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  Sommaire - Films -  S - Z -  Saw


"Saw" de James Wan

 

Réal. :
Scén. : Leigh Whannell sur une histoire de L. Whannell & James Wan
Avec : Danny Glover, Monica Potter, Cary Elwes, Leigh Whannell.
Distribué par Metropolitan Filmexport.
104 mn.
Sortie le 16 Mars 2005.

Prix Spécial du Jury & Prix du Jury Jeunes Festival de Gerardmer Fantastic’Arts 2005.

Note : 9/10.

Voici le film qui aurait du avoir le Grand Prix à Gerardmer cette année. Un premier petit film signé par deux fondus de cinéma, un choc comme il en existe de temps en temps dans le Fantastique, une histoire qui serait au croisement de Usual suspects et Seven, excusez du peu !
Deux hommes se réveillent sur le sol d’une salle de bains des plus vétustes, chacun enchaîné à un coin opposé. Entre eux deux, un cadavre et un petit magnétophone. Une cassette trouvée dans leur poche leur apprend qu’ils doivent trouver une clé et que l’un doit tuer l’autre pour s’en sortir vivant. Pour l’un des deux hommes, il s’agit d’un nouveau meurtre abominable d’un serial killer aux méthodes extrêmes contraignant ses victimes quasiment à se tuer elles-même si elles ne veulent pas mourir de manière plus cauchemardesque. Les deux hommes n’ont que quelques heures avant de mourir définitivement, quelques heures où les pièces d’un puzzle macabre et cauchemardesque vont se mettre en place pour révéler une solution bien pire...
Pourquoi Usual suspects et Seven ? Le premier pour la similitude d’un scénario alambiqué à l’extrême ou chaque retournement révèle un morceau de vérité sans pour autant mettre ne serait-ce qu’une seconde sur la voie du coup de théatre final. Seven pour les motivations du tueur : celui de Saw tue avec une certaine raison qui ne peut complètement le transformer en un simple psychopathe de plus. Tout comme John Doe (Kevin Spacey) dans Seven, il agit ici en tant qu’instigateur de châtiments pour les pires défauts de la race humaine. Une sorte de rétribution fatale pour ceux qui se plaignent là où il n’y a pas lieu d’être. Et c’est en nous plaçant comme juge et bourreau qu’éventuellement, le film peut avoir une petite note contestable dans cette mécanique quasiment parfaitement huilée. Quasiment car il y a quelques menus défauts de logique quand arrive le coup de théâtre, comme toujours, le côté « on cherche la petite bête » incontournable dans une telle histoire. Disons que là par contre, on n’est pas aussi infaillible que dans Usual suspects. Paradoxalement, Saw compense ces petites faiblesses par une grande roublardise qui fait mieux passer la pilule. Maintenant, si il devait y avoir un défaut majeur à Saw, il vient de sa direction d’acteurs : Cary Elwes (le prince blondin de Princess Bride) gagne la palme de l’acteur qui joue comme une savate, et on a connu Danny Glover en meilleure forme. Vu que ce sont eux les noms les plus connus du film, ça fout un peu mal. Mais bon, l’intérêt du film étant quand même ailleurs, l’histoire étant machiavélique au possible, l’horreur aussi poisseuse parfois que dans Seven (aller chercher une clé de cadenas dans l’estomac d’un type encore vivant, dans le genre, c’est gratiné !) et James Wan montrant pour un premier film une certaine maîtrise quant à la narration de son intrigue, à son climax et à son rythme, tout cela fait de Saw un film coup de poing qui vous scotche littéralement jusqu’à la dernière image. C’est une révélation, un futur classique du renouveau du fantastique horrifique dans le cinéma. Un film parfait pour un Grand Prix d’un Festival du Film Fantastique mais bon, ça c’est une autre histoire.

St. THIELLEMENT



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