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  Sommaire - Films -  S - Z -  WALK THE LINE


"WALK THE LINE" de James Mangold

 

Sortie en France : 15 Février 2006

avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon

Note : 4 ½ SUR 5 : A VOIR

Star et légende célèbre dans le Monde entier, surnommé « L’homme en Noir » par ses pairs et ses fans, Johnny Cash nous a quittés en Septembre 2003, juste quelque mois après la mort de sa seconde épouse June Carter.

Hollywood ne pouvait laisser passer la vie mouvementée de cette icône de la Country Music, son combat contre la drogue et l’alcool, sa Rédemption grâce à la ténacité de celle qui fut l’amour de sa vie : sa seconde épouse June Carter, et la découverte de la foi dans la religion.

Titre d’une de ses plus célèbres chanson « WALK THE LINE » nous raconte donc sa vie et ses combats contre ses propres démons. ... avec, dans les 2 principaux rôles Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon qui nous servent là deux performances absolument époustouflantes !

Le film est basé sur deux autobiographies du couple et le scénario écrit par Gill Dennis et James Mangold nous brosse rapidement la jeunesse de Johnny cash dans une ferme en Arkansas dans les années 40 ceci afin d’établir les 2 principales clés de sa personnalité : La mort tragique de son frère aîné et l’intransigeance et le dédain de son père, Ray Cash (Rober Patrick), un buveur notoire, qui voit en lui un « mauvais fils » et qui, à la mort de son fils aîné ira jusqu’à dire « Le Diable a fait cela - Il a pris le mauvais fils » (The devil did this, He took the wrong son).

Johnny grandit écoutant de la Country music et particulièrement les chansons de la Famille Carter. Puis, pour échapper au milieu familial et à la « haine » de son père, il s’engage dans l’US Air Force et est envoyé en stationnement en Allemagne : C’est la qu’il écrira sa première chanson.

Lorsqu’il revient aux USA il se marie et trouve un travail régulier mais son rêve est de devenir chanteur et lorsque sa femme Vivian se plaint qu’il passe plus de temps avec sa musique qu’avec sa famille, il lui répond en parlant de « son Groupe » ce à quoi elle rétorque « Ton Groupe ? Ce sont 2 mécaniciens qui ne savent même pas jouer ! »

Mais Johnny veut chanter, c’est un besoin vital et lorsqu’il chante il y met tout son être et peu importe ce que pense les gens, et surtout peu importe ce que pense son vieux père...

Le légendaire Sam Phillips (Dallas Roberts) du Studio « Sun Records » à Memphis, accepte de l’auditionner ; le résultat est absolument abominable ils ne sont que des pales copies de ce qui se fait à cette époque. Au lieu de leur montrer la porte, Sam Phillips, gentiment, demande alors à Johnny s’il a composé quelque chose qu’il pourrait lui faire entendre. Cash choisit la chanson qu’il a écrit en Allemagne « Folsom Prison Blues ».... : Il débutera la chanson comme un « paumé » et..... il la termine en JOHNNY CASH !

Suivront alors les tournées avec Jerry Lee Lewis (Waylon Malloy Payne), Elvis Presley (Tyler Hilton), Roy Orbinson et... June Carter ! C’est le coup de foudre ! ! Mais June comme Johnny Cash est mariée et tous les deux ont des convictions religieuses très profondes et ne voudraient pas faire de mal à leurs conjoints... Lorsque Johnny, au cours des tournées, succombe aux amphétamines, à l’alcool et au naufrage qu’est devenu son mariage, June - qui vient de divorcer - est la pour le soutenir dans la spirale infernale où il s’enfonce, elle devient sa partenaire sur scène, sa collaboratrice et sa meilleure amie.... (bien que les 2 préféreraient un peu plus.)... et elle lui écrira le fameux succès « Ring of Fire »...

Inévitablement « Walk the Line » va être comparé à « Ray » : les 2 films n’ont-ils pas comme sujets 2 grandes légendes de la musique qui sont morts récemment ? la ressemblance pourtant s’arrête là car « Walk the Line » n’est à aucun moment ennuyeux et il y a une réelle « Love Story »..

Le Directeur James Mangold a eu plus de contrôle sur la Direction et il a focusé sur deux choses : LA MUSIQUE (un certain nombre de chansons de Johnny Cash sont jouées sans interruption) et LA LOVE STORY. La drogue et l’alcool ne sont que des éléments clés dans cette histoire d’amour puisque c’est finalement la persévérance de June qui sauvera Johnny et lui donnera enfin le coup de pouce et l’envie d’être « clean ». Lorsqu’il remonte sur scène il est tout de noir vêtu, couleur qui ne le quittera plus et lui vaudra le surnom de « L’Homme en Noir » et lorsqu’on lui dit « On dirait que tu es en deuil » il répond « Maybe I am ! » (Peut être le suis-je).

Ce qui est intéressant dans « Walk the Line » c’est que Johnny Cash nous est présenté ici non comme une « icône » mais comme un simple être humain avec des qualités et des défauts bien humains mais également avec un IMMENSE talent. Il y a de la noblesse en Johnny Cash mais aussi beaucoup de tristesse et de pensées sombres et autodestructrices et c’est pourquoi il semble si proche de nous.

