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  Sommaire - Interviews -  Heather Graham


Interview de Heather Graham
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Dernier ajout : samedi 10 avril 2004

"Heather Graham"

La première fois qu’Heather Graham a attiré le regard des amateurs de cinéma, c’est sans doute pour son rôle de “RollerGirl” dans Boogie Nights. Elle y jouait à la perfection une starlette du porno des années soixante-dix qui ne quittait jamais ses patins à roulettes. Vraiment jamais... Depuis, la petite Heather a fait du chemin, s’est coltinée Austin Power dans L’Espion qui m’a tirée et a défrayé la chronique hollywoodienne de ses amours tumultueuses (un passage presque obligé pour une actrice de moins de trente ans...). Aujourd’hui, elle le dit elle-même, elle a envie d’autre chose... Surtout de sortir de ce rôle de blonde-sexy-un-peu-cruche qui lui colle à la peau. Dans From Hell, elle joue les prostituées londoniennes de bas étage... ! Mission accomplie donc. La jolie dame nous en parle...


Si Johnny Depp nous confirme son attirance pour la graphic novel d’Alan Moore à l’origine de From Hell, Heather Graham elle s’arrête plutôt sur la qualité d’écriture du scénario. “J’ai beaucoup aimé le script, dès le départ... Et les personnages. L’histoire était bien écrite et le mystère se dévoilait peu à peu... De plus From Hell développe une théorie intéressante sur l’identité de Jack l’Éventreur.”. La théorie d’un complot à un niveau supérieur de la société londonienne qui ne rend que plus criante encore la différence de classe entre ces malheureux qui vivent dans les rues de Whitechapel et les riches bourgeois qui viennent s’encanailler avec des femmes de “mauvaise vie”. “Une situation particulièrement bien décrite dans le scénario, poursuit Graham. Il y avait toutes ces descriptions des gens qui mourraient de faim et qui gagnaient juste quelques sous par jour. Ces femmes qui devaient d’abord payer leur emplacement et puis qui rendaient une grande partie de leur “paie” à leur maquereau avant d’aller se saouler pour essayer de tout oublier. Cela devait être terrible. Il ne s’agissait pas seulement de pauvres femmes esseulées. Il y avait des femmes mariées, des mères de famille qui avaient recours à ces pratiques pour subvenir aux moyens de leurs enfants”.


From Hell est un changement radical de registre pour la “poupée blonde” collée jadis, en salopette moulante, aux basques d’Austin Power. “Je voulais de ce changement. Je ne veux pas rester toute ma vie cataloguée. C’est... Pour moi ce rôle me fait penser à ceux qu’acceptait Meryl Streep à une certaine époque. C’est un changement total. Il fallait que je le fasse. Et si cela ne marche pas ? Et bien, dans le pire des cas, j’en souffrirais... Et puis le temps passera et les choses s’arrangeront. Mais c’est une expérience que je me devais de vivre”.


Et l’expérience avec Johnny Depp ? “Un enchantement. Il apporte tant de choses à son rôle, des tas de petits détails. Il était fasciné par l’histoire de Jack l’Éventreur, plus que moi encore. Et cela lui a permis de donner une telle profondeur à son personnage. Vous savez, c’est l’un des avantages de jouer un rôle dans un film basé sur des faits réels. Il est possible de se référer à toute une documentation, de faire des recherches approfondies. C’est à la fois rassurant... Et effrayant parce que l’on sait que l’on doit respecter une certaine rigueur historique.


Quand à l’aventure qui consiste à travailler avec deux metteurs en scène jumeaux, Heather Graham ne semble pas s’en émouvoir outre mesure. “Ils ont chacun leur manière de fonctionner... Ils sont drôles et professionnels à la fois. Les voir se chamailler sur le plateau pour savoir quelle décision prendre dans telle ou telle situation... C’était trop marrant. Johnny Depp disait toujours que nous étions en plein conseil de famille ! Pourtant, leur rôle sur le film est plutôt défini. Albert est le visionnaire, le spécialiste de la mise en place des plans, des mouvements de caméra, des éclairages. Il ne quittait presque jamais le directeur de la photographie. Par contre Allen, c’est le directeur d’acteurs. Lui était toujours à nos côtés en train de nous diriger, de nous donner des indications de mise en scène. Ils se complètent parfaitement... Et ils s’engueulent plutôt que d’engueuler les comédiens, ce qui est toujours intéressant !


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