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  Sommaire - Films -  M - R -  Renaissance


"Renaissance" de Christian Volckman


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Paris, 2054. La jeune scientifique Ilona Tasuiev est kidnappée à la sortie d’un bar. Aussitôt, Avalon, la société où elle travaille, met la police sur sa piste. C’est l’agent Karas, policier solitaire et acharné, qui va se lancer à la poursuite de ses ravisseurs, aidé dans son enquête par la sœur de la victime, la non moins mystérieuse Bislane. Entre le milieu underground de la pègre parisienne et les hautes sphères de la recherche scientifique, l’enjeu se révèle alors bien plus important que celui d’un quelconque enlèvement, et Karas se retrouve vite plongé dans une affaire de manipulation génétique qui risque bien de bouleverser le monde.

Déroutant. C’est le mot qui vient immédiatement à l’esprit pendant les premières minutes du film. En effet, ce petit chef-d’œuvre d’animation bouleverse les règles de la 3D en nous présentant un film réalisé entièrement en noir et blanc. Et attention, qu’on ne se méprenne pas : pas de gris ou de tons nuancés ; uniquement des plages de couleur entièrement blanches ou entièrement noires. De quoi s’abîmer les yeux ? Absolument pas, car le dessin est réellement magnifique et vous plonge totalement dans l’ambiance générale du film. La technique de la capture de mouvements - les dessinateurs sont mêmes allés jusqu’à placer au niveau des yeux des capteurs ultra-performants pour rendre les visages plus expressifs - rend les personnages extrêmement réalistes, tandis que l’utilisation des contrastes permet de splendides effets de lumière et de transparence. Un graphisme épuré mais qui frappe les esprits. Une belle réussite artistique pour un film qui, une fois n’est pas coutume, est le produit d’un studio d’animation français.

Côté inspirations, on sent l’influence manifeste de films ou de comics tels que Sin City, surtout en ce qui concerne le visuel ; on peut également y voir une ambiance très proche de celle de Minority Report : progrès technologiques et scientifiques, cartes électroniques, écrans holographiques, etc. Mais la grande innovation du scénario est aussi de greffer sur la science-fiction l’atmosphère pesante des polars des années 30 : personnages secrets, ambiance oppressante, meurtres en série, trafics de toutes sortes, femmes fatales, chantages, remarques cinglantes... Tout contribue à faire de ce thriller d’anticipation un véritable film noir. Même si le scénario a parfois un arrière-goût de déjà-vu, on se laisse vite entraîner dans le suspense et l’angoisse d’une histoire des plus sombres.

Seul point noir : la qualité du doublage, qui laisse quelquefois à désirer. Mais la simple vision d’un Paris aussi futuriste que fantasmé - un Montmartre recouvert de buildings et des immeubles haussmanniens bardés de fer servent de décor à une course-poursuite endiablée - suffit à nous le faire oublier.

En bref : à voir absolument, ne serait-ce que pour l’originalité de son concept artistique.

Sarah Millet



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