Du grand Brussolo. Mais cet auteur déçoit rarement. Même lorsque le roman est moyen, voire médiocre, on y trouve toujours l’une ou l’autre idée folle qui hantent le lecteur durant longtemps.
On trouve ici une de ces délirantes histoires dont il a le secret, poussée jusqu’aux limites de l’absurde et pourtant rigoureuse dans ses excès : une secte de Vandales fanatiques décide d’éradiquer le génie, la beauté, le talent, etc. Tout ce qui, en fait, est jugé « injuste » puisque l’apanage d’une minorité que jalouse le commun des mortels. Les attentats se multiplient donc à l’encontre des belles et des génies. Un homme d’affaire décide alors de louer des « morceaux de chair » qu’il téléporte et échange d’une personne à l’autre. Les donneurs, sélectionnés en secret, échangent donc leur mains de pianistes ou leurs seins de stars (voire leur sexe d’acteur porno !) avec des anonymes qui gardent ce précieux dépôt alors que les Vandales s’en prennent au vedettes. C’est l’idée qui sert de toile de fond au roman, mais il y en a bien d’autres, comme ces insectes ultra rapides et caparaçonnés qui servent de gardien de sécurité. Ils volent et transpercent les intrus comme des balles de mitrailleuses ! Brussolo, actuellement, est sans doute le plus grand auteur de SF francophone et, même lorsqu’il livre un roman au Fleuve Noir (pas toujours fort réputé et parfois à tort) il ne livre jamais un produit de seconde main. Bien sûr on est loin de la SF de papa (Van Vogt ou Hamilton, j’ai rien contre eux...enfin, si j’ai beaucoup mais ce n’est que mon avis) : on est en pleine SF moderne, presque dans le surréalisme même, dans la lignée de Dick ou Michel Jeury. Un bon roman. Un très grand auteur ! Vive Brussolo !
Pizzoferrato Fred