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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Walk the line - Edition zone 2


"Walk the line - Edition zone 2"
de James Mangold
 

Avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Robert Patrick
FPE Vidéo

Commençons par James Mangold : j’ai découvert son premier film, « Heavy » par hasard au festival de Deauville, une love-story étrange entre un obèse timide et une fille superbe (Liv Tyler, magnifique déjà...), un film tout en demi teintes, au rythme lent, mais passionnant du début la fin. Un choc. Quelques années plus tard, second film : « Copland ». Avec Stallone en shériff d’un bled détenu par les flics de New-York qui en ont fait leur fief pour leurs vies privées. Un petit bijou, un chef-d’œuvre (encore plus dans sa director’s cut) et le rôle qui aurait mérité l’Oscar à Stallone, prodigieux. Après, Mangold signe « Girl interrupted », drame dans la mouvance de « Vol au dessus d’un nid de coucous » qui permet à Angelina Jolie de décrocher l’Oscar. Puis arrive la comédie fantastique sur le voyage dans le temps d’un aristocrate (Hugh Jackman) qui se retrouve à New-York aujourd’hui et tombe amoureux de cette tête à claques de Meg Ryan dans « Kate et Leopold ». Et retour en force avec le thriller d’épouvante (proche du roman de Dennis Lehane, « Shutter Island » dans son coup de théatre) « Identity », une réussite dans le genre. Et on arrive à « Walk the line », biographie du chanteur Johnny Cash. La biographie maintenant. Un genre assez casse-gueule au cinéma. Souvent conventionnelle donc simplement bonne, comme « La bamba », « Tina », « Pollock », etc... Sans oublier « Ray », qui valait surtout pour la prestation de Jamie Foxx. Et justement, quand on voit le travail de Joaquin Phoenix et celui de Foxx, il n’y a pas photo : c’est Phoenix qui aurait mérité la petite statuette en or massif pour sa composition. Jamie Foxx a magnifiquement joué ray Charles, mais il lui ressemble, chante en play-back, et se livre peu intérieurement. Alors que Joaquin Phoenix devient Johnny Cash avec la même aisance que si il portait un costume taillé sur mesure pour lui. En plus, à l’inverse de « Ray », il y a un véritable scénario qui prend un point de la vie de Cash pour mieux parler de lui. Ce n’est pas la biographie littérale, c’est en partant du concert à la prison de Folsom qu’on remonte dans le temps, qu’on découvre la vie dans le vieux Sud, les relations d’un gamin avec un père injuste, et surtout la love-story entre Cash et June Carter, celle qui finira par partager sa vie jusqu’à la fin. Et le film est centré sur cette relation au point de faire de chaque scène les incluant un moment douloureux de l’existence où on ne sait comment communiquer à l’autre ce qu’on ressent. Tout « Walk the line » est ainsi construit. Et servi par des prestations d’acteurs monumentales (justement récompensée par l’Oscar pour Reese, injustement oubliée pour Joaquin...). Comme on le voit, le film de James Mangold n’est pas une simple biographie, elle plonge au cœur de la personnalité de Cash pour mieux nous le faire revivre, et découvrir. En même temps, quand on connait Mangold, on sait qu’il ne fera jamais une histoire simple (à première vue, « Kate et Leopold » pourrait l’être mais en regardant de plus près...) mais là, il signe un grand chef-d’œuvre, un film qui vous habite pendant plus de deux heures, vous transporte, vous fait réagir. C’est tout simplement magnifique, et le revoir décuple encore plus ce plaisir. Maintenant, difficile de se contenter de l’édition simple en DVD malgré les scènes coupées (le film est excellent en l’état, on les visionne distraitement...) et le commentaire audio de Mangold (qui retranscrit bien sur certaines scènes sa passion pour le sujet, ce gars est un orfèvre !) quand on découvre autantr de richesses sur le second disque de bonus. Et surtout des entretiens avec des proches du chanteur sur des moments de sa vie (dont son fils !), et surtout le reportage sur l’implication des deux acteurs : comment ils se sont impliqués dans le film, qu’ils ont appris à chanter (non, pas de play-back !), qu’ils sont devenus Johnny et June jusqu’à un point ultime : psychologiquement, leurs conflits, leur passion, ont eu raison de leur santé, et les acteurs devenaient presque leurs personnages. Alors, si vous avez raté un des chefs-d’œuvre cinématographiques de 2006, rattrapez vite cette erreur, découvrez, savourez, adorez « Walk the line » en DVD Collector, pour vivre l’expérience jusqu’au bout.

Note : 10/10

DVD : 10/10 : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : disc 1 : scènes coupées, commentaire audio de James Mangold ; disc 2 : making-of, séquences musicales intégrales, reportages sur la rencontre entre Johnny Cash & June Carter, sur le concert à la prison de Folsom, sur la foi de Johnny Cash avec interviews d’amis et de membres de la famille, making-of.

St. THIELLEMENT



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