SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No108
108
2
2
 
j
u
i
l
l
e
t
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   PD-AP  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Livres -  A - F -  Shéol



"Shéol"
de
Jean-Pierre Fontana

Editeur :
Eons Futurs
 

"Shéol"
de Jean-Pierre Fontana



10/10

Un peuple nomade fait d’hommes, de femmes et d’enfants, semble suivre sans but précis une ville bulle se déplaçant sur la surface d’un globe terrestre rescapé d’un holocauste atomique qui n’a laissé sur son passage que ruines et bandes de Mutants. Un homme du nom de Art se réveille un jour au plus bas niveau de cette ville et va partir dans une quête, mêlant exégèse biblique et Odyssée à la Grecque, en un monde où tout semble sur le point de disparaître, où la mécanique secrète de la ville-bulle semble échapper à ses résidents, tout comme les matériaux pour l’entretenir. En une société fonctionnant sur un mode communautaire totalitaire partagé entre deux castes, en gros les jouisseurs et les servants, Art va peu à peu prendre conscience de sa mission qui sera en même temps un but littéraire, celui de Jean-Pierre Fontana : faire éclater la métaphore et, au-delà, l’intime du processus de création littéraire. Ce qui fait de ce récit l’un des dix meilleurs textes de SF français de ces 20 dernières années.

Le Shéol comme métaphore de la résultante d’une conflagration de l’humanité.

Le monde d’en bas, le sous-monde, Shéol est la parabole hébraïque du fleuve tartare pour dire l’abandon des femmes et des hommes quand, la mort venue, ils se voient jetés dans un monde obscur d’où seul Dieu pourra les tirer. Si Fontana reprend cette belle image biblique c’est non pas pour s’enfoncer dans un prophétisme de base et ramener toute sa trame à une résurgence de la Bible dans une histoire post apocalyptique, mais plutôt pour donner cette chiquenaude bien particulière à une oeuvre, qui, au grée des pages, déploie ses ailes pour donner une succession de tableaux saisissants où les toiles d’un Turner vont se mêler à des personnages romanesques qu’une ancienne vie semble faire contempler au héros, Art, par bribes. Fontana a cela de génial qu’il parvient au moyen de sa prose à accoucher d’un mythe impersonnel, peut-être celui d’un nouveau Moïse, qui est en fait une véritable machine à faire des archétypes. Il parvient tout simplement à emboîter son histoire dans une succession ininterrompue de contextes, de "temporalités", d’identités, qui participent tous d’une oeuvre d’art totale. Mystique, sonore et philosophique, l’histoire qui en résulte sur fond de monde peuplé de mutants, est une remarquable mise en scène de notre futur sans Dieu, ou quand la mémoire n’est plus que l’unique relais à notre rupture d’avec un passé mis entre guillemets. Subtile, incisif et beau, ce roman est une Odyssée de la raison au pays du prophétisme qui en est son coeur, justifiant par là même l’ordonnée et l’abscisse d’un schéma qui se nommerait alliance. Mais d’une alliance qui est à la fois Art comme individualité et Art comme monde en attente.

Une science-fiction philosophique dont le lecteur n’aura de cesse de chercher toutes les solutions et en même temps se questionner lui-même. Un chef d’oeuvre !

La comète de Lucifer
Brian Stableford
10/10

Brillante variation sur le thème de celui qui devient mythe, cette histoire nous met en scène un jeune homme dont le nom ne sera pas sans conséquence quand dans le ciel surgit le météore de toutes les angoisses, mais une attente chez lui.

Brian Stableford ou le grand fabuliste, quand la Bible n’est qu’un éternel recommencement.........

Shéol, Jean-Pierre Fontana, La Comète de Lucifer,Brian Stableford, traduit de l’anglais par Paul Alary, Eons Futurs, 258 pages, 15.70 €.






Retour au sommaire