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  Sommaire - Films -  A - F -  Batman Begins


"Batman Begins" de Christopher Nolan

 

La critique du film par Marc Sessego sera disponible dans Sfmag N° 44 disponible en kiosque le 1er juillet.
Ne le manquez pas !

Et il contient bien d’autres choses encore. Sfmag est de retour.

Les abonnés seront servis normalement.

En attendant voici celle d’Andrée Cormier

BATMAN BEGINS

Avec « Batman Begins » le réalisateur Christopher Nolan (Mémento) signe un film fascinant, sombre et réaliste mais, tel le phoenix renaissant de ses cendres, le retour aux origines du super héros lui donne ici un nouvel envol et la franchise est de nouveau en selle pour, nous l’espérons, de nombreuses années... Et, pour la première fois depuis bien longtemps nous sommes impatients d’avoir LA SUITE des aventures de l’homme chauve-souris...

Nolan a vigoureusement « éjecté » les excès de ses prédécesseurs centrant l’histoire sur Batman lui-même et non sur des vilains plus colorés les uns que les autres et aidé par l’écrivain David S. Goyer (Dark City, Blade) nous sert une histoire sérieuse plongeant directement dans les racines de la célèbre bande dessinée.

Derrière le célèbre masque de « l’Homme Chauve-Souris » Christian Bale que nous avons pu voir dans « l’Empire du Soleil » de Steven Spielberg, « American Psycho » ou encore « Le Règne du Feu » a parfaitement compris la dimension du héros qu’il incarne : Bruce Wayne est un fanatique, un schizophrène qui, pour les transformer en forces bénéfiques, doit canaliser sa haine, sa rage, ses instincts de vengeance : toutes ces émotions négatives afin de donner naissance à Batman ! C’est bien le meilleur Batman qu’on ait vu jusqu’à ce jour. Il fait un superbe et menaçant vengeur masqué et on peut même dire qu’il surpasse Michael Keaton qui avait donné à Batman ses lettres de noblesse dans le Batman de Tim Burton en 1989. (Je ne parlerai pas ici des regrettables films qui ont suivi car pour moi on aurait dû interdire à Joël Schumacher de toucher à Batman).

Dans un retour aux sources présenté avec tact et sobriété, Nolan définit le moment où le jeune milliardaire Bruce Wayne voit, sous ses yeux horrifiés, un criminel tuer ses parents dans une ruelle sombre de Gotham City et, pour la première fois, nous ressentons profondément le traumatisme qu’est pour un enfant de 9 ans la perte de sa famille et, plus particulièrement du père qu’il aimait et admirait tant (rôle joué merveilleusement bien par Linus Roache). Dorénavant commence pour Bruce la lente et longue découverte de lui-même à travers sa haine et son sentiment destructeur de culpabilité : Nous sommes malheureux pour lui, le comprenons et l’accompagnons dans sa recherche de Rédemption.

Ce que Nolan fait ressortir bien mieux que tous les autres directeurs c’est que sans Batman, Bruce Wayne est juste un riche cinglé qui a des illusions de grandeurs et de justice mais sans son alter ego il est juste un glacial super héros sans humanité, un vengeur sans conscience : l’un est donc nécessaire à l’autre... et ce que Christian Bale - contrairement à Michael Keaton - amène sans effort, c’est cette touche aristocratique que nous appellerons « morgue et nonchalance » de Bruce Wayne et qui est la complémentarité indispensable à l’obsessive mégalomanie de Batman.

Concernant les acteurs : c’est un casting de rêve car après, bien sur Christian Bale, nous avons Gary Oldman en Lieutenant Gordon (et futur Commissaire). Il a le rôle parfait en flic écoeuré de la montée de la criminalité à Gotham City mais qui a les mains liés et attend patiemment qu’on lui donne enfin l’opportunité de faire régner l’ordre et la justice ! Michael Caine quant à lui a tranquillement pris possession, avec brio, du rôle d’Alfred auquel il donne toute sa puissance, il est le loyal et fidèle majordome qui remplace auprès de Bruce son père si tôt disparu et croyez moi, Alfred n’a jamais été aussi important que dans ce film. Liam Neeson et Ken Watanabe en responsable d’une Société Secrète combattant la corruption de manière brutale et définitive. Cillian Murphy en Dr Jonathan Crane et son effrayant double « L’Epouvantail ». Rutger Hauer en homme d’affaires rapace desireux de prendre le contrôle des entreprises Wayne. Tom Wilkinson en patron de la mafia de Gotham City : Tous ici sont parfaitement et merveilleusement bien castés : Une légère critique pourtant , le choix de Katie Holmes en amie d’enfance de Bruce et en très honnête district attorney : Elle semble vraiment très jeune - trop jeune - pour avoir un poste aussi important et bien qu’elle joue parfaitement son rôle l’apparence physique est incontournable. Morgan Freeman est également et absolument excellent en Lucius Fox, le scientifique et ami du père de Bruce, génie du gadget et qui équipera Batman avec les produits directement sortis des entreprises Wayne. Il est la réplique de ce que Q est à James Bond et c’est un régal.

C’est ainsi que Lucius sans poser de questions, fournit à Bruce la fameuse batmobile, prototype à usage militaire appelé par l’Entreprise Wayne « Le Gobelet », qui avait été créée pour faciliter les déplacements d’hommes et de matériel au dessus de l’eau ou de vastes espaces. Elle combine les fonctions et les protections d’un tank tout en ayant la finesse et la conduite d’une voiture de sport avec, bien sûr, un turbo ! Elle deviendra une puissante arme entre les mains de Batman car n’oublions pas que Batman est un héros humain et n’a aucun super pouvoir !

Une rareté : Pour « Batman Begins » deux célèbres compositeurs en ont crée la musique : Hans Zimmer et James Newton Howard : Le résultat est .... étonnant mais ne laisse pas indiffèrent.

Ce film est sans aucun doute le plus dense qui n’ait jamais été fait en partant d’une bande dessinée et deux séquences m’ont particulièrement enchantée : Celle où nous découvrons la batcave avec Bruce qui désirant faire face à sa peur est debout, dans une lumière glauque et fantomatique, entouré par des milliers de tournoyantes chauves-souris et, la seconde, lorsque debout sur la pointe d’un building Batman veille sur le sommeil des habitants de Gotham City : C’est beau ! et là, les images de la bande dessinée nous rattrapent de plein fouet.

Nous voilà enfin revenus à la vision originale de Bob Kane lorsqu’il créa ce légendaire héros aussi, merci Mr Nolan car Batman a retrouvé ses racines. Merci aussi à Christian Bale et à tous ceux qui travaillèrent sur ce film car, pour moi, BATMAN FINALEMENT COMMENCE ICI !

Andrée Cormier



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