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  Sommaire - Films -  S - Z -  Stay Alive


"Stay Alive" de William Brent Bell

 

Scénario & Réal. : William Brent Bell
Avec : Jon Foster, Samaire Armstrong, Milo Ventimiglia.
Distribué par TFM.
88 mn.
Sortie le 12 Juillet 2006.

Note : 1/10.

Quand on sait le nombre d’inédits vidéo qui auraient mérité une sortie en salles (dernier scandale en date, le sublime « Fragile ») et quand on voit justement ce qui sort parfois en salles (derniers scandales en date : le remake de « Fog », « Boogeyman »), on a du mal à comprendre la politique de certains distributeurs à insister toujours dans le même sens, à savoir ne pas écouter les rumeurs et n’en faire qu’à leur tête. Tout ça pour dire que « Stay alive » avec son affiche racoleuse qui veut lorgner vers un « Hostel » du pauvre (déjà qu’à la base, « Hostel » n’est tout de même pas le chef-d’œuvre de l’année, hein !) pour se révéler n’être qu’une belle arnaque sur la marchandise par rapport à ce qu’on pouvait croire. Plus de détails vont suivre...

A la Nouvelle-Orleans, un groupe de mordus de jeux vidéo découvrent que la mort sauvage d’un de leurs amis est liée à un mystérieux jeu intitulé « Stay alive ». En voulant approfondir leurs recherches, ils réalisent qu’il s’agit en fait d’une sorte de véritable prophétie qui pourrait faire revenir parmi les vivants la légendaire Comtesse Bathory, aristocrate sanguinaire d’Europe de l’Est ayant vécue au 17ème siècle et qui kidnappait de jeunes vierges dans ses campagnes pour les vider de leur sang dans sa baignoire, prenant ainsi des bains afin de se préserver une éternelle jeunesse. Et il s’avère que la dernière habitation de la dite comtesse est un sinistre donjon situé pas très loin de la Nouvelle-Orleans. Le jeu peut commencer, il faut juste gagner pour réellement survivre.

N’importe quoi ! Question scénario, c’est gratiné, et ça va loin dans l’absurde. Déjà, la comtesse Bathory aux USA, fallait oser. Mais bon, parfois, l’imagination ose des choses qui au final donnent un résultat des plus surprenants. Hé bien pas ici. « Stay alive » est sensé être un film d’horreur et d’épouvante, on aura certes quelques ombres dans un appartement, des portes qui claquent (depuis « Boogeyman », un gimmick qui devient insupportable !) mais franchement, question trouille, c’est du niveau d’un « Scoubidou » ! On passe à l’horreur et là, c’est pire : rien, mais alors rien, tout est suggéré, ou désamorcé par un montage qui évite soigneusement tout risque d’interdiction aux mineurs histoire de ratisser large, comprenez d’abord et avant tout les amateurs de jeux vidéo. Comble de bonheur pour eux, et de déprime pour le fan de ce genre cinématographique, puisque le look final de la dite comtesse est un effet spécial d’un niveau aussi laid que celui du croquemitaine final de « Boogeyman » : c’est simple, c’est ni plus ni moins qu’un visuel stylistique tiré d’un jeu ! et voilà ce qu’on obtient en mélangeant tous ces ingrédients : le troisième pire film fantastique de l’année après « Fog » et « Boogeyman ». Avec ce qui précède et une telle conclusion, on sait définitivement à quoi s’attendre. Mais une chose est certaine : en voilà un qui aurait mérité de rester dans les tiroirs et de ne sortir que pour une édition simple en vidéo, en vf et 4/3, tiens, ça suffisait largement !

St. THIELLEMENT

L’avis d’Alain Pelosato

6/10

Ce film a un côté intéressant dans la mesure où il tente de mêler gothique et jeux vidéo.
En effet, un jeu, Stay Alive, met en scène la comtesse Erzebeth Bathory qui assassine les joueurs un à un, dans le jeu, mais aussi dans la réalité.
La comtesse (1560-1614) a vraiment existé ; elle faisait enlever d’innocentes jeunes filles pour les vider de leur sang dans sa baignoire et ensuite elle se baignait dans ce liquide biologique pour rester éternellement jeune. Le blason des Bathory comprenait trois dents de loup d’où, dans le film, l’idée de la manière de la détruire... Cette idée, dans le film toujours, est trouvée dans un livre Le Marteau des sorcières (Malleus Maleficatum) livre qui existe également, car il a été écrit par deux grands inquisiteurs (Henry Institoris et Jacques Sprenger) en reprenant les ”aveux” de pauvres femmes accusées de sorcelleries et qui, pour la plupart, préféraient avouer n’importe quoi plutôt que d’être soumises à la torture... Ce livre est d’ailleurs disponible en librairie (Éditions Jerôme Millon). Ceci dit, les personnages du film auraient eu du mal à y découvrir comment tuer la comtesse car il a été publié en 1486, bien avant sa naissance... Enfin, le scénariste a rajouté la diligence noire telle celle du comte Dracula et, pourquoi pas ? celle de Jack l’éventreur...
Voilà beaucoup de références plaisantes dans ce film, d’autant plus qu’à ma connaissance, c’est la deuxième fois seulement que la sanglante comtesse Bathory est mise en scène (la première fois ce fut avec Les Lèvres rouges (1970) de Harry Kumel avec la splendide Delphine Seyrig).
A part ça il est vrai que le film est un peu plat mais il mérite quand même d’être vu...

Alain Pelosato



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