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  Sommaire - Films -  S - Z -  The Constant Gardener


"The Constant Gardener" de Fernando Meirelles

 

Sortie en France ?
Avec Ralph Fiennes, Rachel Weisz

3 sur 5

Avec « The Constant Gardener », le Directeur brésilien Fernando Meirelles (City of God) nous montre sans discussion possible l’avarice et le côté « Profit même au détriment de vies humaines » des grosses Compagnies pharmaceutiques.... C’est un film politique, un film dérangeant mais aussi un film qui ouvre la porte aux discussions et débats. C’est également une très belle histoire d’amour.

Justin Quayle (Ralph Fiennes) un diplomate anglais en poste au Kenya, préfère - et de beaucoup - s’occuper amoureusement des fleurs de son jardin, que répondre aux questions quelque peu agressives de Tessa Abbott (Rachel Weisz), une jeune activiste qui est convaincue que le Gouvernement Anglais, - par l’intermédiaire du Responsable du Foreign Office Sir Bernard Pellegrin (Bill Nighy) et de la « british High Commission » en Afrique, - s’est étroitement associé avec l’une des plus importante entité pharmaceutique afin d’expérimenter, sur les Africains, de nouvelles drogues combattant le SIDA. Ils leur servent, ainsi à moindre coût, de rats de laboratoire, et ne tiennent pas compte des effets secondaires amenant à une mortalité extrêmement importante.

Fasciné par la personnalité de Tessa qui est son complet opposée, Justin en tombe follement amoureux et l’épouse non sans que Tessa lui ait demandé un agrément tacite : Il devra fermer les yeux sur ses activités militantes, mais....

Lorsqu’elle est brutalement assassinée et que son assassinat est maquillé en accident de voiture, il décide de suivre ses traces et de découvrir ce qui lui est réellement arrivé... et c’est ainsi que le timide et effacé fonctionnaire sans histoire va risquer sa carrière et même sa vie afin de révéler au Monde la conspiration politique qui a coûté la vie à la femme qu’il aimait passionnément.

Tire d’un roman du célèbre John Le Carré, « The Constant Gardener » nous emmène à Londres, Berlin et Nairobi dans une série de flash-back et de « bonds en avant » afin d’accentuer le suspense dramatique et de nous impliquer émotionnellement dans cette romance passionnée. Suspense qui se construit doucement tandis que le film se déroule et, le danger est bien plus vrai, plus palpable, la menace bien plus angoissante que Justin avance dans sa quête.

L’alchimie entre Ralph Fiennes et Rachel Weisz est palpable et nous acceptons sans nous poser de question tellement, c’est évident, l’union de ces deux personnalités diamétralement opposées : Rachel Weisz dans le rôle d’une femme qui a besoin d’une ancre, d’un point d’attache (et son mari le lui fournit) et Ralph Fiennes en « polissé », civilisé (presque trop) gentleman britannique.

Je pense qu’afin de nous faire ressentir plus profondément les différents climats, le directeur a overexposé certaines scènes et ainsi accentué délibérément certaines couleurs. En Afrique oú le soleil est à son apogée les rouges et jaunes sont particulièrement présents, tandis qu’à Londres ou Berlin ce sont les verts... (On aime ou l’on n’aime pas mais c’est une manière de nous impliquer directement dans le métrage).

Ralph Fiennes nous donne ici une brutale et tendre performance à l’aspect poignant. La façon dont il parle, dont il bouge nous démontre un homme qui a le cœur brisé mais qui le cache avec pudeur et il se sent coupable de ne pas avoir vu venir le drame. C’est son amour pour Tessa et sa mort qui lui ouvrent les yeux et vont changer complètement sa vie. Il réalise alors qu’il ne peut plus se contenter de se mettre des oeillères sur les atrocités de la vie sans lever ne serait-ce qu’un petit doigt.

Rachel Weisz nous offre ici et de loin la meilleure performance qu’elle n’ait jamais faite. Elle est vibrante et il serait intéressant de voir si les professionnels d’Hollywood vont enfin reconnaître son talent et la nomminer.

Vous ne sortez pas de la salle gai comme un pinson mais avec, au contraire un goût d’amertume dans la bouche car la réalité, parfois, n’est pas très jolie à regarder : des organisations avec d’énormes ressources et un pouvoir économique important qui pensent que ce n ‘est rien de tester de nouvelles drogues sur les pauvres nations du tiers monde.

Au final : que vous aimiez ou haïssiez ce film, le plus important est qu’il générera des débats, débouchera sur des discussions, ouvrira des yeux, créant un dialogue qui mènera peut être à des actions. Il n’y a pas des quantités de films qui restent ainsi dans la mémoire après avoir quitté la salle. « The Constant Gardener » est de ceux là ... Vous y penserez encore des jours après l’avoir vu.

Andrée Cormier



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