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"Super-Cannes"
de
J.G. Ballard

Editeur :
Fayard (17 avril 2001) - Littérature étrangère
 

"Super-Cannes"
de J.G. Ballard



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La société des loisirs ! On en parlait encore à la fin du XXe siècle. Le loisir comme bien de consommation courante. Le capital prenant en charge nos “temps libres”, culture du divertissement organisé. L’idée a fait long feu, faute de rentabilité. Aujourd’hui, le nouveau Reich monétaire réinvente la société du travail. Valeurs anciennes réactualisées : les cadres supérieurs deviennent les nouveaux modèles sociaux. Cela vous fait froid dans le dos ? Alors le nouveau roman de Ballard va vous glacer le sang... Dans Super-Cannes, œuvre visionnaire et magnifique, le maître anglais de l’anticipation sociologique oppose les restes d’une civilisation déchue aux potentialités effrayantes d’une époque qui est déjà la nôtre. D’ici cinq ans, six ans ? A peine. L’entreprise comme idole du XXIe siècle, c’est encore de la science-fiction, mais la science-fiction est, plus que jamais, une littérature du présent. Super-Cannes n’est donc pas si loin. C’est Eden-Olympia, une cité high-tech construite sur les hauteurs de Cannes. Le royaume des cadres sup’, le paradis des décideurs, ville champignon déshumanisée où “la caméra de surveillance et la police privée remplacent la démocratie représentative.” Ici, travail et vie quotidienne se confondent. Le travail EST la vie, le but, la finalité de l’existence. L’art, la création sont inutiles. Perte de temps, perte d’argent. Vieux schémas, applications nouvelles.


Mais un événement inattendu vient bouleverser ce meilleur des mondes : un médecin bien coté abat froidement une dizaine de cadres et se donne la mort. Simple coup de folie ? Surmenage ? Le problème va occuper les journées d’oisiveté de Paul Sinclair, aviateur anglais blessé accidentellement, et dont la femme est désignée pour remplacer le médecin “fou” d’Eden-Olympia. Personnage faible mais tenace, Sinclair découvre petit à petit les habitudes perverses d’une société autarcique où rien, dit-on, n’est laissé au hasard. Sauf...


Décrivant avec subtilité les implications psychologiques et morales d’un environnement néo-utilitariste, l’auteur de Crash et de L’île de béton nous propose une œuvre salutaire. À nous d’en prendre conscience.


J.G. Ballard, Super-Cannes, Fayard, 426 pages, Trad. Philippe Delamare


Denis Dargent






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