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  Sommaire - Livres -  A - F -  Polgara la Sorcièce




"Polgara la Sorcièce"
de
David & Leigh Eddings

Editeur :
Pocket (6 mars 2003)
 

"Polgara la Sorcièce"
de David & Leigh Eddings



08/10


Continuant son cycle de préludes, qu’ils avaient débutés avec " Belgarath le Sorcier ", David et Leigh Eddings nous racontent cette fois-ci la vie de Polgara la Sorcière, depuis sa naissance jusqu’à l’avènement du Tueur de Dieu. La famille de Polgara est composée de sorte de héros (au sens de la mythologie grecque), tous des sorciers immortels aux pouvoirs extraordinaires, qui font la médiation entre les dieux et les humains normaux.


Le récit couvre les plusieurs milliers d’années de la vie de Polgara, ce qui permet aux auteurs de retracer une bonne partie de l’histoire de leur univers médiéval fantastique. Une guerre terrible fait rage entre les dieux, sous l’œil vigilant de la Destinée. Les dieux ne pouvants intervenir directement la plupart du temps, ils utilisent leurs champions pour mener la lutte à leurs places.


Le dieu maléfique Torak tente pour sa part d’étendre sa domination sur le monde, sans compter qu’il voudrait faire de Polgara son épouse...


Le roman est une gigantesque saga familiale, qui suit différentes générations de la famille d’humains qui donnera naissance finalement au Tueur de Dieu, dont on sait qu’il jouera un rôle majeur dans la Guerre des Dieux. Cette famille est placée par Aldur, le dieu du Bien, sous la protection de Polgara, car il est évident que les forces du mal feront tout pour empêcher la naissance du Tueur de Dieu et qu’éliminer son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père est une méthode très efficace pour atteindre ce but.


La lignée prend de plus son origine chez Beldaran, la sœur mortelle de Polgara. Elle ne fait donc que protéger son neveu sur la Xième génération. La force du roman de David et Leigh Eddings est véritablement la vivacité des dialogues et l’humour de la narration. La construction du récit est extrêmement bien faite et il n’est pas difficile de suivre les nombreux personnages qui y apparaissent aux rythmes des générations


Du côté des aspects négatifs, nous pouvons mentionner le fait que le roman ne soit finalement qu’une suite d’anecdotes : Polgara fait cela au 5ième siècle, elle fait ceci au 13ième siècle, puis ça au 24ième siècle et ainsi de suite sur 1000 pages. Si toutes les intrigues ont trait à la protection de la lignée qui donnera naissance au Tueur de Dieu, les intrigues sont logiquement (elles se situent à des siècles et des générations d’intervalle) très indépendantes les unes des autres.


Cela s’ajoute au fait que, si le lecteur n’a pas lu les autres romans de la saga, il ne voit pas très bien où tout cela va nous mener. Les personnages sont tellement puissants que le lecteur ne s’inquiète pas pour eux, en tout cas tant que le dieu Torak lui-même ne s’en mêle pas (et encore, il à l’air tellement fou, pour ne pas dire tellement c.., que même là on fait confiance aux héros pour s’en sortir sans trop de problèmes). Du point de vue de la construction de l’univers, le monde qui nous est présenté par David et Leigh Eddings n’évolue pas du tout en 4000 ans, ce qui paraît un peu tiré par les cheveux quant nous comparons l’évolution de l’humanité sur la même durée. La science et la technologie ne se développent pas. Pire encore, l’organisation géopolitique est relativement stable. Elle évolue un petit peu avec les actions des héros, mais à peine ! En 4000 ans, le continent garde grosso modo les mêmes pays, avec les mêmes régimes monarchiques. L’aspect non évolutif de l’univers sur des durées aussi longues nous parait vraiment peu crédible, et ce même dans un univers médiéval fantastique. Mis à part ces quelques remarques, " Polgara la Sorière " est un excellent roman, très divertissant, que l’on a énormément de plaisir à lire. Les joueurs de " Donjon & Dragons " peuvent l’utiliser comme source d’inspiration pour des intrigues avec des personnages de très hauts niveaux (20 et plus).


Polgara la Sorière (2 tomes), David et Leigh Eddings, Pocket Fantasy n° 5676 et 5717, traduction : Dominique Haas, 597 et 540 p..


Jean-Michel Abrassart







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