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Scénario : Ernest Riora & Johannes Roberts
Avec : Troy Kotsur, Jessica Alexander, Johny Sequoyah, Vctoria Wyant, Gia Hunter.
Distribué par Paramount France
89 mn - Sortie le 21 Janvier 2026 - Note : 9/10
2025 a été un très bon crû en cinéma fantastique et horrifique, avec « Dangerous Animals », « Substitution », « Marche ou crève », « Final Destination 6 » et la bonne nouvelle, c’est que 2026 démarre sur les chapeaux de roues avec un shocker horrifique percutant, intelligent, soigné, bref une excellente surprise qu’on n’attendait pas aboutie à ce point-là.
Sur une des îles d’Hawaii, Lucy rentre chez elle, avec des amis pour quelques jours de vacances. Son père est un écrivain célèbre qui accepte de lui laisser la somptueuse demeure située en bord de falaise pour profiter de repos et de fêtes, en compagnie de sa sœur et de Ben, un chimpanzé apprivoisé recueilli par sa mère anthropologue, décédée, mais qui a réussi à en faire presque un membre de la famille. Sauf que Ben a été mordu par une mangouste atteinte de la rage, et qui peut encore exceptionnellement exister, même à Hawaii. Et le séjour idyllique va se transformer en un cauchemar, une lutte pour la survie face à un animal complètement fou et huit fois plus fort qu’un humain.
Un film d’horreur avec un singe, on pense immédiatement à « Link » et « Incidents de parcours », deux mètres étalons du genre. Comment faire du neuf qui puisse rivaliser avec ces deux références ? En traitant le plus sérieusement possible et intelligemment du sujet créé. Comment penser qu’un animal avec qui on a grandi depuis des années peut oublier l’affection qu’on lui a porté, comment s’en méfier, pourquoi le craindre ? Un paradis terrestre – Hawaii -, une baraque située en un lieu sauvage, un chimpanzé domestiqué, humanisé, qui joue avec les enfants depuis qu’il est petit, mais tous ont oublié qu’il reste d’abord et avant tout un animal sauvage à la base, donner vie à des personnages qui veulent à tout prix survivre, qui ont des réactions sensées, le tout servi par un casting qui de prime abord peut faire peur – à part le père, Troy Kotsur, le père sourd de « Coda », l’excellent remake du fadouille « Famille Bélier », pour lequel il obtint l’Oscar – avant de gagner en réalisme, et surtout co-écrit par un cinéaste qui jusqu’ici a toujours œuvré dans le fantastique mais avec des séries B proches du Z à ses débuts mais qui peu à peu se sont améliorées pour donner au moins un « 47 Meters Down : uncaged » réussi et peut-être la meilleure séquelle à ce jour de la pauvre saga « Resident Evil » avec « Bienvenue à Rancoon City » qui était riche en monstres de tous poils comme avant ! Ici, Roberts connait ses classiques, il veut faire peur, terrifier même et il réussit : quand Ben attaque, ce n’est pas hors champs, ce n’est pas une gerbe de sang sur un mur, c’est du carnage pur, la rage brute et sauvage. Et déjà isolés dans une habitation en bord de falaise, les protagonistes se voient obligés de rester dans la piscine pour échapper au primate, et ça fonctionne !
Inutile de dire que le cinéaste est vraiment impliqué et passionné dans son histoire, il joue avec maestria de tous les codes du genre – oui, on dirait un slasher et alors ? Quand c’est très bien mis en place, c’est complètement le but recherché, avoir peur, très peur ! -, tout est soigné, le gore est au rendez-vous, avec de purs moments de terreur dont une séquence utilisant la déficience physique de Troy Kotsur pour un jeu de chat et de la souris inédit.
Et pour couronner le tout, il faut également signaler qu’une des clefs du genre tient également à la musique et celle de « Primate » est du niveau des créations d’un Carpenter pour ses films ! Bref, voilà, tout est dit, il ne reste plus qu’à découvrir cette virée en pleine terreur comme on n’en a pas vu depuis longtemps, au point d’être souvent crispé comme on ne l’a pas été également depuis longtemps, « Primate » constituant un des meilleurs films d’épouvante du genre, à ranger sans hésitation aux cotés de « Link » et « Incidents de parcours ».
Stéphane THIELLEMENT
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