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  Sommaire - Films -  S - Z -  Trouble jeu


"Trouble jeu" de John Polson

 

(Hide and seek)

Avec : Robert De Niro, Dakota Fanning, Famke Janssen, Elisabeth Shue.
Distribué par 20th Century Fox.
96 mn.
Sortie le 23 Février 2005.

Note : 7/10.

Le « terrifiant suspense psychologique » est de retour. Sous cette obscure dénomination se cachent pas mal de navets, quelques chefs d’œuvre (mais alors, vraiment pas beaucoup) et pas mal de bons films. Alors, à la surprise générale, on s’attendait au pire avec Trouble jeu, et il s’avère qu’au bout du compte, ce n’est pas si mal que ça...

En plein milieu de la nuit, alors que seulement quelques heures auparavant, sa mère est venue lui souhaiter de faire de beaux rêves, la petite Emily est réveillée par les cris de son père. Elle le découvre effondré au pied de la baignoire dans laquelle flotte le cadavre de sa mère qui vient de se suicider. Depuis, Emily ne parle que très peu. Pour lui faire redécouvrir le goût de vivre, David, son père décide un déménagement de New-York vers une maison perdue au fond des bois du Connecticut. Et peu après, David découvre qu’Emily a un nouvel ami, invisible, imaginaire, Charlie. Et c’est le lent début vers le plus noir des cauchemars qui attend le père et la fillette.
OK, on a déjà eu ce genre d’histoires avec traumatisme psychologique, ombres dans le noir, messages étranges perpétrés par un « esprit », le tout tournant autour d’un enfant qui finalement se révèle maléfique, ou schizophrène, un truc dans ce goût-là. Trouble jeu brouille un peu plus les cartes sans s’écarter cependant du schéma classique du genre. Pourtant, quand on en vient à supposer l’impensable quant à qui est ce Charlie (fausses et vraies pistes, possession, fantôme d’un enfant assassiné donc pompant allègrement L’enfant du diable, une des références avec le sublime et ultra terrifiant Ne vous retournez pas, etc... le choix est vaste !), on se surprend à y croire.
Paradoxalement, la raison d ‘existence de Charlie est tout de même bien mince (si cela arrivait à chaque fois que... Dans quel enfer on vivrait !). Mais passé cet écueil, Trouble jeu prend une dimension à la limite du dérangeant surtout en ce qui concerne le personnage d’Emily (remarquablement bien joué par Dakota Fanning, une gosse surdouée, vue dans Sam, je suis Sam, et dernièrement Man on fire, elle est incroyable !) dont on sait que les séquelles seront plus graves qu’on ne le redoute. Et c’est sur la toute fin que Trouble jeu livre sa meilleure scène, avec un épilogue carrément glacial, implacable, horrible. Et en fin de compte, c’est surtout sur ce chapitre lié à l’enfance que Trouble jeu se révèle le plus réussi, même si l’ancien acteur devenu réalisateur John Polson (son précédent film, Swimfan, était aussi un suspense psychologique mais carrément très mauvais) s’en sort plutôt bien, un autre talent derrière la caméra aurait poussé le malaise encore plus loin. Et si on devait terminer sur un autre point positif, même si De Niro ne livre pas une performance à la hauteur de son talent, il se montre meilleur que prévu, autre surprise agréable quand on sait que l’acteur surjoue facilement au point de faire du « De Niro » et non plus d’endosser la peau de son personnage. Mais il ne faut pas aller voir Trouble jeu (quel titre idiot au passage !) pour lui, ce serait passer à côté d’un « suspense terrifiant psychologique » dans la bonne moyenne du genre.

Stéphane Thiellement



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