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  Sommaire - Films -  S - Z -  Sully (Id.)

"Sully (Id.) " de Clint Eastwood

 

Scénario :
Avec : Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney.
Distribué par Warner Bros. France
95 mn - Sortie le 30 Novembre 2016 - Note : 7/10

Avant de parler de « Sully » de Clint Eastwood, juste un truc marrant sur certains des derniers films de ce géant du septième Art, peut-être le dernier encore en action, et qui ne semble pas prêt de jeter l’éponge. Sur certaines affiches d’un nouveau Eastwood, ce dernier apparait en toute discrétion, en tout petit. Le plus drôle - pour « compenser » ?... - ce sont les accroches : « Eastwood maestro », « Eastwood au cœur du FBI : passionnant », et aujourd’hui « Eastwood, à son meilleur »…
« Sully » est l’histoire de ce commandant de bord qui, en janvier 2009, fit atterrir son avion dont les réacteurs étaient tombés en rade, en plein cœur de New-York, sur le fleuve Hudson ! Un amerrissage ahurissant, spectaculaire, qui permit de sauver tous les passagers. Ce qu’on ignore, c’est qu’une enquête fut diligentée sur Sully afin de contre-vérifier son action héroïque pour déterminer si un moment de panique ne l’avait pas poussé à cette extrême limite en lieu et place d’une maitrise plus professionnelle de son avion qui lui aurait permis d’atterrir sur un aéroport voisin.
Et c’est ce portrait qui a certainement intéresser Eastwood – qu’on se rassure, on voit quand même le crash sur l’Hudson ! - , celui d’un américain normal – sauf qu’il est pilote de ligne, mais bon, il n’a rien d’extraordinaire autrement – qui se retrouve sous les feux de la rampe, transformé en héros du moment pour avoir sauvé une centaine de vies, et qui se voit limite accusé d’une faute professionnelle. Comment peut-on en arriver là ? Et surtout, comment en arriver à faire douter un homme de ses propres réactions, acquises sur plusieurs décennies de vol, à la carrière exemplaire, mais qui se voit jugé pour une poignée de secondes quant à la décision qu’il prit ? On pouvait craindre de voir une seconde version de « Flight », l’excellent film de Zemeckis avec Denzel Washington sur un sujet relativement similaire, il n’en est rien. Le scénario s’appuie sur le portrait de Sully, certes, mais aussi sur toute une mécanique régit par une absurdité assez stupéfiante et qui se casse le nez devant la plus simple et puissante des vérités : le facteur humain n’est pas une donnée de base informatique. Et c’est là que réside la force de ce film, un des plus courts d’Eastwood, et on comprend pourquoi, car au bout du compte, trop de digressions auraient annihilé son intérêt, et même en l’état, si il n’y avait pas cette mise en scène exemplaire, sèche, directe, qui cerne au plus près chaque personnage, pour mieux nous impliquer dans ce « petit » faits-divers – on parle de cette enquête limite honteuse tant elle s’avère inutile - , « Sully » aurait pu s’avérer poussif comme le fut quelque part le demi-ratage de « J. Edgar ». En l’état, « Sully » s’avère très bien construit, parfaitement joué, très habile dans son suspense, et réussi dans sa conclusion, mais en même temps, c’est tout. Ce n’est pas un chef-d’œuvre comme le fut presque « American sniper », c’est du très beau boulot pour une petite histoire qui se tient parfaitement sur sa durée bien courte pour un film signé Clint Eastwood, pas un grand cru, juste un bon film.

Stéphane THIELLEMENT

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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