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  Sommaire - Films -  A - F -  Detination finale 3


"Detination finale 3" de James Wong

 

(FINAL DESTINATION 3)
Réal. & co-scénariste : James Wong
Scénariste : Glen Morgan
Avec : Mary Elizabeth Winstead, Ryan Merriman, Kris Lemche, Texas Battle.
Distribué par Metropolitan Filmexport.
100 mn.
Sortie le 22 Mars 2006.

Note : 7/10.

Au début des années 80, Sean Cunningham réalisa avec le premier « Vendredi 13 » l’amorce de la plus prolifique saga horrifique jamais vue. A ce jour, onze chapitres ont été faits, un douzième se profile pour Halloween 2006 et si le succès est là, logiquement (et à la grande joie des producteurs, of course !), un treizième « Vendredi 13 » trouvera bien un scénario pour exister ! Bon, si on parle de « Vendredi 13 », c’est parce que chaque épisode ressemblait au précédent dans ses grandes lignes et qu’il était attendu par une bonne poignée de fans. Et pourtant, à l’époque, les ciseaux des censeurs étant impitoyables, les films étaient souvent coupés dans leurs débordements sanglants. Cela à bien changé, comme on l’a vu avec « Jason X » et « Freddy contre Jason » qui constituent les épisodes les plus gores de la saga du mongolito de Crystal Lake. Aujourd’hui, l’horreur cartonne, c’est indéniable : le succès énorme de « Massacre à la tronçonneuse » (le remake), de « Saw », de « The descent », etc... prouve qu’il y a une forte demande et le plus incroyable pour de l’horreur pure de dure, plus sérieuse que parodique. Donc, là-encore, très logiquement, le succès de certains amorce de suites qui déboulent sur des sagas, dont chaque nouvel opus reprend la même recette. Ou est l’intérêt alors ? Simplement dans les effets de terreur et d’horreur. Car la censure n’est plus autant impitoyable qu’avant, les recettes augmentant avec plus de sang. Film coupé ? Tout est disponible plus tard en DVD et ça cartonne. Donc, le cinéma se met à la page, et à ce titre, « Destination Finale 3 » en est une des nouvelles preuves.

Pour fêter la fin des cours, Wendy et ses amis décident de passer la soirée dans un parc d’attractions. Curieusement, Wendy ne se sent pas à l’aise, troublée par des signes étranges. Quand ils se lancent à l’assaut du grand huit, Wendy y va à reculons. Et c’est l’horreur peu après : un boulon cassé, les wagonnets déraillent, le massacre est total sauf que... Tout cela n’était qu’une prémonition : Wendy refuse de monter dans le rollercoaster, entrainant du coup quelques personnes à sa suite, ce qui leur évite bien entendu une mort atroce. Mais Wendy va se rendre compte qu’elle n’avait pas le droit de vivre, ni elle, ni les autres survivants, alors qu’en même temps survient une hécatombe impitoyable orchestrée par la Mort elle-même, pas contente d’avoir ainsi raté son quota de victimes.
Après un premier film original, un second lui étant lié par le retour des survivants adjoints à de nouvelles ex-victimes, revoici le retour des scénaristes initiaux qui prennent de nouveaux personnages avec le même tueur bien entendu. Plus délirant que le précédent, il en reprend par contre une ouverture spectaculaire (mais qui ne la supplante pas, l’accident routier de « Destination Finale 2 » étant encore à ce jour non dépassé !) pour poursuivre avec un canevas connu de l’élimination de survivants par le pire psychopathe jamais créé, la Mort en personne ! Alors, tout cela se suit avec sympathie, donnant un ton très « voyage dans un nouveau train fantôme » où le jeu serait de découvrir comment chacun va passer l’arme à gauche. Et là, même Columbo aurait du mal à devancer parfois l’imagination de James Wong & Glen Morgan tant on a parfois du mal à suivre le trajet des circonstances diaboliques qui vont amener à la mort de quelqu’un. A ce titre, celle de la fille clouée en est le meilleur exemple (vous comprendrez en le voyant...). Autrement, rien de bien nouveau : par rapport à « Vendredi 13 » dans les années 80, ici le gore est roi, les morts pourraient être qualifiées d’extraordinaires et détaillées chirurgicalement (une tête tronhachée à coups de pales de ventilateur de moteur étant un des summums !), et Morgan et Wong s’amusent quand même pas mal avec les codes du genre. Tout cela retrouvant d’ailleurs un ton plus « badin » présent dans le premier volet, moins évident dans le second qui se voulait un peu plus « terrifiant » par son sérieux. Au bout du compte, « Destination finale 3 » se déguste comme un bon spectacle mais risque tout de même de marquer une lassitude à rester dans un moule somme toute limité quant à ses perspectives. Qui sait si « Destination Finale 4 », si il se fait, ne brisera pas quelques côtés de ce moule pour déborder vers l’horreur « hard » et glauque des derniers succès en vogue actuellement comme « Saw » (dont le troisième sortira pour la fin d’année), « The devil’s rejects » ou, et surtout, le remake monstrueux de « La colline a des yeux ». Mais en attendant, rien ne vous empêche de faire une petite virée en plein cauchemar dans ce rollercoaster de la mort qui tue grave !

St. THIELLEMENT

Avis de Valérie

La Mort est loin d’être aussi maligne qu’on l’imagine, elle préfère jouer à cache-cache et aux devinettes pour exterminer les petits malins qui lui ont échappés plutôt que leur infliger une petite crise cardiaque bienvenue. Mais cette incongruité fait son charme ainsi que celui du film. De plus, elle est mauvais joueuse car quand on a réussi à changer son destin, elle est plus mauvaise ensuite dans le choix de la façon d’occire sa proie !

Ce troisième opus ne dépareille pas est la réalisation est efficace. Entre l’horreur pour jeunes et le gore pour sensibles, le public visé est large et si le spiritualité qu’on pourrait attendre n’est pas au rendez-vous c’est bien mieux puisqu’au final, on rit bien.

Film de série B sans prétentions, il réussit parfaitement à remplir son cahier des charges et s’il ne révèle pas de stars (on y retrouve l’acteur qui jouait Jarod le caméléon jeune : Ryan Merriman, et la jeune Mary Elizabeth Winstead est convaincante en psycho-rigide effrayée) il nous met en exergue le metteur en scène qui avec les données en main a réussi à être très efficace.

Valérie REVELUT



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