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  Sommaire - Interviews -  MICHONNE BOURRIAGUE (STAR WARS)


Interview de MICHONNE BOURRIAGUE (STAR WARS)
Par Gilles DEMURGE

Dernier ajout : dimanche 8 janvier 2006

"MICHONNE BOURRIAGUE (STAR WARS)"

Personnage : AURRA SING

Un reportage de Richard BLIN et Ghislaine MELOU
Interview et texte : Gilles DEMURGE

Michonne Bourriague, c’est Aurra Sing, la belle chasseuse de primes de "la Menace Fantôme"
Elle est de retour dans l’Episode 2 de « Star Wars ». Et c’est peu dire que la force est avec elle.

Michonne, as-tu regardé les épisodes 4, 5 et 6 de Star Wars avant de jouer dans l’Episode 1
« La Menace Fantôme » qui est sorti en 1999 ?

J’ai seulement 23 ans. C’est dire que je n’étais pas née quand « La guerre des Etoiles » est sortie en salle. J’ai découvert ces films en vidéo bien plus tard. C’était il y a 5 ou 6 ans. J’avais alors 16 ou 17 ans. L’épisode que j’ai préféré à
l’époque. C’est « l’Empire contre-attaque ».

Quels étaient tes personnages préférés ?

Je me souviens que je craquais pour Boba Fett. Je ne me lassais pas de la voir s’envoler dans son vaisseau baptisé « Slave ». Je trouvais ça cool. Mais le personnage auquel je m’identifiais alors, c’était Princess Leia Organa, parce qu’elle était belle, intelligente, très déterminée et un peu rebelle. En fait, je crois que j’étais très troublée par sa relation avec Han Solo qui pilotait son vaisseau spatial à toute allure pour venir la délivrer. Lui, c’était un peu mon prince charmant. Moi aussi, je rêvais qu’un Han Solo débarque une nuit à la maison.

D’accord, mais quelle sorte de chasseur de primes est Aurra Sing ?
Dans l’Episode 2, est-elle prête à tout pour toucher sa prime ou s’est-elle fixée un code d’honneur ?

Aurra Sing travaille en indépendante, en marge du Guilde des chasseurs de primes.

Elles s’est fixée son propre code d’honneur. C’est un personnage complexe, très particulier. C’est pour cela que je l’aime.

Tu as tourné ton premier film à 21 ans, et d’entrée, c’était « la Menace Fantôme », l’épisode 1 de Stars Wars. Comment t’y es-tu pris pour accéder au tournage de cette superproduction.

Quand j’y repense, c’est assez incroyable. Cela s’est fait en seulement une semaine. J’étais encore étudiante à l’époque. Je suis allée à San Francisco pour signer mon premier contrat avec une agence de mannequin. Quelques jours plus tard, j’apprends que l’agence a envoyé mes photos à un casting. Sur le moment, cela m’a fait ni chaud ni froid. A ma grande surprise, je suis convoquée à l’audition. Et sur place, on me dit que Georges Lucas veut me rencontrer.

Comment s’est passé cet entretien ?

J’ai joué franc jeu. J’ai toujours été convaincue qu’il faut être soi-même en toute circonstance. J’ai prévenu Georges Lucas que je n’avais aucune expérience d’actrice, que je n’avais jamais pris de cours de comédie. Il m’a répondu : « Ce n’est pas ça qui est important. L’essentiel pour moi, c’est ce que tu es capable de faire passer à l’écran. Fais-moi confiance, tout se passera bien ». Ensuite, on a plaisanté ensemble, tout simplement.

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour toi pendant le tournage de l’Episode 2 ?

Les séances de maquillage ... Certaines ont duré plus de six heures d’affilée. Six heures pendant lesquelles, j’étais obligée de rester assise, sans bouger. Mais après j’étais méconnaissable. Je n’étais plus Michonne mais Aurra Sing, la chasseuse de primes de la planète Tatooine. Je ne me reconnaissais pas en me regardant dans la glace. C’est une expérience très troublante.

Tu devais te sentir un peu perdue sur le plateau au milieu de toutes ces stars, non ?

Pas trop, car j’ai demandé à mon grand-père de m’accompagner. Cela peut paraître surprenant, mais j’ai préféré sa présence à celle de mon petit ami de l’époque.

Pourquoi ?

Parce que c’est de lui, et personne d’autre, que j’avais vraiment besoin dans cette circonstance. Mon grand-père est une personne très simple mais assez exceptionnel dans son genre. Il a toujours été mon idole. Dans ma famille, tout le monde l’adorait. Il a très vite été accepté sur le tournage de « Star Wars ». A la fin, il était considéré comme la mascotte. Quand j’y repense, je me dis que j’ai eu de la chance de passer mon enfance dans une famille nombreuse. Je crois que mon vrai capital, il est là, davantage que sur mon compte en banque.

Tu n’as pas eu la grosse tête à la suite du succès de « la Menace Fantôme ?

Non. Tous les éléments étaient réunis pour ça, mais ce n’est pas dans mon tempérament. Et en fait le succès de « la Menace Fantôme » a surtout eu pour effet de relancer ma carrière de mannequin. Pendant cinq mois, j’ai enchaîné les défilés et les séances-photos pour présenter des collections de lingerie, de maillots de bain et de haute coiffure. J’ai quitté la Californie pour vivre à Milan et à Barcelone. Et puis à un moment donné, j’en ai eu assez ; Alors j’ai craqué....

