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« Aucun moyen de résistance ne paraît possible. La double répression des rats et des autorités est implacable. »
Sur une plage, est découvert un manuscrit à l’intérieur d’une boîte à pharmacie. Le texte raconte l’invasion d’une ville par les rats. Le narrateur y relate d’abord la complicité de son chat domestique envers les envahisseurs. Puis les manifestations de protestation sont réprimées par l’armée. Se forment alors des groupes « anti-rats » qui passent à la contre-offensive en incendiant des bâtiments. Lorsque les autorités interviennent enfin, c’est pour saisir livres journaux et carnets pouvant servir de nourriture aux rats.
La nouvelle de Gilbert Naccache (1939-2020) repose sur la confrontation de l’auteur avec un rat dans sa cellule, alors qu’il était prisonnier politique en Tunisie.
On constate dans cette histoire que ceux qui devraient le défendre (chat ou forces de l’ordre) deviennent une menace.
L’auteur du manuscrit envisage sa fuite à l’étranger, mais les nouvelles (qui sont peut-être exactes) indiquent que le monde entier est concerné par la menace des rats.
À partir de ce moment, le lecteur peut s’interroger. Les personnes qui lisent le texte au bord de la plage sont-ils des vacanciers ou bien des réfugiés. Ce texte est-il le manuscrit d’un roman ou bien le dernier témoignage d’un homme menacé par les rats ?
L’ambiguïté est la règle jusqu’à la dernière page de cette fable alliant fantastique, allégorie et dystopie.
Damien Dhondt
Scénario : Gilbert Naccache. & Dessin : -Z-, Avant-propos : Azza Ghanmi, Annexe : Mohamed Chagraou _ Le Seigneur des rats _ Éditions Alifbata _ mars 2025 _ Inédit, moyen format, 128 pages _ 20 euros
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