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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Van Helsing


"Van Helsing"
de Stephen Sommers

Avec Hugh Jackman, Kate Beckinsale, Richard Roxburgh
Universal Vidéo

Le film de tous les excès, pourtant hyper attendu. Signé Stephen Sommers, dont ou peut facilement oublier son Livre de la jungle et son Huckleberry Finn, ses premiers films, mais dont la réussite d’Un cri dans l’océan (film complètement fou de monstre marin attaquant un paquebot) et surtout de La momie, et quelques degrés en dessous sa suite, Le retour de la momie firent que l’annonce d’un projet regroupant tous les vieux monstres classiques d’Universal, pourchassés par un Abraham Van Helsing transformé par le charisme d’Hugh Jackman et une relecture qui l’en ferait s’en rapprocher d’un « Bounty hunter » maudit conjugué à un James Bond, un tel projet donc avait de quoi faire saliver. A l’arrivée, on le sait maintenant, Van Helsing est une sorte de rollercoaster du film d’épouvante et d’aventures, qui vous scotche au fauteuil, avec plus ou moins de bonheur suivant si on aime ou non ce qu’on y voit. On ne s’ennuie pas à Van Helsing, c’est certain, mais on peut aussi être très vite lassé par le rythme effréné, le non-stop des séquences d’action, la profusion des effets numériques qui vont de l’excellent (tout le prologue à Paris avec Mr Hyde est superbe) au ridicule (l’envol des bébés vampires). Paradoxalement, si il y a une qualité majeure au film, c’est la beauté des décors, de certains plans, qui sont simplement à tomber à genoux. En plus, c’est cela qui nous fait retrouver quand même l’ambiance gothique liée à tout cet environnement fantastique. Maintenant, si Hugh Jackman est un Van Helsing plus moderne et somme toute convaincant, il n’en est pas de même pour Dracula, caricaturalement interprété par un Richard Roxburgh qui a tendance à ressembler à... Christian Clavier ! Heureusement, de l’autre côté, on a un monstre de Frankenstein qui se révèle être le plus beau jamais vu. Bref, comme on le voit, Van Helsing est un melting-pot pas des plus homogènes de tout ce qui constitue le creuset du fantastique et de l’épouvante tel que cela fut créé par Bram Stker, Mary Shelley, Stevenson and Co. On comprend la joie de Stephen Sommers de s’attaquer à ces légendes, mais on peut légitimement pensé qu’il fut, à un moment donné, dépassé par ses inspirations et ses ambitions. Cependant, quand on revoit le film, on l’apprécie mieux qu’à la première vision, ce qui fait que Van Helsing n’est pas non plus le navet si décrié (il en est quand même très loin !) sans pour autant qu’il devienne un chef d’œuvre mésestimé. En tous cas, aussi bancal qu’il soit, la fin elle, est des plus émouvantes, amenant logiquement Van Helsing à devenir encore plus maudit qu’il ne l’était auparavant. Son don, sa malédiction, est de poursuivre et détruire les monstres de cette planète. Maintenant, si vous avez survécu à cette nouvelle vision du film, vous pouvez plonger dans une multitudes de bonus dont la richesse est à la mesure des péripéties du film. En résumé, se taper le film plus l’intégralité des bonus n’est pas de tout repos. On retiendra surtout le documentaire sur Van Helsing, et tout ce qui concerne les fabuleux décors dont le magnifique château de Dracula. Et le reste ? Oh, c’est intéressant mais quand même, après un tel film (servi au passage par une copie absolument splendide en tous points !), curieusement, on a du mal à se plonger dans l’envers du décor.

Sréphane Thiellement

Note : film : 7/10 DVD : 9/10
Bonus (vostf) : commentaires audios du réalisateur, du producteur et de certains des acteurs ; focus sur le château de Dracula ; bêtisier ; les monstres ; la légende de Van Helsing. Disque 2 : Van Helsing, le personnage, la réalité ; le laboratoire de Frankenstein ; la bande originale disséquée ; retour sur le château de Dracula.

Un autre avis

Van Helsing
de Stephen Sommers

3/10

Attention, gros navet ! Très attendu, le film de monstres de Stephen Sommers s’avère, en définitive, pénible à souhait. Tout commence pourtant plutôt bien, avec un beau prologue en noir et blanc qui restitue efficacement l’ambiance des vieux classiques de la Universal dont Van Helsing se réclame. Ensuite, nous passons à la couleur et la catastrophe commence. Van Helsing apparaît comme une sorte de pistolero grotesque affublé d’un insupportable side-kick expert en gadgets. Une séquence pompée sur les James Bond à un point tel qu’on peut difficilement y voir un simple hommage. L’humour idiot à destination du public djeun commence à assommer le spectateur et le film paraît déjà très long. Une impressionnante séquence au cours de laquelle Van Helsing lutte contre trois femmes vampires réveille néanmoins l’amateur. Mais pas suffisamment pour emporter l’adhésion. Il faut dire que le scénario se résume à une simple idée (Dracula veut ramener à la vie ses bébés vampires en utilisant la créature de Frankenstein comme catalyseur) et qu’aucun personnages n’est suffisamment développés pour parvenir à être intéressant. Les invraisemblances et autres rafistolages de scénario (bon, ben Dracula est immortel alors si on disait que seul un loup-garou pouvait le tuer et que justement Van Helsing avait été mordu ?) abondent et les acteurs sont pitoyables. Hugh Jackman est monolithique, Kate Beckinsale transparente mais le clou revient à un richard Roxburgh absolument grotesque dans le rôle de Dracula. Ne revenons pas sur la mise en scène (un terme ici bien galvaudé) de Stephen Sommers qui pense que filmer très vite donnera à son film du rythme et du cachet. Reste encore les effets spéciaux qui se la jouent entièrement numériques avec plein d’images de synthèses pas belles. Il reste bien un ou deux passages à sauver, généralement pompé d’autres films d’ailleurs (Blade 2 par exemple) mais l’ensemble, grotesque, débile et hystérique, ne parvient même pas à divertir. Un comble pour ce qui s’annonçait comme un sympathique pop-corn movie et un ennui profond pour les amateurs de fantastique.

Pizzoferrato Fred



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