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je n’en pouvais plus d’être sans cesse sous pression, en permanence en représentation sous le regard des gens. J’ai ressenti le besoin de prendre un congé sabbatique. Alors j’ai tout plaqué pendant six mois. Cela m’a fait un bien fou. A certains moments, il faut savoir s’arrêter. Ensuite, j’avais une folle envie de reprendre le travail, j’étais gonflée à bloc.

Qu’as-tu fait pendant ces six mois ?

Histoire de me changer les idées, je suis allée passer quelques jours à Las Vegas avec des amis. Au moment de partir, j’ai éprouvé une envie irrésistible de rester toute seule dans cette ville très particulière où je ne connaissais absolument personne. Mais je ne voulais pas vivre comme une touriste. J’ai cherché du travail et j’ai trouvé rapidement une place de serveuse dans un bar-restaurant. C’était une expérience très intéressante et parfois très amusante pour moi de me retrouver dans cette situation, surtout après tout ce qui m’était arrivé en l’espace d’une année. Quand je sympathisais avec certains clients, il m’arrivait de leur confier que j’avais joué dans l’Episode 1 de « Star Wars » ; Vous imaginez leur réaction : ils me riaient carrément au nez. Ils devaient penser que je plaisantais ou que j’étais une pauvre fille un peu mythomane. Certains d’entre eux ont eu la curiosité de revoir la vidéo, pour vérifier. Ceux-là, quand ils repassaient me voir, c’était pour me demander un autographe.

Côté cœur, cela se passe comment pour vous ?

Je vais vous faire une confidence : je suis un cœur à prendre. Normal après tout, je travaille beaucoup, je suis sans cesse entre deux avions. Ce n’est pas évident de faire des rencontres et d’avoir une relation amoureuse suivie avec un homme dans ces conditions. Chaque chose en son temps. En ce moment, je donne la priorité à ma carrière. Et puis, entre nous, il n’est pas indispensable d’avoir en permanence un petit ami, non ?

Quand on a 21 ans et que l’on se retrouve star du cinéma du jour au lendemain, a le budget qui va avec, ce doit être difficile de garder les pieds sur terre ?

Non, car je ne suis pas une flambeuse. J’ai vite compris qu’une comédienne ne peut pas se permettre de se laisser aller à la facilité.

Quels sont tes films cultes ?

Si je dois tous les énumérer, cette interview va durer plusieurs heures. J’en retiens deux qui m’ont marquée pour des raisons sentimentales autant que pour leur qualité artistique. D’abord « Pretty Woman » que j’ai découvert quand j’étais adolescente. Le fait que j’ai eu envie d’aller découvrir Las Vegas après mon séjour en Europe est lié à l’émotion que m’a procuré ce film. Plus tard, mon film culte a été « Matrix ».

Imaginons que l’on te propose une somme importante pour poser nue dans un magazine. Tu es partante ?

Franchement, je ne pense pas. Ce n’est pas le genre de chose que je ferais uniquement pour de l’argent. En tant que comédienne, je ne vois pas l’intérêt de brouiller mon image. Cela dit, c’est la réponse que je fais aujourd’hui. Si la question se pose plus tard, dans d’autres circonstances, j’aviserai. Je ne m’interdis rien, du moment que cela reste sensuel et vraiment esthétique. Il faudrait aussi que la séance soit réalisée par un très bon photographe. Mais pour moi, l’essentiel est d’abord de me sentir en accord avec moi-même. Si cette question se pose un jour, l’homme de ma vie, s’il y en a un, aura son mot à dire.

Pour quels producteurs accepterais-tu de tourner une scène intime entièrement nue ?

Il ne s’agit pas de X, mais juste d’une scène un peu érotique dans un film, on est d’accord. Alors dans ce cas, je pourrais faire confiance à quelqu’un comme Steven Spielberg. A condition bien sûr que le rôle soit intéressant et que la scène érotique soit nécessaire à la compréhension du film. Sinon, cela ne présente pour moi aucun intérêt.

Avec quels comédiens pourrais-tu envisager de tourner ce style de scène ?

Tom Cruise, peut-être, parce qu’il est très beau et qu’il a un talent fou. J’ajouterais Tom Hanks, exactement pour les mêmes raisons.

Les fans de « Star Wars » s’arrachent la figurine d’Aurra Sing. Touches-tu un pourcentage sur la vente de ce produit dérivé ?

Non, cela n’a pas été prévu à l’époque de mon contrat. J’étais tellement heureuse de jouer dans cette série culte que le reste me paraissait très accessoire. En revanche, je vends 20$
Chaque photo que je dédicace dans les salons et conventions auxquels je participe sur les cinq continents.

Et tu as beaucoup de fans...

Oui, je n’ai jamais eu la grosse tête. J’ai conscience que dans ce métier, la chance peut très vide se retourner. Il y a une concurrence terrible à Hollywood. Les Etats-Unis, c’est le pays où tout le monde voudrait être acteur, du gardien de nuit au PDG de multinationale.

Comment occupes-tu le peu de temps libre qu’il te reste ?

J’ai des goûts très simples. Je vis à Santa Cruz, en Californie, près de la plage. Pour moi, le vrai luxe, c’est de prendre le temps de faire du golf, du volley-ball, et du snowboard en hiver. Je lis, et je tiens mon journal intime depuis dix ans, ce qui est nécessaire pour mon équilibre. Quand j’aurai rencontré l’homme de ma vie, mon bonheur sera parfait.

(Remerciement à Arkham Comics de Paris


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