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"Madame Henderson présente..." de Stephen Frears

Dire que l’on considère les Japonais comme le peuple le plus hermétique de notre planète alors que nous avons à portée de Channel bien plus étrange en nos cousins britanniques.

Enfermés dans des conventions qui semblent pourtant effacées de nos jours (à tort !), nous ne pouvons comprendre leur système de castes, de strates sociales, si l’on ne connaît pas leur histoire. A leur décharge, ils n’ont pas guillotiné leur roi et donc ont un sens de la hiérarchie bien différente de la notre. Madame Henderson présente nous plonge dans cet esprit si british, si contrôlé, si subtil et "smart" que l’on se sent dans ce Londres d’avant la seconde Guerre Mondiale.

Laura Henderson est une veuve de 70 ans. Désoeuvrée, elle s’essaye aux multiples "hobbies" que lui réservent sa condition et son rang. Ayant vite fait le tour des travaux de couture, des bonnes oeuvres où autres prestations sociales, elle achète un théâtre au coeur du quartier West-End de Londres (le Windmill/le Moulin à vent), engage un directeur et y joue des vaudevilles à l’anglaise (beaucoup plus sages que ceux de son homonyme français, le Moulin rouge).

Elle obtient de son ami, Lord Chamberlain, le droit de montrer des des corps dénudés féminins à la seule condition, comme pour un tableau de maîtres, le nu soit artistique et totalement immobile.

Le génie de Van Damm (son directeur) sera de rendre flexible les contours rigides de l’ordonnance pour présenter un spectacle émoustillant aux Londoniens, puis la guerre aidant, aux mobilisés de toutes nationalités se trouvant dans la capitale.

Le long métrage de Stephen Frears est la démonstration de nombreuses choses mais nous retiendrons surtout la connivence entre cette énervante Lady et cet irritant Juif. Au delà d’une affection sincère l’un trouvera en l’autre ce qui lui manque pour vivre selon ses propres critères.

Le talent de Judi Dench n’était plus à montrer, et pourtant, elle prend le temps de nous éblouir. Elle est magnifique de charme et de talent. Elle donne à cette femme apprêtée mais intelligente une dimension humaine et chaleureuse sans fournir un geste de trop. Chaque scène nous fait aimer cette femme prisonnière de son sexe, de sa nationalité, de son corps vieillissant et nous transporte par son regard quelque peu naif sur la vie.

Bob Hoskins que l’on connaissait bon, nous confirme son talent en assoyant son personnage d’homme solide, avisé. On ne trouve pas dans son regard les fêlures du personnage de Laura Henderson, mais on y apperçoit l’horreur d’un peuple à l’entrée de la guerre menées par Hitler.

Deux autres seconds rôles se partage ensuite l’affiche. La critique l’a saluée, Kelly Reilly est belle et talentueuse. La jolie Irlandaise nous arrachera quelques larmes, malgré nous. Stephen Frears en montant ce film sur le music-hall a eu la bonne idée de recruter de vrais chanteurs et danseurs avec notamment Will Young (le premier gagnant de la Star Academy locale) qui allie jolie voix et bon jeu.

Pour en revenir au réalisateur, il a su nous raconter une histoire intéressante mais toutefois classique avec beaucoup de beauté et de sensibilité. Ce n’est pas pour autant sans rythme, et le découpage est à propos. Le pire que l’on pourrait lui reprocher c’est quelques longueurs mais n’enlève rien au plaisir de la vision.

Un moment magique que nous nous vous souhaitons de pouvoir saisir au vol pour profiter du cadeau offert.

Fiche Technique

Avec Judi Dench, Bob Hoskins, Kelly Reilly

Durée : 1H45

Titre original : Mrs. Henderson presents

Sortie le 11 janvier 2006



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