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  Sommaire - Films -  M - R -  Profession profiler (Mindhunters)


"Profession profiler (Mindhunters)" de Renny Harlin

 

Avec Christian Slater, Val Kilmer, LL Cool J.
Distribué par Gaumont Columbia Films.
Sortie le 6 Juillet 2005.
105 mn.
Note : 6/10.

Il est loin le temps où Renny Harlin avait la cote à Hollywood. Venu de Finlande, réalisateur d’une série B d’action, « Frontière interdite » qui lui ouvrit une petite porte dans le Fantastique avec le très bon « Prison » (avec un autre inconnu à l’époque, Viggo Mortensen, prisonnier luttant pour sa vie contre le spectre vindicatif d’un condamné injustement exécuté) que suivit le quatrième chapitre (et un des moins bons, du moins sur un plan scénaristique) de « Nightmare on Elm Street : Dream Master », célèbre pour sa séquence de la pizza aux têtes humaines en guise d’olives, c’est grâce à ce dernier que le géant nordique hérite de « 58 minutes pour vivre », suite efficace mais très classique du chef d’œuvre de John Mc Tiernan, « Piège de cristal ». Après une parodie de polar avec le vulgaire Andrew Dice Clay, « Les aventures de Ford Fairlane », qui se vautre au box-office (et aujourd’hui qui est devenu culte !), Harlin renoue avec le succès, relançant aussi la carrière de Stallone avec « Cliffhanger ». Là, le Finlandais ne se sent plus, et il veut plus, encore plus, lui qui a déjà cette réputation. Et c’est le début de la fin : « L’île aux pirates », loin d’être aussi mauvais qu’on ne le dit, explose son budget, met Carolco sur la paille et se plante commercialement. Pas grave, Harlin récidive avec par contre ce qu’on peut considérer comme son chef- d’œuvre, l’épatant « Au revoir à jamais ». Mais qui ne rencontre pas le succès escompté. Tout comme le pourtant très bon et spectaculaire (au budget une fois de plus dépassé !) « Peur bleue » et ses requins surdoués. Suivra le navrant « Driven » sur les courses automobiles et là, la carrière de Harlin sent le roussi. En 2004, on le retrouve aux commandes de « L’exorciste : au commencement » qui en tant que série B horrifique n’est pas si déshonorante que ça. Il faut dire aussi que chaque film d’Harlin est au moins sauvé par sa vision très sadique de la violence, élément qu’on peut retrouver dans une mise en scène adéquate. Bon, et avant ce dernier travail, en 2003 à peu près, Renny Harlin avait terminé « Mindhunters » (« Profession profiler » en vf, que beaucoup ont téléchargé sur le net à l’époque, via le site personnel de Renny (http://www.rennyharlin.com, allez-, ça vaut le détour !) qui finalement sort en salles et ô bonheur, en version « director’s cut » de Renny Harlin. Ce n’est pas pour ça que c’est aussi un chef- d’œuvre, hein !
Envoyés pour leur entraînement sur une île déserte, servant occasionnellement de base militaire, 7 profilers du FBI voient soudain le jeu se transformer en cauchemar quand ils découvrent qu’un vrai serial-killer cherche à les éliminer un par un.
Et voilà, vous savez tout de cette version moderne des « 10 petits nègres ». Et force est d’admettre qu’on comprend un peu pourquoi le film est resté si longtemps inédit. Malgré un casting de « tronches » pas croyables, « Mindhunters » est bourré d’invraisemblances, trop long, le film ne prenant son intérêt que lors des mises à mort orchestrées par un Harlin en pleine forme, comprenez très sadique. Avec lui, « Sin City » était interdit aux moins de 18 ans ! Autrement, on se fiche rapidement de l’intrigue, on joue seulement au jeu consistant qui va mourir et de quelle manière. Tout cela est fort agréable lors d’un après-midi pluvieux mais force est d’admettre qu’autrement, ce n’est pas le blockbuster tant annoncé par un Renny Harlin qui met ici un autre titre modeste à sa filmographie, ce qui ne l’empêche pas de tourner, à la surprise générale : on vient de lui confier une quarantaine de millions de dollars (qu’il va gonfler, c’est certain !) pour une histoire de loups-garous sur la lune ! Croyez-le ou non, mais notre déviance fait qu’on est un tantinet impatient de voir le résultat !

Stéphane Thiellement



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