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  Sommaire - Films -  A - F -  Barry Seal American Traffic (American Made)


"Barry Seal American Traffic (American Made) " de Doug Liman

 

Scénariste : Gary Spinelli
Avec : Tom Cruise, Domhnall Gleeson, Sarah Wright, Jesse Plemons, Benito Martinez
Distribué par Universal Pictures International
115 mn - Sortie le 13 Septembre 2017- Note : 9/10

Les Tom Cruise se suivent… Et ne se ressemblent pas. 2nd titre de l’acteur cette année, ce dernier retrouve son metteur en scène de « Edge Of Tomorrow » pour un biopic, donc une histoire vraie revue et adaptée pour le cinéma sur le destin d’un américain type comme le cinéma aime pour s’emparer de leur vie. Et avec ce rôle, Cruise est impérial, impressionnant, de retenue, de naturel, de subtilités, bref là, franchement, il mériterait enfin un Oscar comme ce fut le cas trois ou quatre fois déjà dans sa carrière.
Fin des années 70, le pilote de ligne Barry Seal qui arrondit ses fins de mois avec des trafics modèle menu fretin - style boîte de cigares cubains – se voit embauché par la CIA pour être pilote privé en Amérique centrale et faire des photos en des pays très intéressants pour les USA comme le Nicaragua. De mission en mission, Seal est directement approché ensuite par des trafiquants voulant l’utiliser via son avion pour le transport de drogue. Au début des années 80, SEAL est millionnaire, le fric déborde de chez lui, de ses valises, de ses placards, et il en vient même à se faire construire des coffres forts privés dans les banques de sa petite ville. Jusqu’au jour où à force de doubler tout le monde, la mécanique s’enraye et pour le FBI, la CIA, la DEA, le Cartel de Medellin, Seal ne vaut plus rien, il est juste et simplement trop dangereux.
Ce genre de biographie, surtout située dans les années 70/80, fascine beaucoup le cinéma, et depuis quelques années, on voit beaucoup de ces biopics se passant en ces temps turbulents sortir sur les écrans. Dans le genre, dernièrement, il y eut « Secret d’État » avec Jeremy Renner, et surtout « Infiltrator » avec Bryan Cranston et dans lequel ce dernier avait à un moment donné rendez-vous avec… Barry Seal, que jouait Michael Paré ! Bon le vrai Seal n’était pas la copie conforme de Cruise, mais qu’importe : l’acteur s’est emparé du rôle, l’habite, le fait revivre, le rendant définitivement sympathique par sa naïveté, son goût immodéré du risque, sa fidélité malgré toutes les tentations à sa famille, son art et sa manière de se sortir du pire de tout jusqu’au jour où tout explose. Et là, de découvrir un Tom Cruise en parfaite osmose avec ce personnage hors-norme, sans jamais faire de l’esbroufe et du caricatural, juste être le plus humain possible, le plus vrai possible dans la peau de cet aventurier – car c’est surtout ce qu’est Seal, plus que trafiquant de drogue même ! – qui s’éclatera plus dans le danger et sa passion d’être en vol avec son avion. Et pour finaliser l’ensemble, on retrouve donc derrière la caméra Doug Liman, qui s’était fait connaître dans le cinéma indépendant avec succès, avant de signer pour des grosses productions diverses et variées – autant « The Bourne identity » est superbe, autant « Mr & Mrs Smith »… -, et qui ici semble s’être passionné pour son sujet avec un acteur qu’il retrouve pour la seconde fois, donnant au film le ton et la forme adéquats à son histoire, à savoir un vrai mélange de cinéma haut de gamme combiné à un style très indépendant. Et le résultat est là, un biopic hautement réussi, quasiment parfait, vivant, simple et pourtant complexe, un vrai bonheur à suivre, une réussite totale qui mériterait donc de remporter quelques statuettes en or lors des prochains Oscars.

Stéphane THIELLEMENT

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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