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BACH ... TO THE PAST : LA REVANCHE DU BIS

Bach Films est une société d’édition et de distribution de films DVD, créer par Olivier BACH en 2003 . Aujourd’hui le catalogue de la société regroupe environ 200 films répertoriés sur le site Internet www.bachfilms.com. Tous les genres y sont représentés : la série Z, le kung fu avec 50 films, des classiques américains policier, western, horreur, comédie, drame, aventure, etc. (la plupart en VOST), une collection déjantée inédite en France de films de science fiction américains de série B des années 50-60 (VF et VOST). Et, enfin, le dernier né "les chefs d’oeuvre du cinéma Russe".
Les projets de Bach films ? Proposer une nouvelle fournée de 40 films kung-fu, certain assez renommés, développer la collection Bela Lugosi, offrir des titres de Christopher Lee (comme City of the Dead), une douzaine de films d’épouvante mexicain (dont El Vampiro), et des séries B plus récentes mais dans l’esprit de leurs glorieux ancêtres...
Le catalogue existant est déjà bien fourni et les titres sont vendus 5,95 euros. La qualité de l’image va de passable à correct mais la bande sonore est souvent en version originale, agrémentée d’une nouvelle piste française en 5.1. spécialement crée pour la collection. Ce doublage, caricatural à souhait, est même préférable car il accentue le côté décalé de l’ensemble. On y retrouve par exemple un doubleur récurrent doté d’un accent allemand absolument hilarant ("archhh za être unhe kolozale invenzione") digne des films de guerre fauchés des années soixante.
La plupart des films bis de cette époque se caractérisent, étonnamment, par un rythme haletant. D’une durée dépassant rarement soixante minutes, ils vont directement à l’essentiel et il n’est pas rare de voir les héros confrontés à la menace dès la première bobine. Mine de rien cela change agréablement de l’épouvante actuelle où les scènes d’expositions languissantes occupent parfois plus de la moitié du métrage.

Petite récapitulation des œuvres récemment éditées :

La Petite Boutique des Horreurs (Little Shop of Horror, de Roger Corman) est un amusant pastiche qui voit un timide employé trouver le succès grâce à une belle plante. Mais le végétal aime surtout le sang humain et les déboires commencent. Beaucoup d’humour et un passage célèbre qui confronte un apprenti dentiste sadique à un client maso interprété par Jack Nicholson. Définitivement un film culte, qui connut un excellent remake musical dans les eighties.
La Femme Guêpe (The Wasp Woman, de Corman) voit Susan Cabot se lamenter sur sa beauté fanée et user d’un sérum à base de venin d’abeille pour redevenir désirable. Tout fonctionne bien, excepté un léger détail : notre demoiselle se change régulièrement en monstre. Petit quickie sympathique tourné suite au succès de La Mouche Noire, cet inédit court et rythmé possède quelques personnages savoureux, dont deux secrétaires hilarantes.
La Chauve-souris (The Bat, de Crane Wilbur), quoique vendu comme un film d’épouvante, constitue en réalité une murder mystery très théâtrale, sorte de vaudeville macabre destiné aux amateurs du jeu Cluedo. Dans un manoir étrange, les morts s’accumulent tandis que rode un tueur masqué...Les rebondissements et l’interprétation de Vincent Price achèvent de convaincre les indécis : c’est une petite réussite agréable à suivre.
Voyage vers la Planète Préhistorique (Voyage to the Prehistoric Planet) est le titre faible de la fournée, une expédition spatiale très rétro qui utilise les chutes et décors d’un film russe nommé Planet of Storm. Curtis Harrington, pas fier, se cache sous pseudonyme mais réitéra l’opération avec une séquelle (Planet of Blood) avant que Peter Bogdanovich n’offre Voyage to the Planet of Préhistoric Women. L’ensemble est bavard et assez ennuyeux mais garde un certain charme naïf pour les plus nostalgiques, entre autre grâce à un robot kitsch qui rappelle beaucoup le fameux Robbie et à quelques "craignos monsters" incongrus.
Femmes Démon (She Demon) n’est pas parfait mais vaut quand même mieux que son épouvantable réputation. Le scénario donne dans le trip "serial d’exploitation" avec sa bande de nazis réfugiés sur une île perdue pour perpétrer des expériences délirantes sur une poignée d’indigènes féminines. Lesquelles passent une bonne partie du métrage à danser en petite tenue. Le discours final, au cours duquel le savant fou expose son plan de conquête planétaire, constitue un sommet de n’importe quoi assumé et mérite à lui seul la vision de cette série Z ringarde et drôle à souhait.
L’Attaque des Crabes Géants (Attack of the Crab Monsters) nous replonge dans la SF horrifique à tout petit budget des fifties. Réalisé par un Corman inspiré (et surtout conscient du look ridicule de ces monstres !) qui privilégie la suggestion, l’intrigue est pourtant prenante et astucieuse. Bien mené, le scénario joue sur le suspense et se veut sérieux, quoique ponctué de quelques répliques involontairement comiques. A coup sûr un achat immédiat pour les fans !
Carnosaur 3 est bien plus récent que les autres titres proposés par Bach Films mais il n’a rien à envier à ses ancêtres et mérite une place de choix dans cette collection dédiée au bis. Produit par Corman pour profiter du succès d’un certain parc jurassique, la tétralogie Carnosaur mixe le film précité avec Aliens et l’esprit décalé des fifties. Le tout constitue un petit budget distrayant dans lequel des dinosaures génétiquement modifiés bouffent du militaire en ne lésinant pas sur le sang et la bidoche. Le spectacle est tonique et roboratif pour les amateurs de cinéma B et gore.

