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  Sommaire - Films -  S - Z -  West Side Story

"West Side Story " de Steven Spielberg


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Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato, grand format 15x23, 700 pages) : 123 ans de cinéma fantastique et de SF - essais et données pour une histoire du cinéma fantastique - 1895-2019
 

West Side Story de Steven Spielberg
Avec Ansel Elgort, Rachel Zegler, Ariana DeBose
Note : 02/10

Quand Spielberg revisite le classique des classiques de la comédie musicale et le massacre… Explications…

Je suis un fan de l’original de 1961, je le connais du bout des doigts et je ne comprenais vraiment pas pourquoi à la base Spielberg voulait le refaire ?

Après le logo « 20th Century studios », dehors le fantastique pré générique de Saul Bass qui reprenait chaque musique, chaque chanson et les faisait se suivre jusqu’à former à l’écran New York avec le titre West Side Story. Ce qui nous mettait déjà dans une super ambiance n’existe tout simplement plus……. Ça commence mal………

Fini également le survol de New York qui à l’époque n’avait jamais été fait. Il est remplacé par des ruines de démolition et c’est visuellement laid…. Et dans les décombres apparaît le premier protagoniste …..
Puis la présentation des personnages arrive……. Très dur de remplacer le cast original. Richard Beymer en Angel Engort, Natalie Wood en Rachel Zegler, Russ Tamblyn en Mike Faist, Rita Moreno en Ariana DeBose, et pour finir le pauvre David Alvarez qui se voit endosser les chaussures du fantastique George Chakiris dont il n’a ni le physique, ni la façon de danser. Chakiris est un excellent danseur professionnel et sa prestation dans l’original lui a valu l’Oscar. Rien que ça.
L’un des aspects qui entache totalement est à quel point le film peut devenir confus. La faute à Spielberg qui n’a pas jugé utile de prendre un chorégraphe pour filmer les scènes musicales. Robert Wise avait eu le coup de génie de s’associer à Jérôme Robbins dont la chorégraphie était ni plus ni moins que sensationnelle sur l’original.
J’ai eu dès le début un mal de chien à croire en certains numéros. Ansel Elgort chante bien mais il ne dégage ni l’énergie ni la conviction que Richard Beymer insufflait à son personnage. Remarquez, Robert Wise était un réalisateur hors pair et sans être trop communicatif poussait ses acteurs au maximum et ça se voit. Je n’ai pas cru non plus un instant à l’amour soudain entre Tony et Maria. Pour moi rien à faire ça ne "clique" pas. Puis on échelonne les numéros musicaux et là encore l’étincelle de l’original a disparu.

"America" n’a ni l’énergie ni le punch de l’original et au placard l’alchimie Rita Moreno - George Chakiris. Là encore c’est confus au niveau caméra mais Spielberg est certain qu’il peut tout faire tout seul….

Puis on arrive à environ 1h et 16 minutes et le film part totalement en vrille aussi bien au niveau musical que narratif. Spielberg inverse l’histoire et ça n’a plus le sens émotionnel de l’original et pour ne ne pas aller plus loin, Spielberg change royalement les morceaux géniaux que sont "Officer Krupke" ainsi que « Be Cool » de l’original (L’un des numéros de danse et chansons peut être le plus stupéfiant du film de 1961) et qui reste même à ce jour le morceau favori de George Chakiris qui était resté à l’époque pour voir l’équipe le tourner. "Be cool" était mené par l’ébouriffant Tucker Smith eh bien là aussi Spielberg change tout et ça n’a plus la même aura émotionnelle et le résultat est, excusez moi…. pitoyable.
Je ne parlerai même pas de « I feel pretty » où tout le charme de l’original est parti direct aux oubliettes.
Bref je n’irai pas plus loin tellement la déception est gigantesque devant un tel jeu de massacre.
Je tiens également à signaler que selon moi la presse est pro Spielberg. La plupart a encensé le film et je me demande s’ils ont même pris la peine de revoir l’original avant de s’engouffrer dans la salle. C’est Spielberg donc il faut dire que c’est bien. Affligeant. Je tire toutefois mon chapeau au Figaro ainsi qu’au journal Le Monde, deux quotidiens aux antipodes politiques qui eux ont eu le courage de dire « Arrêtez le massacre ». Au moins là on reconnaît une certaine objectivité.
Je ne suis pas ressorti de ce West Side Story déçu. Ça a été bien pire que ça. Je suis ressorti ayant vu l’aboutissement d’un jeu de massacre où on prend une œuvre iconique et on la passe littéralement à la moulinette……
Si vous ne connaissez pas West Side Story ou si vous voulez redécouvrir le film, il existe une option très facile : Procurez vous le Blu Ray, vous pouvez même pousser un peu plus loin et acquérir l’édition du 50ème anniversaire qui j’en suis certain aurait mis des étincelles plein les yeux à Robert Wise et Jérôme Robbins tellement le film est présenté avec une beauté époustouflante.
Rien à voir avec cet espèce d’ersatz version 2021 qui dès que l’original de 1961 démarre avec le pré générique de Saul Bass, éclipse la nouvelle version en un seul tour de manivelle.
On ne touche pas à un diamant et je ne pensais pas que Mr Spielberg oserait le faire de cette façon car le massacre a bel et bien eu lieu.
Ce n’est pas par ce que l’on s’appelle Steven Spielberg que l’on peut faire n’importe quoi. À méditer...

Marc Sessego

Et sa suite :
125 ans de cinéma fantastique
et de SF Deuxième partie (Mise à jour 1951-2019)

Après la parution de son monumental livre «  123 ans de cinéma fantastique et de SF – essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019&#8201 » paru en janvier 2019, Alain Pelosato a continué à regarder des films et des séries de télévision  ! «  Quand on écrit ce genre d’ouvrage », explique l’auteur, « c’est sans fin puisque des films et des séries, il continue à en sortir sans cesse  ! Il faut donc prendre la décision de s’arrêter pour publier. C’est pourquoi j’écris et je publie régulièrement des mises à jour depuis 1998.  » De plus, certains éditeurs de DVD ressortent des films des archives et les publient, il y a aussi la télévision et les plateformes sur Internet. Du coup, le présent livre couvre la période 1951 à 2019. Voici donc la dernière mise à jour : un livre de 500 pages avec plus de 700 entrées dans l’index, c’est dire s’il contient beaucoup de chroniques, d’analyses et aussi, la spécialité de l’auteur, de vastes mises à jour de listes thématiques de films (taxinomie du cinéma fantastique). Bonne lecture  !

ET LA TROISÈME PARTIE :

126 ans de cinéma fantastique et de SF mise à jour 1961-2020 Dossiers Graham Masterton & Stephen King Broché : https://www.amazon.fr/dp/2915512620 Kindle : https://www.amazon.fr/dp/B08ZSY723W Et voici le troisième volume des travaux de l’auteur sur le cinéma fantastique et de SF dans sa globalité, la suite logique des deux précédents : « 123 ans de cinéma fantastique et de SF… » et « 125 ans de cinéma fantastique et de SF… » (voir ci-dessous à la fin). Avec ce troisième volume, ce sont plus de 2000 pages (sur la base du format 5x8 pouces de ce livre) de textes qu’Alain Pelosato a rédigés pour mieux connaître le cinéma fantastique et de SF. Ce troisième volume peut, bien sûr, être lu sans avoir lu les deux tomes précédents. Il regroupe 266 pages de chroniques de films, de filmographies et deux dossiers sur la relation de deux écrivains avec le cinéma : Stephen King et Graham Masterton.


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