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  Sommaire - DVD -  G - L -  L’affaire Josey Aimes (North country) - Edition zone 2
LIVRES-SF-FANTASTIQUE
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"L’affaire Josey Aimes (North country) - Edition zone 2 "
de Niki Caro
 

Avec Charlize Theron, Sean Bean, Frances McDormand.
Warner Home Vidéo

Dans le paysage cinématographique actuel, il y a cette sale manie de cataloguer bassement certains films selon des critères absurdes. Prenez « L’affaire Josey Aimes » : ça fait bien de dire « Ouais, c’est un film à Oscars, avec un sujet conventionnel et une prestation surjouée d’une actrice qui veut en montrer, etc... ». J’ai simplifié là. Le seul hic que ces pauvres gens oublient dans ce qu’ils croient être la critique de l’année, celle qui casse avant tout, c’est que, dans le cas présent, Charlize Theron avait obtenu l’Oscar l’an passé. Donc, on peut légitimement penser qu’elle s’en fout pas mal aujourd’hui. Et qu’elle peut effectivement se passionner pour l’histoire vraie (et hop là, rebelote de notre critique sur ce terme de « vraie »...) d’une des premières femmes à avoir collé un procès à ses collègues de travail, ici des miniers (ouais, y’a pas le choix, faut bosser donc même une femme peut être minière), pour harcèlement sexuel. Elle gagnera, en partie. Bon, comme ça, là, un postulat qui sent le réchauffé. Sauf que la réalisatrice Niki Caro, connue pour un beau conte au pays des aborigènes avec « Paï » (les difficiles relations entre une gamine et son grand-père dans un village côtier de Nouvelle-Zelande), évite les écueils les plus flagrants etconvenus du mélodrame pour livrer un film d’une grande sincérité et d’une grande force. Porté il est vrai par une Charlize Theron bien meilleure que dans son rôle de serial-killer au féminin (son Oscar pour « Monster »), « L’affaire Josey Aimes » plonge aussi dans la vie d’américains dont l’avenir économique tient à peu de choses, dont le quotidien se limite au boulot, aux soirées dans les bars, aux week-ends tranquilles, aux problèmes de fric, de cœurs, de couples, etc... Tout cela avec un regard pas du tout appuyé et cherchant la larme de la bonne cause dans le regard du spectateur. Au contraire, le film serait bien plus sobre que d’autres sur un sujet similaire, au point d’oublier les acteurs pour ne plus suivre que des tranches de vie pas folichonnes du tout de ces américains qui existent aussi, et qui sont pas mal oubliés de l’Etat dans leurs problèmes économiques. C’est là une des très grandes qualités d’un film qui prend donc plus aux tripes qu’on ne le pensait initialement, sauf pour ceux qui partent déjà négativement (voir au début...). De plus, certains personnages sont réellement bien cernés, tels ceux de Frances Mc Dormand et Sean Bean qui méritent vraiment une mention particulière. Et quand à l’émotion, quand elle surgit, elle arrive à un tel moment que la dénigrer serait seulement de la pure hypocrisie ! Bref, de ce film trop hâtivement estampillé « film à Oscars », il en ressort une œuvre plus riche et bouleversante que prévue, ce qui s’appelle donc une bonne surprise dans le genre. Côté bonus, c’est un peu maigre : outre les scènes coupées comme toujours à l’intérêt relatif, on trouvera un petit documentaire sur le milieu lié à cette affaire qui confirmera ce que le film raconte. De biens petits bonus pour un film qui mérite pourtant de ne pas être aussi rapidement ignoré, voir méprisé : « L’affaire Josey Aimes » est une vraie réussite.

Note film : 8/10
DVD : 3/10 : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : documentaire sur « L’affaire Josey Aimes » - scènes coupées.

St. THIELLEMENT



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