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  Sommaire - Films -  M - R -  Premier contact (The Arrival)

"Premier contact (The Arrival) " de Denis Villeneuve

 

Scénario : Eric Heisserer, d’après une histoire de Ted Chiang
Avec : Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker, Tzi Ma
Distribué par Sony Pictures Releasing International
116 mn - Sortie le 7 Décembre 2016 - Note : 9/10
Les films de Denis Villeneuve se suivent, et ne se ressemblent pas, tout en étant typiquement associés au réalisateur québécois. Alors, pour celles et ceux qui l’ignorent, si la mention du Québec peut surprendre voir effrayer un tantinet, on doit à Denis Villeneuve « Incendies » (pas vu donc je passe vite), et ensuite 3 baffes cinématographiques : « Prisonners » avec Hugh Jackman poursuivant le kidnappeur de sa fille (et là, on entend dire : « Aaaahhh, c’est lui qui a fait ça ?!???? »… Hé oui, c’est lui !) dans ce thriller anxiogène au possible, le bien tordu « Enemy » (qu’on peut aimer ou détester, les deux se comprennent), et surtout « Sicario » avec Benicio Del Toro, Emily Blunt & Josh Brolin, second exemple de film anxiogène au possible. Villeneuve, c’est une rigueur de chirurgien, qui nous entraine au plus profond de son histoire et ce jusqu’au bout, avant qu’il ne nous laisse enfin respirer par une toute petite ouverture surgissant limite au dernier moment. Avec « Premier contact », il met pour la première fois les pieds dans la science-fiction. Et de nouveau, on est scotchés, impressionnés, conquis, par le cinéma du bonhomme, lequel s’est remis derrière les caméras pour – excusez du peu ! – « Blade Runner 2049 » ! Eh bien, aujourd’hui, on y croit à ce film, mais alors avec une force. Mais il faut voir « Premier contact » pour s’en convaincre.
Le même jour où plusieurs vaisseaux spatiaux de forme conique viennent se poser sur notre planète en divers endroits, Louise Banks Professeur en linguistique se voit réquisitionner par le gouvernement pour étudier en compagnie d’un savant, le Pr Ian Donnelly, les mystérieux signaux émis par l’objet. En s’approchant, une porte s’ouvre. En y entrant, Louise va découvrir encore plus de sons et autres signes tout en devenant la visiteuse privilégiée du vaisseau. Ce qu’elle doit découvrir, c’est la nature des messages que veulent envoyer les visiteurs, et savoir surtout s’ils sont venus en paix ou non.
En dire plus serait déflorer un des plus beaux trésors de ce film d’une intelligence rare, passionnant comme on n’en a pas vu depuis longtemps, à des milliards de kilomètres d’une purge comme « Independance Day : résurgence » (au moins, un souci de moins !), émouvant, intriguant, mystérieux, et dont le seul petit défaut serait peut-être d’être un peu trop tout ça à la fois, au point que cela se répercute sur son rythme. Mais cela ne se ressent que quelques secondes sur toute la durée. Auparavant, on aura eu droit à une intrigue, un voyage inédit en terre de science-fiction, qui s’intéresse autant à chaque personnage et plus précisément à cette femme, dont la vie va se construire sous nos yeux au fur et à mesure de l’intrigue, qu’à une vision assez originale de ce qui vient de l’espace, et à un discours humaniste d’une grande sagesse. Le tout mis en scène par Denis Villeneuve avec une maitrise d’orfèvre, ne laissant rien au hasard, nous emmenant précisément là où il veut nous emmener sans perdre un seul instant de vue son histoire. C’est parfait, impressionnant, et on ne peut qu’être subjugué par la facilité déconcertante avec laquelle il nous entraine dans une histoire aussi complexe avec autant d’aisance, au même titre que ses œuvres précédentes. Si « Sicario » conserve le titre de meilleur de ses films, les autres sont juste en dessous, comme ce « Premier contact » et on ne peut que penser qu’un jour très proche, Denis Villeneuve risque de nous donner un chef-d’œuvre absolu. Par ses infimes petits défauts, « Premier contact » ne gagne pas ce titre ; ne reste plus qu’à attendre « Blade Runner 2049 », qui risque réellement de nous coller au mur au vu de ce que « Premier contact » constitue déjà.

Stéphane THIELLEMENT

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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