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  Sommaire - Films -  S - Z -  The Jacket


"The Jacket" de John Maybury

 

Date de sortie : 24 août 2005

Avec Adrien Brody, Keira Knightley, Jennifer Jason Leigh

Une interview de l’acteur et du réalisateur dans le Sfmag numéro 45 disponible en kiosque fin aôut 2005

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"The Jacket" est le dernier film sorti de la compagnie de production créée par Georges Clooney et Steven Soderbergh : “Section 8”. Un casting impressionnant, un tout nouveau réalisateur à Hollywood mais qui a déjà derrière lui 25 ans de mise en scène en Angleterre, et surtout, un scénario “casse gueule” sur l’approche du voyage dans le temps : l’on n’avait pas vu cela depuis longtemps.

Un vétéran de la guerre du golfe Jack Starks (Adrien Brody) revient dans son Vermont natal souffrant d’amnésie....

Accusé de meurtre, il atterrit dans un asile d’aliénés où un docteur “très attentionné” décide de le soumettre à une série d’expériences avec des drogues, le flanque dans une camisole de force et l’enferme tout droit dans l’un des tiroirs de la morgue. Résultat, une chose incroyable se produit : Ce procédé barbare va lui permettre de voyager dans le futur et il comprend qu’il va mourir quelques 4 jours après. Durant ce voyage, il fait la connaissance de Jackie (Keira Knightley), une jeune femme dont il va s’éprendre et nos deux héros vont tout faire pour empêcher la mort de Jack.

“The jacket” est un film à l’originalité surprenante tellement il mixe habilement les ravages de la guerre, les expériences médicales et le voyage dans le Temps. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir mais c’est un peu le résumé. Certains diront que le film rappelle “l’effet papillon" au niveau du montage et de la bande sonore, surtout dans les scènes de voyage dans le temps mais ce serait juger vis-à-vis d’aléas techniques.

Le métrage possède un script subtil, les personnages sont très bien présentés et il aborde de tres nombreux thèmes pendant un centaine de minutes. Ce qui semble être au départ comme un remake de “vol au dessus d’un nid de coucous” ou d’autres films psychologiques nous entraîne vite dans un récit à travers le temps pour le moins mystérieux et fou.

Ce qui fait d’un certain point de vue son originalité c’est la prise en compte positive d’un futur où nôtre héros semble avoir un moyen de changer les événements pour les rendre meilleurs. Passant de 1992 à 2007 il va revoir, dans le futur, les personnes de son passé et va tres vite s’apercevoir que les choses, hélas, n‘ont pas évolué dans le bon sens. Peut il alors changer les choses et comment peut il le faire ??. Je n’irai pas plus loin.....................

John Maybury signe donc ici un film résolument original et aux antipodes de la production hollywoodienne. On ne peut que saluer le choix des scripts préférés et tournés par Clooney et Soderbergh. Ils se sont permis un casting pour le moins sensationnel mais pas de méga star dont le salaire servirait à tourner un film en son entier.

Adrien Brody, le désormais célèbre “pianiste” de Polanski, total antihéros nous donne une prestation à couper le souffle. Keira Knightley (pirates des caraïbes, le roi Arthur) qui cette fois casse totalement son image (vous verrez) nous offre ici une excellente démonstration de son talent. Daniel Craig (Tomb Raider, les sentiers de la perdition) joue un rôle court mais fantastiquement interprété et une pléiade de comédiens tels Kris Kristofferson, Jennifer Jason Leigh, Kelly Lynch, Brad Renfro, tous plus excellents les uns que les autres servent ce script pour le moins mémorable.

Au niveau de sa mise en scène, John Maybury - comme beaucoup d’autres directeurs - utilise ici le CinémaScope pour donner toute l’ampleur visuelle possible au film ce qui permet ainsi d’amplifier certaines choses telle que la claustrophobie du personnage par exemple. Dès les premiers instants, lorsque Jack se retrouve dans cette morgue et ce tiroir, on ne peut que penser à Uma Thurman dans "Kill Bill 2" et on ressent peut être encore plus l’horreur psychologique que le personnage subit. Je suis - personnellement - pour l’utilisation technique du Scope dans les films quel qu’en soit le sujet et “The jacket” en est encore le parfait exemple. Le champ large offre tellement de possibilités et ajoute tellement à la narration qu’il permet de faire apparaître beaucoup plus de choses.

Au niveau sonore, dès le générique on est plongé dans les horreurs d’un champ de batailles et la bande son jouera un trés important rôle dans le métrage. Elle fait partie intégrante de l’histoire, est parfois “coup de poing“, et donne quelques instants chocs lors du voyage dans le temps. On ne pourra, d’ailleurs, rater l’analogie sonore avec "l’effet papillon" mais encore une fois il n’existe pas 36 moyens de montrer certaines choses. Techniquement, lorsque vous irez le voir, préférez une salle équipée en dolby digital ou DTS pour un impact total tellement le son s’intègre à l’image.

En conclusion : Une oeuvre déroutante, aux multiples thèmes, certainement pas votre film du samedi soir mais un film tres “réel”, et qui se sert d’un script et du fameux concept du voyage dans le temps (oh combien fascinant depuis la nuit de temps) avec une histoire résolument forte, voir “horrible” mais qui sert son sujet. J’ai particulièrement adoré le plan séquence final qui, même si facile en soi, donne un bouffée d’air frais et d’optimisme : visuellement il allie beauté et poésie pour nous délivrer, au final, un message d’optimisme.

Peut on rendre le monde meilleur ? peut être, mais à quel prix ??.

Endossez "The jacket", Jack Starks va vous en faire partager l’aventure.

Marc Sessego
Correction Andrée Cormier



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