Nous devons ici saluer la magistrale performance des deux principaux acteurs Joachin Phoenix and Reese Witherspoon qui chantent eux même tous les lyriques du film avec un talent extraordinaire ! Phoenix et Mangold, le directeur, peuvent bien nous dire que pour eux le plus important était de saisir parfaitement les diverses facettes de Johnny Cash plutôt que de nous délivrer de la musique, il n’empêche que la musique est là à chaque séquence et que Joachin Phoenix nous la sert avec brio, il y met toute son âme et, croyez moi, si vous connaissez bien la voix de Johnny Cash et que vous fermez les yeux et écoutez Joachin vous risquez d’être plus qu’étonné : je n’aurai pu imaginer quelqu’un d’autre pour ce rôle tant il en a parfaitement capturé toutes les contradictions : il est absolument fascinant !

Quant à Reese Witherspoon, C’est à un sensationnel travail que nous assistons et elle nous démontre enfin qu’elle est une actrice du meilleur cru. C’est un régal de la voir évoluer dans ce rôle : il faut vraiment être une excellente actrice pour jouer le rôle « d’une presque Sainte » sans devenir ennuyeuse. Elle a une superbe et charismatique qualité vocale et elle devrait, comme Phoenix je l’espère - être nominee aux Oscars cette année pour sa performance.

Ce film est l’histoire de Johnny et June. C’est une véritable et très belle histoire d’amour dans une période difficile alors qu’un nouveau genre musical voyait le jour et croyez moi...

CA ROCK BABY ! ! !

Andrée Cormier

Un autre avis (positif)

L’avis de Valérie

Nous avons eu l’époque où Hollywood a voulu nous prouver que le salut de l’Homme était dans l’expérience, la multiplicité sexuelle ou la victoire de soi contre le monde. Puis, nous revenons à des valeurs plus équilibrantes pour le pauvre humain perdu dans sa psyché : se trouver soi, puis trouver l’autre.

On nous a présenté à un an d’intervalle deux bio-films concernant deux grands monsieurs de la musique américaine.

Le premier, Ray Charles dans le film Ray, a donné ses lettres de noblesse à la Soul music en accélérant le gospel et le blues. L’interprétation de Jamie Foxx lui a valu un Oscar, chose toujours notée lorsque l’acteur est jeune, et de surcroît, noir ! Néanmoins son interprétation de Ray Charles était plus du mimétisme qu’une réelle création faite par un artiste, chose qui, malgré tout, ne nous viendrait pas à l’esprit de minimiser, il était réellement bluffant.

Joaquin Phoenix en jouant Johnny Cash, le créateur de la Country sombre (pour faire un jeu de mots très moyen sur son habillement, son humeur et son timbre de voix) est donc le second à nous proposer une rédemption magique offerte par l’Amour. Le seul, le vrai, celui qui vous fait marcher droit. Son jeu tout en souffrance, en regards, en hésitations, ne nous montre pas un JR Cash public ou connu, mais celui qu’il était derrière ses lunettes et son costume noir. L’identification peut se produire bien que sa vie soit unique car Joaquin Phoenix nous propose un homme de tous les jours qui mûrit, qui souffre, qui perd pour gagner.

Le rôle de Reese Witherspoon est à l’avenant et est comme pour le rôle de Phoenix, un rôle unique mais auquel chaque femme divorcée peut s’identifier malgré la différence d’époque et des us et coutumes.

Le talent du metteur en scène, James Mangold, est d’avoir justement non pas voulu reproduire une époque, une vie, un timbre de voix, mais interpréter finement l’intimité de la vie d’un homme blessé qui grâce à certains facteurs dont l’amour d’une femme, et peut-être de Dieu, a réussit à devenir un homme.

La comparaison entre les deux films nous donne l’Histoire de la Soul music pour Ray et l’Histoire de Johnny Cash et June Carter pour Walk the Line.

Nous avons donc en plus d’un bon morceau de l’histoire américaine du sud des Etats-Unis blanc et baptiste, une vraie émotion vibrante qui vous transportera jusqu’à la fin du long-métrage.

Le talent des acteurs a déjà été récompensé par les Globe Award et l’on peut espérer que les Oscar ne les oubliera pas.

Il faut souligner justement que si Joaquin et Reese chante eux-même dans le film, si leur interprétation personnelle se rapproche de beaucoup celle des chanteurs originaux, elle est comme leur jeu, leur propre ajout dirigé par Mangold. Excellent !

On comprend la volonté du réalisateur lorsqu’on nous montre la belle équipe qui accompagne Johnny dans les tournées, des jeunes peu connus comme Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Carl Perkins. On peut les reconnaître à leurs traits physiques, mais c’est surtout leur essence qui est visible : la folie de Jerry Lee, la sexualité de Elvis, la rigueur poétique de Roy, etc.

Ce film évite l’écueil de l’hommage, les trop bons sentiments liés à la rédemption, le drogué repentant pour nous proposer de vivre la vie d’un homme marqué, brisé qui se reconstruit dans l’Amour et la volonté de rendre ce qu’on lui a donné avec notamment ses concerts gratuits en prison, ses prises de position pour les amérindiens, sa foi profonde mais sans trace d’hypocrisie (ce que le film montre bien, d’ailleurs)

C’est un moment à ne pas rater, car l’émotion que l’on vous donne est vrai, pas frelatée et elle ne se reverra pas de sitôt !

Valérie Revelut



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