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  Sommaire - Interviews -  Anthony HOROWITZ (Stormbreaker)


Interview de Anthony HOROWITZ (Stormbreaker)
Par Damien Dhondt

Dernier ajout : vendredi 20 janvier 2006

"Anthony HOROWITZ (Stormbreaker)"

Romancier spécialisé dans la littérature pour la jeunesse, Anthony Horowitz était présent en France pour présenter son nouveau roman Raven’s Gate, premier volet du Pouvoir des Cinq.

Pourquoi vous êtes vous consacré à l’écriture ?

Parce que je ne sais rien faire d’autre. Mon premier travail était sur la conspiration des poudres. J’ai demandé à mon père de m’acheter une machine à écrire pour mon neuvième anniversaire et à partir de là j’ai toujours eu sur moi un livre pour écrire mes pensées, des petits morceaux de poésie des choses comme ça.

Et pourquoi avoir choisi la littérature pour la jeunesse ?

Je ne sais pas pourquoi. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai aucune idée pourquoi j’ai commencé à écrire pour la jeunesse. Il faut vous souvenir qu’au début il n’y avait pas Jacky Rowling. Le monde de la littérature de la jeunesse était très différent de ce qu’il est aujourd’hui et je n’étais pas fier d’admettre que j’étais écrivain pour la jeunesse. Si vous m’aviez demandé il y a quinze ans ce que je faisais comme travail j’aurais juste dit que j’étais écrivain. Mais maintenant en Angleterre être écrivain pour la jeunesse c’est presque l’équivalent d’une star. Nous pouvons être fier de notre travail.

Avez-vous connu le succès dès le début ?

Pas en Angleterre, ce qui est bizarre car j’étais très connu ici en France longtemps avant d’être célèbre en Angleterre. Pendant quinze ans j’étais connu en France avec des livres comme "Le faucon malté" qui est toujours dans les écoles françaises et surtout "L’île du crâne" qui a toujours été un succès ici. Mais c’est seulement avec la création d’Alex Rider, le jeune espion malgré lui de 14 ans, que mon succès a aussi commencé en Angleterre. Il m’a fallu attendre de nombreuses années. Deux ou trois fois j’ai pensé que je perdais mon temps en écrivant pour la jeunesse et que je devais faire quelque chose d’autre. J’ai aussi travaillé à la télévision (1) et au cinéma (2). Mais la littérature pour la jeunesse est une passion que je ne pouvait pas arrêter.

"Raven’s Gate" n’est-il pas la deuxième version ?

"Les portes du diable" date de 1983. J’ai toujours été déçu que la première fois le livre n’ait pas eu un grand succès en Angleterre et j’étais d’avis que le livre n’avait pas trouvé ses lecteurs. Il était nécessaire de réessayer. "Les portes du diable" a été écrit beaucoup trop tôt. Le monde a changé. La nouvelle version a été écrite après la guerre en Irak et les décisions de nos politiciens. J’ai réutilisé l’intrigue, la locomotive du livre, mais tout a été réécrit. Ce sont de tous nouveaux personnages, de nouvelles idées, de nouvelles actions. Beaucoup de choses ont changé. Mais en même temps beaucoup de scènes ont été reprises comme la scène du musée ou quand le héros du livre se trouve perdu dans la forêt. Ce livre est peut-être plus adulte que le premier.
Pour moi le succès d’Alex Rider a tout changé car je suis très bien connu pour un type d’écriture de livre plus sophistiqué sans humour. J’ai oté presque tout l’humour de la première version. Les lecteurs anglais attendent un livre plus profond. Aussi le suspens et le mystère ont-ils été d’avantage creusés.
J’ai la meilleure traductrice du monde, Annick Le Goyat qui a traduit presque tous mes livres depuis vingt ans. Le premier titre "Les portes du diable" a été choisi par l’éditeur, mais je n’en était pas content. En anglais c’est "Devil’s door bell", ce qui est déjà ridicule. Le nouveau titre "Raven’s Gate" est cette fois plus sérieux. Le corbeau apparait dans l’oeuvre d’Edgar Poe. Il est le symbole du mal que je vois actuellement dans le monde.
Matt était très différent dans le premier. Il était un héros comme on en trouve dans presque tous les livres classiques pour la jeunesse. Il n’était pas prêt. Maintenant je crois que j’ai créé avec Matt un vrai personnage qui pourrait exister et traiter des problèmes de la nouvelle génération.
J’utilise les mêmes méthodes. C’est à dire que je crois toujours qu’il faut installer la peur à la fin de chaque chapitre pour les ados. Il y a tant d’autres tentations comme le téléviseur ou l’ordinateur qu’il faut les agripper. Il faut que les mains sortent du livre pour étrangler le lecteur et l’attirer à l’intérieur, sinon le jeune va trouver autre chose à faire.
J’ai essayé de toucher le lecteur dans la peur. Ainsi à chaque fois que Matt regarde le portrait de l’ancêtre de madame Deverill le visage a changé. Ce n’est pas la même chose qu’on trouve dans Harry Potter. C’est peut-être un peu plus effrayant. Il n’est pas certain. Peut-être qu’il imagine. Le lecteur ne connaît pas la réalité. Il est dans l’esprit du héros. Il écoute au téléphone la voix de celui dont il vu le cadavre. Mais encore une fois il n’en est pas certain. Peut-être est-ce quelqu’un qui l’imite ? Peut-être est-ce magique ? Il ne sait pas.
Matt est au départ victime puis acteur. Il découvre des héros dont lui-même. Tous les héros de mes livres sont des victimes. Je commence toujours ainsi. Alex Rider perd son oncle. Il a déjà perdu ses parents et il découvre que toute sa vie est un mensonge. Les héros sont tous des différents types de victime.
Matt est menacé de la prison ou du centre de redressement, mais il se retrouve au sein du projet L.E.F.A. (Liberté et Education en Famille d’Acceuil). Ce programme n’existe pas. Mais c’est quelque chose qu’on trouve de plus en plus en Angleterre : l’idée de faire à moitié-école à moitié-travail. Il se retrouve dans une ferme du Yorkshire. Matt fait un voyage dans l’espace mais aussi dans le temps, car le village est un anachronisme.