Terminons sur la collection Lugosi qui permet de voir le grand acteur dans une série de films d’intérêt divers. Outre The Devil Bat et Mort de Peur , sortis voici quelques mois, la collection vient d’accueillir Le Voleur de Cadavre et surtout Le Fantôme Invisible . Ce dernier titre multiplie les retournements de situation et garde un bon rythme en une heure de projection. Malgré un final décevant, le métrage se suit donc avec un certain plaisir, d’autant que Lugosi y cabotine vraiment beaucoup.
Bach a également édité cinquante kung fu de seconde zone, dont certains vraiment rigolos et affublés de titres français affligeants ( Big Boss à Bornéo, Black Jim l’Impitoyable Ninja, Les Cinq Foudroyants de Shaolin, Le Duel à Mort du Sorcier Chinois ,...pour ne citer que le haut du panier) que je vous conseille pour passer des fêtes de Noël réussies. Pour davantage de renseignement sur cette sympathique société française, vous pouvez également télécharger le E-fan-zine gratuit Bis Art Cinema N°4 sur le site web de SFMag.
Tous ces titres pourront sembler ringards et complètement dépassés pour la génération actuelle gavée de blockbusters décérébrés et de cynisme satisfait. Ils constituent pourtant une alternative à la médiocrité ambiante et témoignent d’une époque révolue où des artisans modestes réalisaient à la chaîne des productions n’ayant d’autre ambition que de distraire.
Loin des prétentions déplacées de notre temps, où le moindre réalisateur de Z se prend pour Orson Welles, ces cinéastes (que d’aucuns s’obstineront à appeler tacherons) offraient des scénarios délirants défendus par des acteurs obstinés. Ils n’auront sans doute jamais l’opportunité de parler de leurs œuvres sur des DVD garnis de bonus promotionnels et d’autosatisfaction béate. Mais, heureusement, il reste des compagnies comme Bach Films (et aussi quelques autres comme Neo Publishing, Uncut, CTV ou Wild Side, entre autres) pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à ces petits trésors. Et quelques magasines et fanzine décidés à continuer le combat...
Pour que vive encore la légende du cinéma Bis !

Fred Pizzoferrato
(Remerciements à Patrice, de Bach Films pour sa disponibilité et sa gentillesse

NB Quasiment tous les films cités ont été chroniqués sur ce site dans les rubriques "DVD" ou "Cinéma bis"...





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