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"Le Festin nu"
de
William Burroughs

Editeur :
Gallimard (31 mars 2002) - Folio
 

"Le Festin nu"
de William Burroughs



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Voilà Gallimard qui publie ce roman dans sa collection SF de poche ! Bravo !!!


Ce livre, écrit sous l’emprise de la “came” - de toutes sortes de “cames” - remanié par les amis de l’auteur est devenu un livre culte.


Sous l’emprise de ces “produits” l’auteur se retrouve dans un autre monde qu’il appelle l’Interzone, mot qui devait être le titre du livre au départ. Ce “roman” est trois choses à la fois.


D’abord un mode d’emploi de la “came”. “La jouissance d’une piqûre de morphine est viscérale : on s’écoute vivre jusqu’au fond de soi-même. Mais la coco c’est de l’électricité dans le cerveau.” (Page 58) Et aussi son utilité : “Tant que nous n’aurons pas une connaissance plus précise de l’électronique du cerveau, la drogue restera l’instrument essentiel de l’Interrogateur chargé d’anéantir la personnalité du sujet.” (Page 59)


Deuxièmement une description du totalitarisme et de la tentative du “camé” de s’en défaire grâce à la came (je ne mets plus les guillemets). Mais ce pauvre drogué se retrouve sous l’emprise d’un autre totalitarisme : celui de la drogue elle-même ! Ainsi, William a une opinion sur la manière d’éliminer la dope : “Si l’on veut détruire la pyramide de la came il faut commencer par la base, c’est-à-dire le camé de la rue et cesser de jouer au Don Quichotte en s’attaquant aux prétendus “pontes” des échelons supérieurs, qui sont remplaçables au pied levé. Car le camé du trottoir - celui qui a besoin de came pour pouvoir se maintenir en vie - est le seul facteur irremplaçable dans l’équation de la drogue. Quand il n’y aura plus de malades pour en acheter, le trafic de la drogue cessera aussitôt de lui-même.” (Page 13)


Troisièmement, le récit de tous les fantasmes du camé. Et bien sûr, beaucoup de ces fantasmes sont sexuels : “Allez-y ! Braille-t-il. Tous les trous sont permis !” (Page 124) Et comme Burroughs est homosexuel, même les femmes enculent les mecs ! “Elle lubrifie le gode, lève au ciel les jambes de Johnny et le plante en tirebouchonnant les hanches.”


Pour conclure, je laisse encore la parole à William Burroughs, une parole désespérée de camé : “Un camé en renonce peut rendre une maison invivable avec son odeur de mort, et puis il suffit d’aérer pour que l’endroit retrouve la puanteur à laquelle les bons citoyens sont accoutumés.” (page 314)


Ce livre est un chef-d’œuvre dans lequel il est difficile de rentrer comme la première bouffée de fumée est dure pour le néophyte, mais ensuite on ne peut plus s’en passer.


Pas vrai les mecs ?


PS. Ce livre a été adapté au cinéma par David Cronenberg. Qui d’autre l’aurait osé ?


Le Festin nu, William Burroughs, Gallimard Folio SF, 335 p.


Alain Pelosato






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