Comment procédez-vous pour l’écriture ?

Je ne commence jamais un livre sans construire un plan avec beaucoup de détails. Je travaille dix heures par jour accompagné de mon labrador et d’une bouteille de wisky (la bouteille c’est pour le chien). Je construis des pièges très compliqués en prévoyant une sortie. Il faut que le héros s’en sorte.

Pouvez-vous nous parler du film Stormbreaker ?

Il est presque terminé et sortira en France en octobre 2006. J’ai fait le scénario. Donc si le film ne marche pas ce sera de ma faute.
La moitié des spectateurs sont des filles, donc il fallait un rôle féminin, alors qu’il n’y avait pas d’héroïne dans le roman. J’ai reçu des milliers de lettres de fans furieux apprenant l’apparition de l’héroïne dans le scénario. Mais il vaut mieux ne pas contrarier le producteur.
600 acteurs ont été auditionnés et Alex Rider sera incarné à l’écran par Alex Pettyfer qui va surement bouleverser toutes les spectatrices. Les autres acteurs sont Ewan Mc Ggregor, Mickey Rourke, Alicia Silverstone, Sarah Bolger, Missi Pyle, Andy Serkis et Damian Lewis.

Y a t’il une chance de voir "L’île du crâne" adaptée en film ?

Il y a trop de ressemblance avec Harry Potter. Mais j’étais le premier. C’est Jacky Rowling qui a utilisé des thèmes semblables aux miens. Mais maintenant il est impossible de continuer les aventures de David Eliot. J’avais des idées pour trois autres livres. Mais la plupart des gens croieront que j’ai copié sur Harry Potter.

(1) dont "Crime Traveller", "Hercule Poirot", "Inspecteur Barnaby", "Robin of Sherwood"
(2) "Les témoins" réalisé par Christian Gilbert avec Christina Ricci

BIBLIOGRAPHIE

Les cinq contre les anciens : (Hachette jeunesse & Livre poche jeunesse)
tome 1 : Les portes du diable
tome 2 : La nuit du scorpion
tome 3 : La citadelle d’argent
tome 4 : Le jour du dragon

Alex Rider (Hachette & Livre de poche jeunesse)
tome 1 : Stormbreaker
tome 2 : Pointe blanche
tome 3 : Skeleton Key : L’île de tous les dangers
tome 4 : Le jeu du rider
tome 5 : Scorpia
tome 6 : Arkange

L’île des sorciers (Hachette & Livre de poche jeunesse)
tome 1 : L’île du crane (prix européen pour l’enfant 1993)
tome 2 : Maudit Graal

Les frères Diamants (Livre de poche jeunesse)
tome 1 : Le faucon malté (prix polar jeunes 1988)
tome 2 : L’ennemi public n°2
tome 3 : Devine qui vient tuer (prix du lecteur de "Je bouquine" 1994)

Le pouvoir des cinq (Hachette)
tome 1 : Raven’s Gate

One-shoots (Hachette jeunesse et Livre de poche jeunesse)
Le diable et son valet
Mortel chassé-croisé
Satanée grand-mère
Signée Frédérik K. Bower !
L’autostoppeur

Nouvelles
Destination horreur (Hachette jeunesse & Livre de poche jeunesse)
La photo qui tue, neuf histoires à vous glacer le sang (Livre de poche jeunesse)

Site du film stormbreaker

Critique du roman "Raven’s Gate"


Alex Rider...

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