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"La Cité et les Astres"
de
Arthur C. Clarke

Editeur :
Gallimard (30 juin 2002) - Folio sf
 

"La Cité et les Astres"
de Arthur C. Clarke



++++


Voici un livre qu’on peut ranger sans hésitation dans la même catégorie que les Chroniques Martiennes. Il s’en dégage le même lyrisme et le même charme un peu naïf et qui pourtant ne se démode pas tout à fait.


Si vous dites à Alvin que les voyages forment la jeunesse, il ne dira pas le contraire, mais aura bien du mal à vous comprendre. Habitant Diaspar, la gigantesque cité qui abrite plus de 10 millions de personnes (les seuls survivants de l’Humanité ?), le jeune homme s’ennuie. Est-ce cela qui fait d’Alvin un être unique ? Pas seulement. Il fait preuve d’une curiosité sans limites, qui le pousse à franchir les murs de sa cité pour aller de découvertes en découvertes : d’abord, Lys, l’antinomie de Diaspar, où contrairement à ce qui se passe chez Alvin, les hommes et les femmes continuent d’avoir des enfants nés de leur propre chair, puis Shalmirane, qui offre à l’enfant des Hommes un nouveau jouet digne de sa soif de liberté.


La Cité et les Astres fait partie des petits bijoux écrits par Clarke dans la même lignée que ses nouvelles. De fait, par son style, le roman s’en rapproche beaucoup plus que des autres titres davantage remplis d’aventure. On apprécie le lyrisme de Clarke qui s’est fait trop rare dans ses derniers romans. La Cité et les Astres peut être lu comme un roman de réflexion, à plusieurs niveaux, sur la ville, par exemple, avec les deux modèles urbains que représentent Diaspar et Lys, toutes les deux prototypes de la cité du futur. Mais il y a aussi le pouvoir de la curiosité, la question du devenir d’une humanité sans passé et sans avenir (les habitants de Diaspar ressuscitent sans cesse et ne font rien pour changer leur vie immuable), celle du changement apporté par un seul individu capable d’ouvrir toutes les portes.


La réédition de ce livre chez Folio est une initiative qu’on pourrait presque qualifier “ d’utilité publique. ” Permettre aux lecteurs de retrouver des perles comme ce roman contribue certainement à rompre l’image de la SF des soucoupes volantes et des petits hommes verts que les non-initiés retiennent trop souvent de ce genre. La couverture est en outre une petite merveille. Ah ! et puis, soyons fous : faire étudier un roman comme celui-ci en classe, ce serait une belle idée. Alvin est de la même étoffe qu’un Ulysse ou qu’un capitaine Némo.


La Cité et les Astres, Arthur C. Clarke, Folio SF, traduction Françoise Cousteau, 280 p.


Corinne Guitteaud






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