif des victimes, cadres commerciaux répondant parfaitement aux archétypes : le lèche-bottes, le petit chef, la comptable, la « bimbo » intelligente (ça existe !), l’ambitieux pédant et celui qui se fout de tout. De ce petit groupe nait des divergences d’opinion, des frictions, des médisances, etc... Là-dessus arrivent les tueurs. D’anciens soldats, les pires barbares qui existent encore, qui vous font dresser les cheveux sur la tête rien que de les croiser parce qu’on sait, contrairement à un Jason, un Freddy ou un des dégénérés de « La colline a des yeux », qu’ils existent. On a vu les reportages, on a lu les articles, ce sont des bouchers de guerre, des psychopathes à qui on a donné le pouvoir de tuer librement, et comme ils veulent. Autant on rigolait jusque là, autant quand surgit le premier meurtre, le « premier sang » (comme dirait Rambo...), on plonge dans une horreur terrifiante qui ne s’arrêtera qu’à l’ultime fin. Auparavant, sang et peur alternent avec gags et rires. Le mélange est surprenant, on se demande encore comment on peut arriver à rire mais ça marche. La force du film, de Christopher Smith aussi, c’est une grande maitrise du sujet (et pourtant, que d’idées surprenantes et bienvenues !), d’assumer jusqu’au bout ses partis-pris, de ne pas les désamorcer au dernier moment, aussi gros soient-ils (le coup du roquette sur l’avion, par exemple), et de savoir utiliser l’horreur comme un véritable instrument de peur et pas seulement de dégoût. En deux films, Smith est définitivement devenu un des Maîtres de l’horreur britannique, voire aussi du « survival », genre horrifique bien précis dont on peut aujourd’hui considérer qu’il compte en son histoire une nouvelle référence qui a pour nom « Severance ».

St. THIELLEMENT

Voir l’interview du réalisateur ici :
Interview de Christopher Smith



Retour au sommaire