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  Sommaire - Films -  M - R -  MIAMI VICE


"MIAMI VICE" de Michael Mann

 

Réal. & scén. : Michael Mann
Avec : Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Naomie Harris.
Distribué par UIP.
135 mn.
Sortie le 16 Août 2006.

Note : 7/10.

Le dernier des blockbusters de l’été 2006, celui qu’on attendait plus qu’impatiemment car il s’agit aussi du dernier Michael Mann, ce cinéaste surdoué à qui on doit des œuvres telles que « Le solitaire » (son premier vrai film « cinéma », avec James Caan de perceur de coffres-forts, un polar déjà très stylisé), le superbe « La forteresse noire » (d’après le roman gothique de F. Paul Wilson, une adaptation plus ambitieuse que ce simple, mais efficace, roman d’épouvante, un film toujours scandaleusement inédit en DVD), « Le sixième sens » (première apparition d’Hannibal Lecter dans ce roman signé Thomas Harris et que Mann a adapté avec un style visuel époustouflant, sophistiqué, un film admirable, génial, honteusement « remaké » par Brett Rattner (vous savez, celui qui a signé « X-Men 3 »...) sous son titre de roman à savoir « Dragon rouge ». Après, Mann s’attaqua au western réaliste avec la meilleure adaptation à ce jour du « Dernier des Mohicans », que suivit un autre grand polar, « Heat » avec DeNiro en braqueur hors-pair pourchassé par Pacino en flic plus que tenace, puis il signe un véritable chef-d’œuvre avec « Révélations », drame policier sur celui qui révéla le scandale des compagnies de tabac. Plus intense que ce film dans son domaine, ça n’existe pas. Mann change encore de registre par la suite pour sa biographie du boxeur Cassius Clay alias Mohamed Ali dans « Ali ». Pareil, des biographies comme ça, quand vous voulez ! Et enfin, il donne à Tom Cruise l’un de ses meilleurs rôles avec celui du tueur de « Collateral ». Comme on le voit, chacun de ses films est un évènement, Mann étant loin d’être une machine à blockbusters, il s’attache à leur conférer une identité propre, différente de la précédente, au point que chaque nouveau film est plus qu’attendu. Et c’est peut-être là que la bât blesse pour « Miami Vice » : même si c’est un bon film, on en attendait plus, alors qu’il semblerait que Mann nous dise qu’il n’est plus rien à inventer, il applique juste son talent sans, cette fois-ci, l’enrichir un peu plus qu’avant.
A la base, la célèbre série policière co-créée et produite par Mann, « Deux flics à Miami », au succès foudroyant à l’époque, et aujourd’hui très datée : outre le style visuel clinquant, la série pêchait par une totale absence de violence en opposition aux diverses histoires : pas d’impact de balles, pas de sang. Et si Don Johnson faisait illusion, son comparse ne valait pas tripette. Aujourd’hui, c’est Colin Farrell qui reprend le personnage de Sonny Crockett et Jamie Foxx celui de Ricardo Tubbs. Ce sont les meilleurs flics infiltrés de Miami. Cette position leur doit de venir en aide au FBI qui cherche à démanteler un puissant réseau qui vient encore d’éliminer deux agents. Se faisant passer pour des as du convoyage de marchandises plus qu’interdites, les deux flics vont s’immerger au plus profond de la criminalité à grande échelle, le trafic de drogue à un niveau mondial, au risque de corrompre leur âme en voulant trop s’approcher du danger pour mieux le terrasser.
On ne s’attendait pas à un remake de la série, heureusement, mais à une sorte de « Heat » conjugué à un « Miami Vice » réactualisé. Or, Mann livre un portrait de flic dess plus riches au service d’un polar qui manque vraiment de nervosité par moments, de rythme, de modernisme presque. Tout ce qui faisait pourtant la richesse de « Collateral » aurait pu se retrouver ici au service d’une classique histoire de flics contre trafiquants (car quand bien même c’est à l’échelle mondiale, rien de bien neuf à l’horizon...) mais revu par un cinéaste qui aurait du faire encore plus fort. Il n’en est rien, Michael Mann se contentant de servir à son histoire un style qu’on lui connait bien maintenant. Et c’est bien la première fois que ça arrive : rien d’inédit, de grandiose, seulement un talent connu mis au service d’une histoire somme toute classique. Et tout est dans cette mouvance : la love-story ne décolle vraiment jamais, rien d’extraordinaire, les gunfights sont bien foutus mais pas plus, etc... Alors certes, on passe un agréable moment. Mais sans demander du Michael Bay revu et corrigé par Mann, ce « Miami Vice » (qui ne se passe plus tant que ça à Miami au passage...) au budget surdimensionné (ce qui attisait encore plus l’impatience du fan) n’est pas le grand polar estival tant attendu. Une chose est sûre, il sera à redécouvrir plus tard par toutes celles et ceux qui réagiront pareillement à la fin de la projection : la pilule étant passée, les qualités du film pourront alors être mieux appréciées à leur juste valeur. Mais pour l’instant, pour la première impression, ça fait quand même un peu mal de dire que de la part du grand Michael Mann, « Miami Vice » est juste un bon film.


St. THIELLEMENT



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