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  Sommaire - Films -  S - Z -  Silent Hill


"Silent Hill" de Christophe Gans

 

Scénario : Roger Avary
Avec : Radha Mitchell, Sean Bean, Deborah Kara Unger, Kim Coates, Jodelle Ferland.
Distribué par Metropolitan Filmexport.
127 mn.
Sortie le 26 Avril 2006.

Note : 5/10.

Certainement l’adaptation d’un jeu vidéo la plus attendue. Quand le projet fut mis en route, beaucoup commencèrent à espérer la première réussite du genre avec Christophe Gans aux commandes. Gans, ancien journaliste, créateur de « Starfix » 1ère époque (magazine ciné plus de genres que de prises de tête, un des meilleurs qui exista au passage avant de péricliter un jour...), réalisateur d’abord d’un court-métrage en hommage à Mario Bava et Dario Argento, « Silver slime », puis d’un premier travail cinéma avec un des sketchs de l’excellent « Necronomicon », puis passage au long avec « Crying Freeman », adaptation glacée du manga homonyme et succès total avec « Le pacte des loups ».
Et Gans adore « Silent hill » le jeu. Le scénario est confié aux bons soins de Roger Avary (co-scénariste de « Pulp fiction », auteur-réalisateur du polar déjanté « Killing Zoé » et surtout de l’excellent « Les lois de l’attraction »). Bref, tout semblait être là pour concrétiser le film tant attendu. Hé bien, ce n’est pas vraiment ça, comme vous allez le constater.
Parce qu’elle cauchemarde de plus en plus en hurlant le nom de Silent Hill, Sharon est emmenée par sa mère Rose sur le lieu proprement dit que Rose a déniché en tapant le nom sur Internet. Arrivées aux abords de la ville aujourd’hui abandonnée et bénéficiant d’une réputation des plus maudites, Rose a un accident. A son réveil, Sharon a disparu, happée par les secrets infernaux de Silent Hill. Pour Rose, aucune question à se poser : elle part à la recherche de sa fille.
Bon, d’abord une précision : je ne connais pas le jeu, n’étant pas du tout adepte d’aucun, donc le film a, pour moi, son identité propre et personnelle sans référence à ce que j’aurais ressenti comme d’autres en passant de longues heures à y jouer. Maintenant, en tant que tel, « Silent Hill », le film, est artistiquement très riche. Rien à dire de ce côté-là. Par contre, c’est sensé être un film d’épouvante aussi terrifiant que le jeu (d’après les afficionados), or « Silent Hill » ne fait quasiment jamais peur. Oh, on sursaute, mais rarement vous ne ressentirez une quelconque terreur en regardant les images. Et le peu de scènes marquantes comme celles avec le « Pyramide head » se révèlent frustrantes de par un traitement des plus banals : on ne le gère pas, on utilise le personnage le temps de l’attaque et c’est fini. Et tout se révèle ainsi dans « Silent Hill », sorte de ghost-story moderne qui se voulait donc novatrice et inédite dans la terreur pour finalement n’être qu’un beau long voyage étrange pendant une heure avant de sombrer dans une révélation qui achèvera toute possibilité de voir et croire en des scènes frénétiquement inquiétantes. De nouveau, Gans soigne une partie de son film mais oublie bien des parties de son script. Outre la peur, le relationnel mère-fille ne tient que grâce à Rhahda Mitchell. Erreur de casting concernant sa fille, c’est certain : quand on voit dans le magnifique « Fragile » de Jaume Balaguero comment l’émotion se partageait la vedette avec la terreur, force est de reconnaitre que dans « Silent hill », tout cela n’apparait jamais. Et quitte à chercher une jeune actrice, Gans aurait mieux fait de repiquer celle de « Fragile » ! Tout cela forme un comble énorme pour un tel amateur du jeu. Et cela se traduit légitimement par ce petit week-end à 20 millions de dollars, du à l’absence de concurrents heureusement pour lui, mais situé en dessous des pronostics des producteurs. Le bilan est donc assez maussade : pour ses (quelques) autres qualités, « Silent Hill » laissera une empreinte. Pour le reste, on restera dubitatifs devant le fait que l’on ne ressente quasiment aucun sentiment, et surtout qu’on n’ait pas vraiment eu peur. En conclusion, « Silent Hill » n’est pas l’excellente adaptation du jeu vidéo tant attendue, ni même un monument de terreur. Ce film-là reste encore à venir.

St. THIELLEMENT

Un autre point de vue d’Alain Pelosato :

10/10

Un mauvais rêve, un labyrinthe avec des monstres à chaque coin, des monstres étonnants. Parfois une sirène incendie hurle et le noir total règne : c’est le temps des ténèbres et des monstres qui s’en échappent. Cette sirène est située sur le clocher d’une église perchée sur son glacis. Il y a aussi une chambre cachée.
Je ne connais pas le jeu vidéo, mais le film est angoissant. C’est un film d’épouvante plus qu’un film d’horreur.
Ce que vit l’héroïne c’est comme une dépression : on se perd, on est envahi par l’obscurité, on croit s’en sortir et on plonge encore mieux l’instant d’après. On recherche une issue en évitant la folie, mais c’est dur !
D’autant plus que constamment l’enfer rougeoie sous nos pas, là-bas, tout au fond.
Un petit chef-d’œuvre de fantastique comme on n’en a pas vu depuis très longtemps !
J’attendais Christophe Gans depuis longtemps et je ne suis pas déçu. Bravo !
Les effets spéciaux ont été réalisés par notre ami Tatopoulos qui nous a fait l’honneur de nous accorder deux interviews dans Sfmag. Un petit génie créatif : ses monstres sont de véritables œuvres d’art.
Les actrices sont sublimes particulièrement la deuxième petite fille...
Les femmes sont encore au centre de toute cette histoire, et elles jouent le rôle principal à cinq, les hommes ne sont que des figurants.
J’adore !
Je rappelle que Christophe Gans est un admirateur de John Carpenter, dont il connaît l’œuvre par cœur et qu’il sait analyser en grand cinéphile. Christophe Gans se fait trop rare au cinéma.

Alain Pelosato



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