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  Sommaire - Films -  A - F -  A Ghost Story (Id.)

"A Ghost Story (Id.) " de David Lowery

 

Réalisateur & scénariste : David Lowery
Avec : Casey Affleck, Rooney Mara, McColm Cephas Jr.
Distribué par Universal Pictures International
92 mn - Sortie le 20 Décembre 2017- Note : 2/10

Le film qui va diviser, pour lequel les avis vont être tranchés. À savoir qu’on aime, ou qu’on n’aime pas. Bon, avec pour chaque camp, des arguments adéquats quand même, ce serait trop simple sinon. Du cinéma fantastique qui se veut réaliste, sérieux, profond, mais qui par ces postulats, peut laisser de marbre, surtout qu’on peut également y voir un ratage par rapport au sujet traité…
Un couple vit heureux jusqu’au jour où Lui meurt dans un accident de voiture. À la morgue, Elle vient l’identifier et lorsqu’Elle s’en va, Lui la suit, du moins son esprit, caché sous un drap percé de deux trous pour les yeux, comme un fantôme. Il va la suivre, l’observer dans sa tristesse et son désespoir, avant qu’Elle n’arrive enfin à remonter la surface. Pour Lui, il faudra aussi une période donnée pour accepter sa condition de mort, et se laisser enfin partir.
On voit tout de suite ce qui a intéressé et motivé David Lowery, scénariste et réalisateur de ce film dans lequel on mettait beaucoup d’espoir car son œuvre précédente, « Les amants du Texas » était une love-story westernienne très réussie, rappelant Terence Mallick, avec déjà Affleck et Mara qui se retrouvent donc ici pour une seconde incursion dans le monde de Lowery. Mais autant les « Amants du Texas » fonctionnait dans son histoire, son rythme, ses personnages, autant « A ghost story » n’y arrive jamais. Déjà, il faut accepter certains faits : un drap avec deux trous pour les yeux se balade autour d’une veuve. Non, pas possible. À partir de là, tout le reste va être logé à la même enseigne. Un rythme monstrueusement lent, des séquences volontairement longues sans intérêt (une longue séquence de dégustation de tarte par terre pour Rooney Mara se transforme en calvaire pour nous, ces longues errances du drap deviennent très vite insupportables…), et tout ça pour quoi ? Pour nous (dé)montrer la souffrance que peut être le temps qui passe, l’acceptation de la perte injuste d’un amour, le manque de l’autre, le vide de l’existence, etc. Alors pendant quatre-vingt-dix minutes, tout tournera autour de ces composantes, avec comme guide un stupide drap percé de deux trous pour les yeux. Seul le dernier quart d’heure relève enfin le niveau, avec des images et des idées qui donnent enfin du relief à ce qui autrement ne (dé)montre… Rien, si ce n’est le vide qui remplit si souvent certaines existences. Mais dans le cas présent, la démonstration est lourde et ratée, et de ce fait, n’atteint jamais son but à savoir susciter une émotion vive et forte. Tout ce que « A ghost story » apporte, c’est un ennui écrasant en tout.

Stéphane THIELLEMENT

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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