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Réalisateur : Frederik Louis Hviid
Scénario : Anders Frithiof August
Avec : Gustav Dyekjaer Giese, Reda Khateb, Amanda Collin, Christopher Wagelin.
Distribué par KMBO
110 mn - Sortie le 28 Mai 2025 - Note : 7/10
Un polar danois avec un acteur français. Comme ça, là, on peut rester poliment en dehors de cette nouvelle. Sauf qu’il s’agit du second long-métrage d’un jeune cinéaste qui avait épaté son monde avec l’excellent « Shorta » il y a 5 ans. « Shorta », plongée violente dans un Copenhague sombre, ou la police se heurte aux délinquants et où le moindre faux pas devient l’étincelle qui fait tout exploser. Film violent, sec, nihiliste, intense, « Shorta » cochait toutes les cases et plus encore, rappelant dans son ambiance le meilleur de Nicolas Winding Refn avec ses « Pusher ». Donc, après une telle réussite, un petit passage télévisuel, Frederik Louis Hviid revient avec l’histoire vraie du plus grand braquage jamais perpétré au Danemark.
Kasper s’est rangé du milieu du gangstérisme après quelques années en prison et surtout, une famille à préserver, et sa petite fille qui représente cette voie vers une vie plus positive. Seule sa position professionnelle n’est pas assez élevée pour lui offrir ce qu’il souhaiterait vraiment. Et quand il est approché par une ancienne relation pour un énorme braquage mené par un certain Slimani, Gustav réponds d’abord par la négative, puis hésite avant de dire oui. Seule condition : pas de bavures, pas de morts ou de blessés. Et pour le butiin, 70 millions d’Euros, sur le papier, un casse facile, en réalité, l’ultime braquage qui fera pire que mieux pour Gustav.
« L’ultime braquage » n’est pas « Shorta », il est moins percutant, moins fort, disons le franchement. Le braquage en lui-même est plus extraordinaire pour son résultat financier que pour sa mise en place. Et de ces faits, on va donc s’intéresser aux braqueurs, donc à l’intérieur de ce gangstérisme qui est tout sauf fascinant, impressionnant, époustouflant. Gustav – que Frederik Louis Hviid adore filmer en shorty, certes il a une musculature parfaite mais bon… - essaie de construire sa vie, il aime femme et enfant, et pourtant il va replonger pour gagner des années vers une vie matériellement plus aisée ; Slimani – Reda Khateb, qui passait par là, très bon – est un braqueur un tantinet psychopathe. Et puis il y a cette femme flic qui veut être l’égale des hommes et qui le mériterat vu ses déductions. Et ces acolytes sans réelle personnalité sortant du rang. C’est avec tout ce monde hétéroclite que Frederik Louis Hviid va construire son film, oubliant parfois que le braquage en lui-même fascine plus que les braqueurs sauf que… Dans la vraie ve, on est plus proche de cela que du fantasme du casse extraordinaire. Il en ressort un polar certes intéressant, inédit, qui se référera même à une scène de « Heat » mais pas relative au braquage – celle d’une vie brisée, quand Val Kilmer revient pour voir sa femme et que d’un petit signe de la main, elle lui comprendre que si il rentre, il perdra sa liberté, et dans « L’ultime braquage », on a quasiment la même scène -, donnant donc au final un résultat aux enjeux étourdissants, le plus gros braquage jamais perpétré au Danemark, et un film très – trop ? – proche de la réalité, ce qui parfois peut être une faiblesse.
Stéphane THIELLEMENT
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